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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 18/20

LINE UP

-Niklas Sundin
(guitare)

-Mikael Stanne
(chant)

-Martin Henriksson
(guitare)

-Michael Nicklasson
(basse)

-Anders Jivarp
(batterie)

-Martin Brändström (clavier)

TRACKLIST

1)Nothing To No One
2)The Lesser Faith
3)Terminus (Where Death Is Most Alive)
4)Blind At Heart
5)Icipher
6)Inside The Particle Storm
7)Empty Me
8)Misery's Crown
9)Focus Shift
10)The Mundane And The Magic

DISCOGRAPHIE

The Gallery (1995)
The Mind's I (1997)
Projector (1999)
Haven (2000)
Damage Done (2002)
Character (2005)
Fiction (2007)
Where Death is Most Alive (DVD) (2009)
We Are The Void (2010)
Construct (2013)
Atoma (2016)

Dark Tranquillity - Fiction
(2007) - mélodique death metal - Label : Century Media



Chroniquer le dernier Dark Tranquillity, c’est très enviable, mais cela peut devenir très piégeux. Le groupe mène la scène mélodeath depuis plus de dix ans et reste sur un Character plutôt réussi, aussi l’on s’attend fébrilement à avoir du réchauffé résultant peut-être de l’usure du succès (comme d’autres poids lourds l’ont « subie » avant eux), et commencer à les critiquer n’a rien d’une perspective agréable. J’imagine que d’autres puissent raisonner ainsi, c’est pourquoi j’ai décidé d’écrire cette chronique différemment, en décrivant les étapes de sa découverte et les ressentis associés. Parce que présenter de nouveau le groupe me semble assez dispensable et insister sur les traits de caractères musicaux connus de tous également. C’est là que tremblant, je dépose le CD dans la platine et je plonge… (Merci au passage à Century Media d’avoir gardé l’intégrité de l’œuvre, à savoir que la promo semble comme le vrai, sans coupure ni réduction, ni codage foireux).

Je ne sais pas si tout le monde réagit de la même manière, mais en ce qui me concerne lorsque je découvre un CD, j’aime en premier lieu m’en imprégner, dépuceler sa ligne directrice tout en notant dans ma mémoire les morceaux les plus marquants et leurs particularités. Petit résumé préliminaire de l’approche de l’opus : "Nothing To No One" ouvre le bal en s’ornant d’un piano, fort bien rehaussé par un dépouillement du reste des instruments (avec une sonorité des guitares à la Amon Amarth), ce qui rend la composition un tantinet mélancolique et classieuse, puis "The Lesser Faith" poursuit plus gravement avec une pointe techno au rythme syncopé et au mid-tempo racé, "Terminus" enchaîne sur la touche techno du clavier / riff syncopé à la Fear Factory, toujours sur un tempo peu rapide.

"Blind At Heart" voit les premiers vrais blasts et semble plus faible, mais c’est sans compter sur le refrain qui s’envole (et c’est d’ailleurs trop court) et qui emphase magistralement la qualité de la copie. Puis vient la bombe (après "Icipher") "Inside The Particle Storm" qui surprendra les habitués, mais ravira les amateurs de Black à la Enslaved et Dimmu Borgir. Oui, la musique d’introduction se réfère franchement à ce type de black un tiers symphonique / un tiers progressif / un tiers dépressif, oui aussi, la voix de Stanne mue pour devenir plus raclée, moins «nette» et au final quasiment black, tout en conservant l’identité originelle. Une grande réussite que cette incursion dans black, à tel point que je me serais pris à rêver que cela devînt plus affirmé encore, sur un prochain album ou mieux un side project… Et pourquoi pas ?

Revirement ensuite avec "Empty Me" qui revient à la mélodie imparable surplombée de ces claviers classieux et parfois techno. J’ai longtemps hésité à l’ajouter dans les titres meurtriers, mais il a fallu faire un choix, et j’ai plutôt privilégié les tentatives du groupe de se sortir de l’habitude, comme avec "Inside the Particle Storm" ou "Misery’s Crown" qui vaut aussi, d’ailleurs, par l’unique passage en voix claire masculine. Mais quel passage ! La voix de Stanne est en adéquation totale avec le style du morceau, non sans rappeler un peu Katatonia. Puis, présenté comme le tube de l’album, "Focus Shift" permettra aux aficionados de se rassurer sur leur combo préféré, tant il est clair qu’ils y maîtrisent leur style fondateur, sans doute, ni erreur. C’est LE titre identifiable à la première seconde comme œuvre du groupe tellement il est signé… Et bien je vous avouerais que bien que j’aime ce titre, d’autres lui sont bien supérieurs dans le top ten que constitue Fiction.

Le dernier quart de l’album, non content de confirmer que les claviers sont plus présents que sur Character, permet d’oser au final une comparaison, qui à défaut d’être complètement juste, aurait au moins le mérite d’imager l’utilisation desdits claviers : j’ai eu une (bonne) réminiscence des deux premiers albums de Theatre Of Tragedy, l’éponyme et Velvet Darkness They Fear, la voix féminine en moins bien entendu (sauf à la fin !), la comparaison s’arrêtant à l’utilisation des sons de piano en nappes de fond. Mais là où cette hasardeuse comparaison devient plus qu’évidente est lorsqu'arrive la fin de l’opus et "The Mundane And The Magic", où Nell Sigland (actuelle vocaliste de Theatre Of Tragedy, remplaçant Liv Kristine) joue les invitées de marque. Sur cet unique titre, je suis re-rentré dans l’univers particulier des deux albums sus-nommés, avec joie qui plus est, et non sans une certaine nostalgie. La nostalgie, c’est peut-être pour cela que je me suis mieux imprégné de Fiction que de Character, d’autant plus que l’atmosphère y est plus froide et triste.


Me voilà relativement embêté pour dégager trois titres phares, car à part deux titres un peu moins percutants, tout m’a emballé. Je vais en surprendre, je pense, parmi les inconditionnels de Dark Tranquillity qui avaient plébiscité Character, en affirmant que Fiction me parle plus, et touche plus ma sensibilité. C’est une réaction très personnelle, dictée par ma propre perception des mélodies, mais aussi mon goût de la mixité, à savoir ici utiliser un fond melodeath de haute volée pour l’accoupler à des sonorités de piano / synthé. J’ajouterais que le terme « accouplé » est sciemment choisi car c’en est presque fusionnel. Mine de rien, je me demande si l’on est pas en train d’assister à une orientation musicale différente de Dark tranquillity, qui sans être réellement tranchée par rapport à la discographie du groupe se ressent néanmoins réellement.


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