1645

CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Patrick Kalla
(chant+guitare)

-René Bogdanski
(guitare)

-Sascha George
(claviers)

-Markus Aust
(batterie)

TRACKLIST

1)Prowling Sin
2)Fools Of Christ
3)Rape (The Virgin Mary)
4)Mistress Of The Night
5)The Awakening
6)March Of The Servants
7)Conquering What Once Was
8)Demigod
9)Siesta In A-Minor
10)Ode II The Horned Majesty
11)Finale

DISCOGRAPHIE

Blasphemy (1998)
Demigod (2002)

Ninnghizhidda - Demigod



Cet album de Ninnghizhidda mérite vraiment qu’on en parle. Il réunira en effet les amateurs de musiques diverses, en tout cas plus que n’aurait pu le faire leur précédent album Blasphemy, plus black et extrême. Demigod est un subtil mélange de gros Death, de sublimes mélodies envolées, et de Heavy/Black, le tout se rapprochant de Crematory, Samael, Dimmu Borgir et je-ne-sais quel groupe de Death plutôt gras. Ces rapprochements n’enlèvent en rien son identité au groupe et à sa musique, somme toute très personnelle et empreinte de quelquechose de vraiment original. Le tout est mené avec une très appréciable dextérité, aussi bien dans les enchaînements de rythmiques et de passages plus mélodiques que dans les soli raffinés et vraiment surprenants de beauté, ce qui est assez rare dans ce style.

Demigod ne fait appel qu’à un seul chanteur, le vocaliste principal Patrick Kalla, contrairement aux autres réalisations où les voix partaient dans un double registre Death et Black créant peut-être la confusion pour les oreilles non habituées. La production est, sur Demigod, irréprochable, mettant en exergue tous les détails de cette musique vraiment bien composée. Les mélodies risquent d’être gravées à tout jamais dans les oreilles de ceux qui se procureront l’album. L’évolution est présente et visible, je dirais que Ninnghizhidda maîtrise vraiment son style, toute en finesse et plaira donc à un public plus ouvert et large que leurs précédents albums.

C’est en tout cas un plaisir à chaque écoute et j’en suis loin de tomber dans l’ennui. Des titres comme le titre éponyme du mini-CD Mistress Of The Night (plutôt introuvable) est vraiment un régal de rythmiques mid-tempo sur une mélodie sombre et enchanteresse. Ennemis des claviers, tournez les talons et partez sur le champ, ceci n’est pas fait pour vous ! Bon, le titre "Prowling Sin" qui ouvre l’album donne une impression bizarre de Death assez brutal, sans fioriture, qui n’est pas forcément très représentatif de l’album. Mais Ninnghizhidda est ainsi, ouvert à tout et le résultat est très probant.

Les titres comme "Prowling Sin", "Mistress Of The Night", "Conquering What Once Was", sont les plus péchus de l’album, mais toujours très propres. Point d’orgue de l’album, "Mistress Of The Night" (au risque de me répéter) est une folle course épique au refrain indestructible, propulsée par des tendances Black Metal très prononcées. Et vraiment, ces solos qui élèvent leur voix dans ce titre sont très somptueux, on les sent souffrants… Et l’on revient toujours au même refrain inspiré faisant tout le charme de ce morceau. Quelques titres d’intermède viennent aérer les compositions de manière différentes, alternant entre symphonies dignes de BO de films et… guitares séches typées flamenco.

Je le répète, on ne s’ennuit pas à l’écoute de Demigod, et je parlerais de style progressif que personne ne me contredirait. Le titre "Demigod" est vraiment bon sur ce point là, avec une introduction lente mêlant voix masculines et chant féminin. La suite est beaucoup plus rapide et souffle lorsqu’il est temps. Il n’y a qu’à jeter une oreille pour comprendre l’émotion qui se dégage de ce titre, surtout lorsque l’harmonique de guitare en solo vient calmer l’ambiance et jeter lourdement une nouvelle voie musicale, lente et fatale comme une marche d’enterrement.


La musique des Allemands de Ninnghizhidda est malheureusement (ou heureusement pour certains) assez peu connue du public, parce que lorsque l’on tombe sur des compositions de ce niveau aussi sincèrement dotées d’expression, on se demande pourquoi d’autres groupes bien moins accomplis dans leur démarche musicale percent avec autant de succès le marché et les oreilles des métalleux.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1