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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 14 avril 2015
Sa note : 13/20

LINE UP

-Lycan
(chant)

-Corb
(chant+guitare)

-Urmuz
(guitare)

-Hultan
(basse)

-Putrid
(batterie)


TRACKLIST

1) Din Miez de Munte
2) Strajerul Timpului
3)
A Vremii Rinduiala
4) Trecerea Mistica
5) Al Din Ochi de Apa
6) In Gerul Iadului
7)
Stapin Peste Satpini
8) Faurul Muntilor
9) Scrijelit in Piatra
10) Rascrucea Timpului

DISCOGRAPHIE


Syn Ze Sase Tri - Stapin Peste Stapini
(2015) - black metal sympho - Label : Code666



Toute l’histoire du black metal symphonique est basée sur un grave malentendu. C’est évident. Vous en doutez ? Comment s’appelle le fondateur du genre ? Dimmu Borgir, oui. Bon. Ça veut dire quoi « Dimmu Borgir » en islandais ? « Château Sombre », merci Wiki. Bon. Quel est ZE pays avec un château sombre bien connu ? L’Islande ? Mouah. La Norvège ? Arf. Allez je vous aide : c'est le pays où vit un monsieur tout pâle qui dort dans un cercueil et aime bien faire des bisous dans le cou. Ah ça y est ? Eh bé dites-donc, vous en avez mis du temps !

La Roumanie évidemment ! Et Syn Ze Sase Tri est là pour réparer cette injustice ! Ils ont un projet qui saute aux yeux - et aux oreilles surtout -  pour une personne ayant écouté n’importe lequel des albums de leur trilogie commencée en 2011 et achevée en l’an de grâce 2015 avec Stapin Peste Stapini : faire du black sympho à la Dimmu puis remonter le temps afin de se situer avant 1994, sortir la trilogie d’un seul coup et obtenir louanges, gloire, femmes, argent et alcool. Forcément, la seconde partie du projet paraît ardue, mais ne soyons pas défaitistes : l’univers regorge de trous de vers, on devrait bien arriver à voyager dans le temps un de ces jours ! Et puis pour la première partie du défi, c’est bouclé. Le quintette roumain s’est évertué à vanter les bienfaits musicaux de Shagrath et consorts, époque Stormblast-Enthrone-Spiritual, à grand coup de claviers omniprésents qui marquent le rythme des compositions, d’alternance entre voix black et growl, avec un petit coup de chant clair et lyrique par moments. Les sceptiques pourront écouter "Faurul Muntlior", parfait manuel du Dimmuborgien Junior, pour vérifier par eux-mêmes qui est la grande influence musicale de nos artistes.
Les gars essayent de tromper un peu leur monde un titre et demi durant : "Stajerul Timpului" sent plus le Rotting Christ que la Norvège (ce qui n’enlève rien à la qualité du titre), et "A Vremii Rinduiala" commence par des chœurs façon Amorphis époque récente, mais le naturel revient au galop et la suite de l’album est bien plus conforme à ce qu’on attend d’adorateurs du black sympho vieille époque.  D’aucuns trouveront une légère influence Bal-Sagoth période Atlantis Ascendant, voire un soupçon de Dordenegura sur le dernier titre, certains diront que la dévotion pour le heavy metal et les chorus de guitare des groupes extrêmes de l’Europe du Sud-Est est palpable, mais il s’agit d’épiphénomènes. Le « Maître d’Entre les Maîtres », traduction de « Stapin Peste Stapini » en français*, c’est Dimmu. Que penser d’un tel album ? C’est simple : les adorateurs du genre qui sont prêts à se jeter sur tout travail reprenant les schémas définis par nos brillants Norvégiens au milieu des années 90 devraient aimer. Les compositions sont très solides, assez prenantes même et sans défaut, ce qui confère à l’œuvre une qualité globale certaine et sans sautes d’humeur. Attention toutefois, la production est cheap et si ce qui vous séduit chez DB, c’est la puissance de feu post-Puritanical, passez votre chemin, ici on est entre amateurs de vieilleries. Et puis évidemment, si vous cherchez un projet original, une révolution du black sympho, partez vite et revenez tard, comme dirait Fred Vargas.


Stapin Peste Stapini, après un départ en trompe-l’œil, nous permet de nous replonger dans l’univers du vieux black sympho « Dimmu-style » du bon vieux temps, avec sa prod fait main, ses claviers Bontempi et son souci du travail bien fait, à défaut d’être novateurs. Certains y trouveront leur compte (moi par exemple), d’autres ne daigneront poser leur oreille sur un album ne proposant que de la redite et se recolleront le dernier Dodheimsgard pour la 666ème fois. « Chacun sa route, chacun son chemin, passe le message à ton voisin. » Amen.

*: Merci à Mihai de Dirty Shirt !

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