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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été mise en ligne le 13 février 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Burton C. Bell
(chant+instruments)

-John Bechdel
(claviers)

TRACKLIST

1)Ascendant
2)Evading
3)Residual Presence
4)Canon For My Beloved
5)Moonshine
6)Becoming Mars
7)On The River
8)Violent Morning
9)Like Falling Snow
10)Sounds Of Silence
11)Quintessence

DISCOGRAPHIE

Iconoclast (2005)
Numinosum (2008)

(2008) - pop rock electro - Label : 13th Planet Records



« Burton Sibylle, euh, C. Bell ou le passage du grindcore vers l’electro christian rock », tout un programme. Fear Factory savait habilement multiplier les petits pains pour le bénéfice de Roadrunner (que ceux qui ont acheté l’immonde reprise de "Cars" pour les remixes de "Descent" et "Edgecrusher" qu’il y avait sur la face B lèvent la main), de son côté la carrière d’Ascension Of The Watchers semble suivre un chemin parsemé de symboles mystiques fabriqués de toutes pièces.

On avait l’habitude de connaître Burton comme le type sûr de son méfait, on le soupçonne maintenant de perfectionnisme : il lui aura fallu revoir sa copie trois fois. Les Watchers ont d’abord eu le droit à leur Ascension (cf. la chronique du précédent album), et maintenant on essaye de nous faire croire qu’un disque qui, il y a trois ans, était Iconoclast, conduit maintenant à un état de béatitude religieuse, le Numinosum. Un Numinosum à moitié constitué d’anciens titres retravaillés, agrémentés de six inédits, et bénéficiant surtout, contrairement à ses deux prédécesseurs, d’une véritable distribution.

Les anciens titres ne sont pas énormément révisés : tout au plus notera-t-on une production moins « lounge fade » et ces grosses guitares qui percent sur "Evading". Hélas, on en aboutit au même constat qu’avant : pour un prêcheur, Burton manque un peu de coffre et de charisme. Il aura beau se masquer derrière la réverb’ et un aspect faussement négligé dans sa manière de chanter, c’est par moments juste insupportable. "Mars Becoming" rajoute aux dégâts un thème qui se traîne un peu trop, alors que "Sounds of Silence", à l’inverse, est plus proche d’un moment d’illumination gâché par une interprétation douteuse. Burton se débrouille plutôt bien en français pour un Texan, mais l’entendre baragouiner pendant cinq minutes « comme la neige qui tombe » (en français dans la chanson "Like Falling Snow"), ça tend plus vers une vision de l’apocalypse que vers la béatitude éternelle (quoique, on dit que ça vient juste après…)


L’inspiration étant éparse, la production tout juste un brin meilleure et l’interprétation demeurant une affaire qui ne sera pas du goût de tout le monde, même les compositions rôdées ne garantissent pas à Ascension of the Watchers des chances de s’ouvrir à un plus grand public. La durée du disque a doublé, c’est déjà ça, mais on attendra quand même un prochain concept-album sur la scientologie, histoire de se retrouver dans un territoire plus connu et plus vendeur ne serait-ce que pour les fans de Fear Factory. Pour tous les autres il faudra probablement attendre le retour de Jésus.


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