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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2015
Sa note : 11/20

LINE UP

-Tibor Kati
(chant+guitare+claviers)

-OQ
(chant+guitare+claviers)

-Ovidiu Corodan
(basse)

-Petrica Ionutescu
(flûte+instruments divers)

-Negru
(batterie+percussions)



TRACKLIST

1) Nametenie
2) Izbucul galbenei
3) La hotaru cu cinci culmi
4) Curgerea muntelui
5) Tarîm vîlhovnicesc
6) Împodobeala timpului
7) Picur viu foc
8) Schimniceste

DISCOGRAPHIE

Maiastru Sfetnic (2000)
N'Crugu Bradului (2003)
OM (2006)
Vîrstele Pamîntului (2010)
Maiestrit (2010)
Tau (2015)
Zi (2016)




Negură Bunget, nous sommes tous trop conscients que ce n'est plus réellement Negură Bunget désormais. Seul Negru, batteur de son état, est resté maître aux commandes du navire roumain, pouvant faire craindre une dérive trop percussionniste à la musique du groupe. La première étape a donc été de reconstruire une équipe autour de sa personne. La deuxième, re-reonstruire et faire un nouvel album, ce qui s'est avéré plus long que pour ses anciens compères. La troisième étape est entre nos oreilles : juger de la pertinence d'avoir continué le groupe malgré cette déforestation massive.

Le plus dur pour Negură Bunget est probablement de devoir faire suite à ce qui reste sa plus grande réussite musicale : Virstele pămîntului. Sommet de black metal folk parfaitement imprégné de tout ce qui semble composer la musique traditionnelle roumaine. Ce fut un grand moment de black transylvanien. Sommet qui s'est trouvé continué chez Dordeduh, le désormais nouveau groupe de Hupogrammos et Sol Faur. Cela fait craindre pour la force créatrice demeurant chez Negură Bunget. Les débuts de l'album sont imparables à ce niveau, on retourne dans une ambiance plus black metal, délaissant le côté très folklorique de son prédécesseur. Évidemment le folk est toujours de la partie, sinon on ne parlerait pas de Negură Bunget, mais on se rapproche de 'n crugu bradului tant sur la forme que sur le fond. Plus black metal, des riffs un peu dans la même veine, une réminiscence de cette batterie donnant l'impression de jouer dans son coin, un peu à part et un son globalement similaire.
Cependant le groupe - ou Negru ? - n'oublie pas son parcours et colle quand même plus de passages acoustiques que dans son passé. Malgré tout, ça sonne paresseux. Comme si Negru savait ce que le public avait aimé et se contentait de lui donner ce qui lui a plu (les passages à chant incantatoire sombrent dans la caricature tant ils sonnent à côté). Les compositions font en effet preuve d'un grand classicisme pour le groupe et globalement ne font jamais montre de prise de risque. Enfin... sauf une fois, sur l'excellente et rafraîchissante "Împodobeala timpului". Et puis il y a cette idée étrange d'avoir mis un chant death. Qu'est-il donc passé dans la tête de Negru ? Ce gros chant death est totalement déplacé et n'a rien à voir avec le reste de la musique. La forêt et le froid sont des apparats black metal et s'entichent très bien du chant raclé typique du genre. Bref, encore une douche froide. Où trouver l'eau chaude direz-vous ? Malgré le classicisme reproché, ou sûrement grâce à lui, les chansons restent agréables et, malgré le manque de surprise, on suit le déroulé du scénario sans trop forcer.


Vous avez bien compris que l'album ne soulève pas l'enthousiasme. Negru n'était probablement pas l'élément moteur des compositions du groupe et il s'est entouré de personnes pour faire une musique à la Negură Bunget, sans prendre de responsabilités pour l'instant. Toutefois, une chanson se lâche et nous donne de l'espoir. Alors peut-être pour un prochain album. Et débarrassez-vous de ce chant death s'il-vous-plaît.


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