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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 29 avril 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Seregor
(chant+guitare)

-Ardek
(claviers)

-Namtar
(batterie)

TRACKLIST

1) Once upon a Time...
2) There's No Place like Home
3) When Crows Tick on Windows
4) Two Flies Flew into a Black Sugar Cobweb
5) Dreaming of a Nightmare in Eden
6) Possessed by a Craft of Witchery
7) Killed and Served by the Devil
8) The Witch Perished in Flames
9) Tragedy Ever After


DISCOGRAPHIE


Carach Angren - This is no Fairytale
(2015) - black metal cinématographique - Label : Season Of Mist



This is no Fairytale... qu'ils nous disent, les Finlandais. Sans blague. Avec vos corpse paints, le logo de votre groupe et vos pseudos, on ne s'attendait certes pas à ce que vous nous composiez la B.O du prochain Disney. Et puis bon, ça n'est pas comme si vous arriviez de nul part, avec vos excellents précédents albums - Death Came Through a Phantom Ship et Where the Corpses Sink Forever, que du bonheur. Donc certes, pas de conte de fées, une bonne histoire d'horreur mais surtout, une autre pépite de black metal cinématographique ?

Car oui, pour ceux qui ont le bonheur de ne pas connaître Carach Angren et vont donc, sitôt la lecture de cette chronique achevée, filer découvrir ce brillant trio, remettons les choses dans leur contexte. Carach Angren fait du black narratif, entre Cradle Of filth et son ambiance série B gothique et Bal-Sagoth et ses sagas épico-narratives. Musicalement, on retrouve aussi des connexions avec les deux groupes anglais sus-cités, à savoir beaucoup de synthés, du blast et des ambiances changeantes et travaillées – et un peu de narration. Sauf que, même si vous êtes allergiques à Cradle of Filth (ça se comprend) et Bal-Sagoth (vous n'êtes qu'un hérétique), Carach Angren a suffisamment d'arguments pour titiller votre curiosité. A savoir : ben ça tue. C'est inventif, varié, musicalement très riche et l'ambiance « Contes de la Cryptes mixé avec du Dimmu Borgir », il fallait avoir les couilles de le faire. Et surtout : Carach Angren possède l'un des meilleurs chanteurs de black du moment, puissant, expressif et talentueux quel que soit le registre. Et pour un groupe dont l'identité passe par le concept, c'est absolument essentiel.
Alors, ce conte de fées qui n'en est pas un ? Après le sans faute Where the Corpses Sink Forever, véritable tuerie, maintenir le même niveau d'excellence était une mission quasiment perdue d'avance. Et, comme cela était prévisible, This is no Fairytale est un cran en dessous. Un petit cran, mais un cran qui fait la différence. Dans les grandes lignes, rien ne change fondamentalement : dès les premiers riffs de "There's No Place Like Home", le titre d'ouverture – et l'un des meilleurs – on se retrouve en terrain connu avec un Seregor possédé, impérial et toujours aussi compréhensible dans sa diction, entouré d'une ambiance glauque et violente amenée par les guitares alternant riffs et mélodies, et une batterie entre blasts délicats et gros rythmes headbangant. Du grand art, ciselé, redoutable, concis et d'une puissance rarement atteinte par la concurrence. Alors, bon, vous nous le faites, ce deuxième chef-d’œuvre ?
Pas tout à fait. C'est que sur la longueur, This is no Fairytale nous fait le coup des montagnes russes, alternant le chaud et le froid, souvent au sein d'une même chanson. C'est le piège que le groupe avait su éviter il y a deux ans avec Where the Corpses Sink Forever, à savoir l'alternance un peu vaine de riffs et d'ambiances, l'empilement de contrastes et de changements de tempo, l’enchaînement de parties de guitares abrasives et de mélodies orchestrales. Certes, c'est inventif, mais on s'égare facilement au cours de l'écoute, et tout aura tendance à se ressembler un peu. Pourtant, rien n'est à jeter : prenez n'importe quel passage de n'importe quel morceau, et il est à peu près certain que vous allez kiffer. Mais enchaînez les trois-quarts d'heure de This is no Fairytale et vous risquez de ne plus trop savoir où vous en êtes. Il manque à pas mal de morceaux un thème fort, une ambiance différente ou un gimmick immédiatement identifiable pour donner vraiment à chaque titre une identité forte. Exactement ce que Carach Angren avait réussi parfaitement sur Where the Corpses Sink Forever. Restent donc de très bons titres ("Two Flies Flew into a Black Sugar Cobweb", "Possessed by a Craft of Witchery", bien qu'un peu décousu parfois) et quelques déceptions ("Tragedy Ever After" ou encore "The Witch Perished in Flames").


Décidément, les attentes étaient peut être un peu trop fortes. Car This is no Fairytale est un très bon album. Varié, ambitieux, très bien produit, riche : bien plus que ne peuvent en dire la grosse majorité des groupes de black sympho du moment. La déception ne vient que du fait que This is no Fairytale n'est pas un chef-d’œuvre abouti et cohérent comme le précédent opus – mais saurez-vous vous contenter d'un très bon album ?

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