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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tarja Turunen
(chant)

-Tuomas Holopainen
(claviers)

-Emppu Vuorinen
(guitare)

-Sami Vanska
(basse)

-Jukka Nuvalainen
(batterie)

TRACKLIST

1)Stargazers
2)Gethsemane
3)Devil & The Deep Dark Ocean
4)Sacrament Of Wilderness
5)Passion And The Opera
6)Swanheart
7)Moondance
8)The Riddler
9)The Pharaoh Sails To Orion
10)Walking In The Air

DISCOGRAPHIE


Nightwish - Oceanborn
(1998) - metal symphonique - Label : Century Media




Voilà l’album qui a révélé Nightwish au grand jour. Après un Angels Fall First passé inaperçu, le quintet finlandais revient en grande pompe avec un disque plus sombre, plus fondamentalement metal et bien meilleur. Les musiciens ont acquis de l’expérience, surtout en terme de composition, et cela leur permet d’afficher un style propre, quoique toujours fortement influencé par leurs compatriotes de Stratovarius, qui étaient à l’époque au meilleur de leur forme.


Heureusement la jolie Tarja Turunen est là pour propulser l’ensemble à un degré supérieur. Elle utilise ici exclusivement sa voix soprano, à la différence des autres albums; tant mieux car ses vocalises classiques seyent à ravir à la musique mélodique et particulièrement dramatique que Tuomas Holopainen a composée pour l’occasion. Oceanborn n’est pas à proprement parler un concept-album, mais les titres sont tous très soudés et libèrent une intensité qui s’en approche. Techniquement, les musiciens se sont surpassés: c’est sans aucun doute l’album le plus complexe de la discographie du groupe, et c’est aussi celui qui fut le plus éprouvant à réaliser, selon les dires de Tuomas.

Des titres comme "Devil & The Deep Dark Ocean" ou "The Pharaoh Sails To Orion" ne sont en effet pas des plus directs. Leurs changements de rythmes, leurs structures et leurs mélodies peuvent même faire penser à du progressif… Mais Nightwish reste en toutes circonstances animé par l’inébranlable envie de faire passer des émotions, et la technique ne prend jamais le pas sur le feeling. La relance de batterie après le break de "Devil & The Deep Dark Ocean" risque tout de même fort de surprendre les connaisseurs du Nightwish actuel! Ces émotions passent également par les paroles, qui sont travaillées comme jamais. Tuomas a ardemment peaufiné ses textes, dans un style emprunt de nostalgie et de poésie qu’il ne parviendra selon moi jamais à ré-atteindre par la suite. "Stargazers", "The Riddler" et "The Pharaoh Sails To Orion" sont certainement les grands gagnants, mais chacune des chansons développe sa propre atmosphère, et parvient à transmettre d’intenses sentiments.

"Gethsemane" et sa mélodie de piano sur fond de gros riff transpire ainsi la tristesse, alors que "Sacrament Of Wilderness" se veut plutôt optimiste et enjoué. Les très dark et heavy "Devil & The Deep Dark Ocean" et "The Pharaoh Sails To Orion", qui font intervenir un chant masculin – ou plus exactement, des parties de narration bien "evil" - font ressortir la grâce et la légèreté des ballades lyriques "Swanheart" et "Walking In The Air". Tout n’est que contraste. Tuomas a une âme de poète et elle s’exprime pleinement ici. On sent parfois Tarja à la limite de ses capacités techniques de l’époque: le refrain de "Stargazers" ou le mouvement final de "The Pharaoh Sails To Orion" lui donnent pas mal de fil à retordre.

Mais elle s’en sort majestueusement bien. Sa voix s’est énormément développée depuis Angels Fall First et devient vraiment LE point fort du combo, que le génialement déchiré Tuomas exploite à merveille. C’est aussi peut-être le seul album de Nightwish vraiment homogène – avec Century Child, avis personnel - , où toutes les chansons se valent. Aucun titre n’est particulièrement faible, autre constat significatif du temps investi sur Oceanborn. Au final, cet album, que d’aucuns considèrent comme la véritable naissance de Nightwish, Tuomas y compris, est un manifeste de beauté éphémère et fragile, poétique, sombre et romantique. Celles et ceux que le chant lyrique de Tarja ne rebute pas seront à coup sûr conquis, peur peu qu’ils prennent le temps de se laisser pénétrer par la magie mélancolique qui s’en échappe. Les autres? Les autres ne sont pas des "Ocean Souls" et ont probablement déjà passé leur chemin…




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