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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 11 mai 2015
Sa note : 16.5/20

LINE UP

- Roberto Martinelli (Otrebor / Botanist)
(chant+hammered dulcimer+batterie)



TRACKLIST

1) The Footsteps of Spring
2) Flame of The Forest
3) Upon The Petals of Flowers
4) Stachys Olympica
5) Pelagornium Triste

DISCOGRAPHIE


Botanist - EP2: Hammer Of Botany
(2015) - black metal Solitaire - Label : Autoproduction



Vous la voyez cette forêt ? Cette forêt verte, riche, lumineuse et emplie de mystères plus merveilleux les uns que les autres ? Cet espace où l’être humain commun et moderne ne s’attarde pas trop, préférant les endroits plus abrutissants comme les bars et les centres commerciaux ? Au fin fond de cette forêt, vous trouverez une cabane, parfaitement entretenue, en parfaite adéquation avec la nature… Et bien dans cette jolie maison champêtre se trouve Botanist. Sympa non ?

Bon sang, votre serviteur en a bouffer des groupes de black forestier qui tentent tant bien que mal de retranscrire cette univers si particulier en musique… à vrai dire, c’est souvent raté (sauf Drudkh), ils se contentent de balancer un mur opaque de guitares sur des voix criées et lointaines. Ok, ça fonctionne au début, on peut s’imaginer le vent frôlant les feuilles de grands arbres centenaires, mais ça s’arrête là. Roberto Martinelli va plus loin. L’homme qui se cache derrière Botanist ne nous offre pas une vision en 2D bon marché Nintendo 64 de la forêt. Le son provient du sol, traverse les couches épaisses de sédiments, s’échappe des souches, s’envole et s’extrait des végétaux. Chaque note résonne et s’infiltre dans nos corps d’humains pourris gâtés, gâchés par la ville, les gadgets, la société et le temps que nous perdons à bosser pour nous payer de vulgaires conneries dont tout le monde se fiche. Botanist nous prêche la bonne parole d’un monde inconnu et incompréhensible, tel ce voyageur moyenâgeux en provenance du Grand Nord, qui s’arrête de ville en ville pour conter ses récits les plus incroyables.
Dès la première piste, il est clair que nous avons affaire à un OVNI du black avant-gardiste… Batterie organique et guitare lumineuse, hammered dulcimer (oui,oui) distillant les larmes de conifères gigantesques transpercés par le soleil le plus aveuglant et voix tantôt chuchotée, tantôt hurlée avec le cœur. La recette de Botanist peut sembler classique, déjà vu, vielle et usée, mais non. Les riffs couplés au drôle d'instrument occulte sont efficaces et invitent à la plus pure forme de contemplation mélancolique ("Flame Of The Forest" et son lead à pleurer), chaque mélodie est imbibée de mystère et de solitude (et bordel, ce terme est rarement réel, mais là…) c’est tout bonnement inhumain. Jamais la forêt n’aura été aussi proche de nous, elle s’invite littéralement dans notre tête, on peut sentir l’herbe sous nos pieds, les arbres frôler nos cheveux, l’air frais purifier nos poumons encrassés… D’ailleurs il est bon de préciser que la batterie joue un rôle non négligeable dans cette impression d’épopée : oscillant entre blast beats divins, tchouka-tchouka rythmés et mid-tempo tout en finesse, elle ne s’avère pas être un élément du décor. Le jeu tout en nuance s’appuie sur toute une palette de cymbales plus cristallines les unes que les autres et sur des transitions qui enrichissent cette musique si particulière.


Roberto Martinelli est cet homme qui avait un job, une voiture grise, un prêt hypothécaire à rembourser, des amis en costumes pas marrants pour un sou et qui écoulait ces jours pénibles dans un quartier de San Francisco… Botanist, c’est cet homme qui a dit merde, cet homme triste au cœur fragile, plus sensible que la moyenne, plus malin aussi. Cet homme qui a fait son baluchon, qui a laissé son costume trois pièces dans la penderie et qui est parti, sans laisser de mots d’adieu et sans regarder par-dessus son épaule.

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