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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 03 juin 2015
Sa note : 16/20

LINE UP

-Máté Kaló
(chant)

-Gergo Bene
(chant)

-Gábor Fidler
(guitare)

-Dániel Petneházi
(guitare)

-Péter Kovács
(basse)

-István Turán
(batterie)

TRACKLIST

1) Jack The Ripper
2) Man Vs. Wild
3) Gepetto Protocol
4) Don't Try To Raise My Blind, Bitch!
5) Hostages Cannot Escape Fast Enough
6) Captain Crunch And The Sinking Ship
7) Byron's Verse Is Left Undone At The 7th Strophe

8) Galilei Syndrome
9) When Stowaways Become Passengers
10) IDDQD Means Playing God, Then Hell Break's Loose, Like Never Before

DISCOGRAPHIE


The Palindrome Sequence - Modern Renaissance
(2014) - barré Djent Deathcore fou - Label : Auto-production



Avec un nom pareil, ce n’est évidemment pas un groupe de jazz ou de doom metal auquel vous allez être confrontés dans cette chronique. A l’image de leur langue, les Hongrois de The Palindrome Sequence n’ont pas choisi de faire dans la simplicité. Sans trop rentrer dans les détails, une séquence palindromique est une séquence d’acide nucléique pouvant se lire dans les deux sens. Maintenant que votre soif d’informations concernant la biologie cellulaire et moléculaire a été assouvie, nous pouvons donc nous concentrer sur ce groupe originaire de la ville d’Eger, une des plus anciennes villes de Hongrie.

Pour les plus calés d’entre vous dans l’univers étoilé du metal, le pays des Magyars ne vous est peut-être pas inconnu. Vous avez sûrement trouvé la référence : le fameux groupe de néo-thrash/thrashcore du nom d’Ektomorf et sa vingtaine d’années d’activité derrière lui, agrémentée d’une douzaine albums. Là où les anciens sont reconnus et réputés pour leur efficacité liée à la simplicité et la récurrence de leurs riffs, The Palindrome Sequence emprunte un autre défluent du Danube pour aller totalement à l’encontre de cette convention. C’est simple, aucune chanson n’a de structure établie. Il est tout bonnement presque impossible de savoir à l’avance quelle sorte de riff va être jouée. Oubliez la méthode couplet-refrain-couplet. Ici, on passe du coq à l’âne en permanence. En même temps, au vu de l’appellation des chansons, il ne pouvait en être autrement, et il n’était pas obligatoire d’être détenteur d’un diplôme d’art divinatoire pour se figurer ce qui allait se présenter à nous. Quoique...
Dans Modern Renaissance, on est emmené dans un monde complètement insensé pendant près de quarante minutes. Malgré le bordel absolu que nous envoient à la gueule nos Hongrois, les chansons restent discernables les unes des autres et ne font pas du tout fouillis. C’est le paradoxe constant auquel nous devons faire face durant tout le disque et qui peut être quelque peu déroutant. Ce genre de style assez barré est toujours difficile à chroniquer, car on ne sait pas par quel bout l’aborder. Tout s’entremêle, tout s’entrechoque, et on a beau savoir dans quel cadre on se situe, on se sent perdu. C’est pour cela qu’il est quasiment impossible que cette chronique soit exhaustive, dans le sens où elle ne pourra traiter de l’intégralité des pistes présentes, au risque de m'attirer l'ire de nos correcteurs chéris pour excès de zèle. Et ne voulant leur infliger cela une fois de plus, il semblerait plus judicieux de se cantonner à décrire trois ou quatre chansons que l’on pourrait qualifier de « représentatives » de cet album.
L’introduction "Jack The Ripper" joue plus ou moins le rôle d’un teaser sur ce disque. Un condensé de l’album en une minute trente-huit secondes. Ça c’est pour ceux qui n’ont pas le temps de jouer. Pour ceux qui sont déjà en vacances, écoutez plutôt la merveille "Byron’s Verse Is Left Undone At The 7th Strophe", qui a fait l’objet d’une vidéo, seul aperçu de la formation. Guitare sept cordes et basse cinq cordes. Si la basse est positionnée devant la guitare, ce n’est pas pour rien, car elle a un apport indéniable au sein du groupe ! Et ça fait plaisir, tant ça devient rare. La rythmique mélodique hyper-entraînante nous amène tout doucement vers cette trente-neuvième seconde où tout explose. Mais tout reste sous contrôle. Puis, du tapping nous fait irrémédiablement penser à Within The Ruins. Celui-ci revient de façon récurrente durant tout la galette, comme dans "Man Vs. Wild" ou "Don’t Try To Raise My Blind, Bitch !" et son côté thrash.

Place aux deux extrêmes : la plus courte et la plus longue. La première, "Captain Crunch And The Sinking Ship" nous livre une démonstration technique des deux guitaristes qui n’hésitent pas à accélérer le tempo quand il le faut, mais aussi un extrait assez incongru à 2’18 à la croisée entre l’expérimental et le jazz (??). La deuxième "IDDQD Means Playing God, Then Hell Breaks Loose, Like Never Before" (le titre est moins long que la chanson), fait la part belle aux chanteurs s’alternant et se complétant sans cesse (début de "When Stowaways Become Passengers"). A souligner la voix aigüe absolument monstrueuse ressemblant à s’y méprendre à celle de George Pettit d’Alexisonfire, période Crisis. Ou comment malmener ses cordes vocales, Chapitre I. Mais on a surtout à faire à une parfaite fermeture d’album, avec une fin encore plus mélodique qu’à l’accoutumée, faite d’arpèges aériens et de plusieurs soli, comme on peut en entendre sur "Hostages Cannot Escape Fast Enough" (3’46) et "When Stowaways Become Passengers" (1’15).

Si vous cherchez une musique dans laquelle vous pouvez vous rassurez, passez votre chemin. Le jeu de The Palindrome Sequence est aussi complexe et farfelu que son nom. Vous aurez beau repasser le disque en mode « repeat » maintes et maintes fois, chapeau bas à celui qui arrivera à se remémorer une chanson dans son entièreté. En revanche, si vous cherchez une touche de folie et de piment dans votre vie musicale, Modern Renaissance est l’œuvre qu’il vous faut. Éclatez-vous !




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