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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 04 avril 2015
Sa note : 14/20

LINE UP

-Paul Kuhr
(chant)

-Kjetil Nordhus
(chant)

-Or Shalev
(guitare)

-Tomer Pink
(guitare)

-Golan Farhi
(basse)

-Matan Shmuely
(batterie)

-Shai Yallin
(claviers)

TRACKLIST

1) Early Morning Mantra
2) Reliving the Feeling
3) Tour Diary
4) Nigen
5) Blanket of Longing
6) Specter
7) Father and Son

Bonus digipack :
 
8)
Home
9) Beyond the Pale (The Mission cover)

DISCOGRAPHIE


Subterranean Masquerade - The Great Bazaar
(2015) - metal prog - Label : Taklit



Sortir un deuxième album n'est jamais facile. Confirmer un premier album adulé est horriblement difficile. Survivre à 10 ans d'attente et de reports est proche de l'impossible. C'est armé de ce simplissime préambule que Subterranean Masquerade donne le jour à The Great Bazaar. Il y a 10 ans Suspended Animation Dreams épatait et étonnait le monde du metal progressif à tendance extrême. Le groupe était la nouvelle poule aux œufs d'or à suivre. Las, il a grandement pris son temps. Bien ou mal lui en a-t-il pris ?

Tout d'abord, prenez connaissance d'une petite anecdote truculente. En pré-commandant le cd, vous aviez droit non seulement à une dédicace des membres du groupe, mais également à une petite surprise : un envoi depuis Israël. On pensait le groupe américain mais le voilà délocalisé. Cependant cela devient tout de suite moins étonnant lorsqu'on rapproche ce point de l'histoire au titre : The Great Bazaar. Un bazar ça sonne tout de suite orientalisant. C'est bel et bien cette orient-ation (uh uh) qui nous accueille. "Early Morning Mantra" débute sur une pointe arabisante pleine de promesses enchanteresses afin de nous placer plus près du bazar qui doit servir de cadre à l'album - première caractéristique notable de ce nouveau rejeton. Deuxième attaque aux tympans : le chant death intervient très tôt. Cela sera un point sinon récurrent, disons plus important finalement que son prédécesseur : le chant death s'il n'est pas énormément utilisé fait un demi-retour en force. On pourrait alors nourrir l'espoir d'avoir plus de couilles et de riff death metal.
Ne vous emballez pas trop vite. D'une, Kjetil Nordhus alias le chanteur de Green Carnation a été engagé, ce ne sera pas pour rien. De deux, Subterranean Masquerade virer death metal ? Vous vous fourrez lamentablement le doigt dans l'orbite oculaire. Bien sûr il s'agit d'un groupe polymorphe donc les rythmiques plus lourdes sont de la partie, mais aucunement majoritaires ou marque de fabrique. Subterranean Masquerade reste lui-même avec une musique hautement progressive, variée. Variée d'ailleurs, venons-y. Il semblerait que l'internationalisation de la bande ait pesée sur les compositions qui s'efforcent de taper encore plus large qu'avant. On connaissait le prog acoustique, les riffs death et tout ce qu'il y avait entre les deux. Ajoutez-y une louche de Orphaned Land (vraiment pas étonnant étant donné tout ce dont on vient de parler) et donc de musique du monde (oriental). Très clairement, on sent cette volonté d'aller plus large et de ratisser autant que faire se peut tout en restant dans un cadre cohérent.
Car c'est un domaine que la troupe (ils sont désormais sept) ne perd pas de vue : conserver un fil directeur qui fait que même en s'éparpillant dans les genres et musiques on se sent toujours en présence de Subterranean Masquerade. C'est subtil et indispensable au risque de finir dans un désordre inaudible. La patte du groupe, le son vous suivront tout au long de la galette même s'ils ont évolué. Une évolution douce serait-on tenté de dire car on ne peut pas parler de révolution quand on connaît leurs travaux antérieurs, attachés en permanence à explorer les horizons musicaux et ouvrir, écarteler même, l'esprit de l'auditeur. Reste que tout ceci est bien beau mais nous n'avons toujours pas abordé la question cruciale de la qualité de l'ensemble. Difficile question car oui l'album est varié, divers et comporte ses perles. "Father and Son" fait partie de ces réussites qui nous transportent. Il manque également des passages vraiment grandioses auxquels on s'attend. Parler de déception est évidemment idiot car l'album est bon pour quiconque acceptera cette idée de voyage, néanmoins il faut relativiser car ce n'est clairement pas un grand album.


The Great Bazaar n'est pas la légende que les fans voulaient. Il est loin d'être une bouse aussi. Il est l'album d'un entre-deux peu satisfaisant car finalement seulement bon. Bon est un qualificatif qui suffirait à beaucoup de groupes, seulement Subterranean Masquerade a donné de l'espoir et des attentes énormes. Le simple fait qu'il s'en tienne au « bon » est donc une déception.


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