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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Reuno
(chant)

-Daniel
(guitare)

-Phil
(basse)

-Pierre
(batterie)

TRACKLIST

1)Les Choses Qui Nous Dérangent
2)Rien Au Monde
3)Accélère
4)Enfant Du Chaos
5)La Peur Du Vide
6)Le Pire
7)Rock 'N' Roll Class Affair
8)Mea Culpa
9)Humide Song
10)Quelqu'un De Bien
11)L'Eclipse
12)Aveugle Et Sourd
13)Mondiale Paranoïa
14)Buvez Du Cul

DISCOGRAPHIE


Lofofora - Les Choses Qui Nous Dérangent
(2005) - hardcore punk - Label : At(h)ome




Deuxième album avec le line-up Pierre/Daniel, Les Choses Qui Nous Dérangent est le cinquième disque du groupe phare du métal/hardcore français. Comme la fois d'avant on notera que l'album s'est arraché la semaine de sa sortie, permettant à Lofo d'être le seul groupe de métal français de l'histoire à être passé deux fois live au Top Of The Pops. Respect. Mais anecdote à part, penchons-nous sur cet album au titre fort bien trouvé...



Lofofora a presque toujours bien commencé ses albums : "Holiday In France", "Le Fond Et La Forme" ou l'incroyable "Jazz Trash Assassin" sont autant de titres d'ouverture qui se posaient là en termes de puissance et d'inventivité. Le title-track "Les Choses Qui Nous Dérangent" remplit en partie son rôle : le gros riff graisseux surprend, l'ambiance lourde et hardcore des couplets et surtout l'excellent refrain permettent de classer ce titre dans les bons crus Lofo, avec un Reuno qui sait plus que jamais jouer des mots. Le son est délicieusement gras et chaud en tout cas, plus orienté hard-rock bluesy à bikers que franchement hardcore ou métal, et ça fonctionne au poil... sur les passages lourds. Par contre les passages syncopés "jumpy" qui se veulent efficaces à outrance ne sont pas mis en valeur par cette production très spécialisée. La basse ronfle toujours autant -plaisir à chaque fois retrouvé- et le jeu de batterie de Pierre est clair et précis bien que manquant un peu de puissance au niveau du son.

Soyons clairs: Lofofora a définitivement changé de musique, et espérer un retour au son de Peuh! et de Dur Comme Fer est illusoire. Daniel n'est pas et ne sera jamais Farid, et fait sa sauce à sa façon. Sur cet album on retrouve ses leads bluesy couinantes qui m'horripilent toujours un peu (le single "Quelqu'un De Bien" est un parfait exemple de feeling à la Daniel), mais le jeu de l'homme est vraiment très typé et personnel, ce qui est respectable en soi. De plus cet albums renferme des riffs jamais entendus ailleurs dans un autre album de Lofo : "Accélère" commence par un riff presque arabisant qui fleure bon le passé mais fourmille de parties rock totalement inédites pour le groupe, en particulier lors du refrain. Le pont renferme un riff tirant très fortement sur le métal, et le tout donne une compo plus qu'intéressante musicalement. La mélodie est de retour dans les plans, et on peut aussi noter un retour de la punkitude et des tempos rapides avec "Le Pire", "Mea Culpa" ou l'incontournable dernier titre "Buvez Du Cul".

Ce titre purement punk a été annoncé par le groupe comme l'antidote anti-"Vive Le Feu" qu'ils avaient marre de jouer en live. Les chœurs oï, le texte parti d'un délire qu'on peut retrouver dans les bonus du DVD Lames De Fond, le rythme effréné, tout est là pour faire de cette compo un titre culte. Et si elle est déjà devenue un passage obligé en concert cette compo relève plus de la blague de potache que de la vraie compo méchante : parfaite pour faire beugler une assemblée de poilus bourrés (en concert ou dans votre salon), mais pas vraiment un composition d'exception. Et c'est bien ça qui manque sur ce cd: les compos d'exception. Chaque album de Lofo renfermait son lot de pépites absolues, Le Fond Et La Forme inclus (rappelez-vous de "Bienvenue" ou "Comme A La Guerre"...), mais la plupart des titres de cet album oscillent entre sympa et anecdoctique. Les surprises sont là: le bon hip-hop de "Rock'n'Roll Class Affair", le très émouvant texte du contemplatif "L'Eclipse"... Mais où sont les GRANDES chansons, les titres d'anthologie dont Lofofora a constellé le paysage du métal français depuis des années? Aux abonnés absents...


A grandes attentes, grandes déceptions : cet album de Lofofora déçoit car il est bon mais échoue à être gigantesque. Même l'atout Reuno est en demi-teinte : son chant est moins impressionnant qu'à l'accoutumée, il monte moins haut et hurle moins fort. Question de prod ? Il garde un talent d'écrivain indéniable mais les sommets qu'il a atteints par le passé ne sont jamais dépassés ni même atteints à nouveau. La question devient préoccupante : la nouvelle formule de Lofofora arrivera-t-elle un jour à nous redonner les frissons d'avant, le groupe redeviendra-t-il à un moment donné la légende du métal-hardcore français qu'ils ont été ? Seul l'avenir le dira, mais Lofo semble avec cet album avoir rétrogradé d'une classe: ils ont quitté la cour des grands pour devenir un "simple" très bon groupe.

Je dois finir cette chronique en évoquant le potentiel live des titres de cet album : j'ai assisté au concert de présentation des nouvelles chansons et je dois dire que l'effet a été énorme. Le côté à la fois brut et mélodique des compos leur donne une toute autre dimension sur scène, et je vous recommande chaudement de vérifier par vous-même. Car quelle que soit la qualité des compos des albums Lofo restera toujours un groupe live d'exception: si vous ne voulez pas payer le prix du CD, investissez dans un billet de concert, vous ne serez pas déçu!


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