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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 10 février 2008
Sa note : 16/20

LINE UP

-Mille Petrozza
(guitare+chant)

-Sami Yli Sirniö
(guitare)

-Christian Giesler
(basse)

-Jürgen Reil
(batterie)

TRACKLIST

1)Reconquering The Throne
2)The Patriarch
3)Violent Revolution
4)All Of The Same Blood
5)Servant In Heaven / King In Hell
6)Second Awakening
7)Ghetto War
8)Replicas Of Life
9)Slave Machinery
10)Bitter Sweet Revenge
11)Mind on Fire
12)System Decay

DISCOGRAPHIE


Kreator - Violent Revolution
(2001) - thrash metal - Label : SPV



Un retour au thrash annoncé en grande pompe 6 mois avant la sortie de l'album, une pochette fortement inspirée de celle de Coma Of Souls, un titre mis en avant dans la presse intitulé (un hasard sans doute) "Reconquering The Throne" : Violent Revolution avait vraiment tout d'un attrape-couillon. Ça sentait le retour aux sources forcé par des impératifs commerciaux, après 10 années et 4 albums d'expérimentations diverses. Mais attention là, on parle de Kreator là, pas du premier groupe venu !

Et visiblement, ils y tenaient, à mettre en avant "Reconquering The Throne" ! D'un point de vue musical, il aurait sans doute été plus logique de commencer par "The Patriarch", l'indissociable intro du morceau "Violent Revolution" (c'est d'ailleurs dans ce sens qu'ils figurent sur le monstrueux Live Kreation, capté sur la tournée ayant suivi cet album). Mais non, après des années que beaucoup considèrent d'errance, Kreator a un message à faire passer. Et effectivement, "Reconquering The Throne", difficile de faire plus clair concernant les intentions de Petrozza & co ! Pas étonnant donc de retrouver d'entrée un morceau qui fracasse, avec un riff à l'ancienne et les bonnes vieilles éructations de Mille Petrozza. Sauf que si Violent Revolution marque le retour de Kreator au thrash, il a bien d'autres ambitions que celle de délivrer une copie carbone de ce que le groupe faisait déjà 10 ans plus tôt. Loin de là même…

En effet, avec Andy Sneap aux manettes, il est acquis que l'album sera affublé d'un son moderne et puissant, pas vraiment comparable avec les standards 80's. Et puis surtout, dès le premier morceau dont on pouvait pourtant croire qu'il se limiterait à du thrash old school, on se prend de pleine face un des axes forts de Violent Revolution : une recherche mélodique surprenante pour du thrash. Dans les interviews qui ont suivi la sortie, Petrozza affirmait que la décennie précédente n'avait en rien été une perte de temps, et que ses multiples expérimentations lui avaient permis de développer sa maturité artistique et son sens de la mélodie. A l'écoute de Violent Revolution, on peut facilement vérifier que ce discours n'était pas là juste pour sauver la face !

On connaissait le mélodeath, mélange de death metal et d'éléments mélodiques mis en avant, notamment à travers de multiples harmonies de guitare ; ici, on pourrait presque parler de mélothrash. Les ponts mélodiques viennent s'ajouter à une base thrash sans fioritures, et la greffe prend très bien. Le début de l'album est un véritable festival : "All Of The Same Blood" est fabuleuse, et se termine par une astucieuse reprise du thème mélodique du milieu. Plus heavy et hargneuse, "Violent Revolution" est un régal et une vraie tuerie en live. "Servant In Heaven / King In Hell" retourne sur le terrain de la martialité déjà abordé sur le majestueux "Some Pain Will Last" sur Extreme Aggression". Et puis il y a l'OVNI "Replicas Of Life", qui s'étend sur près de 7 minutes, du pur thrash avec un pont ultra mélodique et un solo qui prend feu, la parfaite synthèse de l'album en somme.

De prime abord, Violent Revolution peut paraître un peu indigeste, car il est assez difficile de maintenir son attention tout au long des 56 minutes que dure l'album. Ce d'autant plus que le dernier tiers ne recèle aucun morceau vraiment marquant par rapport au début en fanfare. Mais quand on s'y penche de plus près, on s'aperçoit finalement qu'on serait bien en peine d'éliminer un morceau du tracklisting. Car même les morceaux plus anecdotiques contiennent au moins un passage qui vaut le détour. Le riff d'intro/refrain de "Ghetto War", une sorte de sous-"Violent Revolution", est immédiatement mémorisable. Le très heavy "Slave Machinery" possède un superbe pont, où la section rythmique façon enclume fait ensuite place à un excellent solo. Quant à "Bitter Sweet Revenge" ou "System Decay", même moins ambitieux et moins marquants, on prend tout de même un plaisir non-dissimulé à leur écoute. Alors que demande le peuple ?


Avec tous les effets d'annonce avant même la sortie de Violent Revolution, Kreator se retrouvait avec une certaine pression sur les épaules. Mais les vétérans ont de la ressource et de l'expérience à revendre, et nous gratifient d'un excellent album de thrash moderne, un comble pour un groupe ayant presque 20 ans au compteur ! Certes, la fougue de la jeunesse a laissé place à des réflexes de vieux briscards, mais le résultat est finalement assez proche : on beugle les refrains, on headbangue tout seul, on moshe dans le salon avec les potes, on s'éclate quoi. Tout ce qu'on recherche dans un bon vieil album de thrash en fait.


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