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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Reuno
(chant)

-Daniel
(guitare)

-Phil
(basse)

-Pierre
(batterie)

TRACKLIST

1)Le Fond Et La Forme
2)Série Z
3)Social Killer
4)Histoire Naturelle
5)Auto-Pilote
6)Ici Ou Ailleurs
7)Comme A La Guerre
8)Requiem Pour Moi-Même
9)Psaume Cac 40
10)Bienvenue
11)Alarme Citoyen
12)Carapace
13)L'Emprise
14)Bonus

DISCOGRAPHIE


Lofofora - Le Fond Et La Forme
(2003) - hardcore - Label : M10



Changement massif de line-up chez Lofofora. Exit Farid et Edgar, arrivent Pierre (ex-Artsonic) et Daniel, guitariste dans Noxious Enjoyment aux côtés de Phil le bassiste. C'est ce qui explique les quatre longues années qui séparent cet album de Dur Comme Fer qui laissait toutes les portes ouvertes au niveau stylistique. Donc avec la moitié du groupe qui change en plus, on ne savait vraiment pas à quoi s'attendre de la part de Lofo... Et on s'est rués sur le CD: l'album était dans le top 20 du Top Of The Pops une semaine après sa sortie ! Ça avait fait son petit bruit. Et la zique donc ? Et bien écoutez...

Ca commence en tout cas bien. L'intro de percus qui monte, l'arrivée de la batterie, le rythme tribal... Et le title-track qui débarque, bien lourd et efficace dans son genre. "Le Fond Et La Forme" envoie le bois, liant un riff simple et imparable à un texte poétique et inspiré. Cet hymne live donne les plus grands espoirs à l'auditeur, tant au niveau de la compo que du son. En effet celui-ci est râpeux et vicieux au niveau de la guitare, la basse ronfle à nouveau et Pierre envoie direct la double pédale et ça s'entend. Le titre "Série Z" reprend le thème de "Série B" (Dur Comme Fer) pour une autre compo hardcore carrée couplant riff méchant et chant agressif-mélodique bien senti. Par contre le refrain laisse entrevoir un des aspect du jeu de Daniel qui me déplaît : son côté excessivement bluesy par moments. Soyons clairs : Daniel sait poser un riff hardcore ultra-brutal, ce n'est pour rien qu'il joue dans Noxious. Mais dans Lofofora il se lance souvent dans des motifs à la wah-wah qui me gonflent. Ça fait "chouiiiing twiiiiinnnng" à chaque fois et c'est répétitif à la longue.

En ce qui concerne les riffs donc, on en trouve sur cet album un petit paquet, et on sent tout de suite que le toucher est très différent. Comme l'a dit Reuno, Daniel n'a jamais essayé de «faire du Farid» et tous les fans des albums avec l'ancien guitariste savent qu'il avait un sens spécial du riff vicieux, un toucher "du sud" qui magnifiait ses parties violentes comme calmes. Daniel a un jeu partagé entre hardcore straight-edge et blues, et forcément la sonorité de cet album n'a rien à voir avec les précédents. Le premier titre ambiancé, "Histoire Naturelle", pose la donne : ça sonne différemment. Et pas mal, je trouve, ce titre étant une des réussites de l'album, même si la guitare "couine" beaucoup, comme je l'ai dit. En tout cas la basse reste un modèle de groove et le flow "doux" de Reuno reste du miel. Les parties violentes sonnent plus comme le Lofo que l'on connaissait... mais c'est aussi là que le bât blesse parfois. En fait un nombre anormal de morceaux tombe à plat, et ça surprend encore à la enième écoute. "Social Killer" lie riff et texte (ça c'est choquant!) convenus, le rock "AutoPilote" se révèle mou, "Ici Ou Ailleurs" ne décolle pas des masses, seul le petit break est inventif. C'est ce côté inégal qui choque: "Carapace" est énorme, très métal, mais "L'Emprise" donne dans le lourdingue lassant.

On trouve sur cet album une compo qui mérite de figurer aux côtés des plus grandes du groupe, "Bienvenue". On se retrouve avec une ambiance calme sur laquelle Reuno pose un de ces textes vraiment poétiques qui sont sa signature: le commentaire à la fois attendri et ironique de la venue au monde d'un enfant et de son accueil par la société qui l'entoure. Propos fascinant, voix hypnotique, douces mélodies de guitares entrelacées... Ca rappelle les meilleures plages ambient de Dur Comme Fer. "Comme A La Guerre" est également une compo de tueur, un de ces morceaux que seul Lofofora peut composer. "Psaume Cac 40" lie intelligemment violence punk et douceur mélodique. Quelques chansons de l'album donnent l'impression désagréable que l'identité de Lofofora a subi de sérieux dégâts lors du changement de personnel... En tout cas le succès commercial de cet album a confirmé le retour du groupe et la qualité des titres de ce CD en live n'est plus à démontrer. Album de transition, album parfois bancal, mais album de Lofofora tout de même.




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