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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 01 mai 2015
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Dave Condon 
(chant+basse)

-Jeremiah Spillane
(guitare)

-James O'Ceallaigh
(chœurs+guitare+claviers+batterie)

Guests :

-Nathan Misterek
(chœurs sur 2 et 3)

-Stephen Lordan
(chœurs sur 4)

TRACKLIST

1) Earth I : As a Womb
2) Earth II : As a Furnace
3) Through the Collapse III : Watchers Restrained
4) Through the Collapse IV : Gentian Truth

DISCOGRAPHIE

White Tomb (2009)

Altar of Plagues - White Tomb
(2009) - post rock black metal atmosphérique, blackgaze - Label : Candlelight Profound Lore Records



Voici l'histoire d'un groupe qui splitte en 2013 après la sortie de son troisième album. Un groupe formé en 2006, ayant sorti quelques démos et EPs avant de passer au long format. Un groupe comme tous les autres... ou presque. Un groupe de black metal ; irlandais de nationalité. Bien loin de ressembler à la seule référence connue de la région (Primordial), loin aussi de la capitale Dublin, lui préférant l'épais brouillard de la deuxième plus grande ville du pays, Cork. Un groupe qui annonce il y a quelques mois une exceptionnelle tournée, sa dernière à jamais. Le hasard veut que je me sois trouvé au bon moment et au bon endroit. Un groupe dont vous n'entendrez peut-être plus jamais parler. Et comme désormais plus rien ne sera jamais comme avant, remontons le temps un instant. Arrêtons-nous en 2009. Ce groupe y sort son premier album intitulé White Tomb. Son nom est Altar Of Plagues.

Deux morceaux, quatre plages de lecture. Si vous aimez les formats courts, vous pouvez revenir à la page d'accueil. Si vous aimez la musique catchy, idem. Si vous avez envie de faire la fête, même procédé. S'il pleut et que vous avez une heure de votre vie à tuer, ouvrez plutôt votre lecteur. Installez-vous confortablement et ouvrez vos sens. Altar Of Plagues propose une musique d’ambiances et d'atmosphères, une musique qui se contemple dans les paysages post-apocalyptiques qu'elle peint. Une musique que tout le monde n'aura pas la force de supporter, pour sa lenteur, sa longueur, son désespoir... Lamentation. Désolation. Cauchemar.
"Earth I : As a Womb" possède le développement le plus accessible et le plus rapidement assimilable de l'album, en plus d'en être clairement le titre phare. La section rythmique est monolithique avec des blasts beats écrasants rarement interrompus, si ce n'est par des rapides breaks très bien sentis. Ces derniers donnent des repères essentiels (à la cinquième minute, pour enchaîner à 5'30 sur un riff d'anthologie) et des plus ou moins longues accalmies d’obédience post-rock et/ou shoegaze (à 6'43 puis à 7'24, frissons garantis !). Allez chercher quelque part entre Wolves In The Throne Room (pour la référence originale) et The Great Old Ones (pour la version française) du côté noirceur et vers la déesse Isis quand le son se désature.
Les arpèges sont anxiogènes au possible, les tremoli crispants et les structures peu conventionnelles, chaotiques elles aussi et sans véritable fil conducteur malgré certains thèmes récurrents. Les cris de désespoir sont à nouer l'estomac : l'excellent final de
"Earth II : As a Furnace" et ses appels au loin, ou encore les hurlements difformes sur les couplets. Hurlements glaçants que l'on retrouvera sur la troisième plage quasiment intégralement ambiante si l'on fait abstraction des deux premières minutes. Un titre très difficile à appréhender. L'aspect atmosphérique sera aussi majoritaire sur le dernier morceau, instrumental, le plus post-rock de la galette.

On ressort mal à l'aise de White Tomb. Burzum n'est pas loin. Le niveau de misanthropie inhérent à la musique des Irlandais est rarement inégalé. Cette tombe blanche est pour nous tous, trophée de la folie humaine pour le monde vivant dans sa globalité.


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