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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Bob "El Butcho"
(chant)

-Manu
(guitare)

-Fred
(guitare)

-Pendule
(basse)

-Keuj
(batterie)

TRACKLIST

1)Lâche
2)Je T'Emmène
3)La Guerre Des Nerfs
4)Un Jour
5)Y A Plus De Messages
6)Planète
7)L'Amour N'Evite Pas La Mort
8)Plus Fort
9)Une Nuit
10)Dans Tous Mes Etats
11)Sauve-Moi
12)Dimebag
13)Sam 4 (Prologue)
14)Sam 4
15)Wolf Le Guerrier
16)I Was Made For Loving You

DISCOGRAPHIE

Watcha (1998)
Veliki Circus (2000)
Mutant (2003)
Phénix (2005)
Falling By The Wayside (2007)

Watcha - Phénix
(2005) - mélodique néo metal pop rock - Label : Sony BMG



Après un Mutant qui annonçait à juste titre un changement, Phénix débarqua pour mettre fin à l'attente des fans qui se demandaient si le tournant mélodique amorcé par le groupe allait se confirmer. Et depuis, les fans ont vu le clip d'"Un Jour", single outrancièrement commercial, et beaucoup ont jeté leurs posters d'El Butcho et de ses inénarrables dreadlocks Maya l'Abeille à la décharge du coin. Mais cette mise au pilori à cause d'un seul titre était-elle totalement justifiée? L'album dans son ensemble est-il à jeter? Watcha a-t-il totalement viré pop? Combien de questions dois-je encore poser pour que mon intro fasse le nombre de lignes requis et que je puisse passer à la suite?

Franchement, "Un Jour" est vraiment l'archétype de titre qui détruit la crédibilité d'un groupe. Cette balade pop sirupeuse de trois minutes trente pile (aaargh!) n'est ni inspirée ni même portée par un texte potable: on sait que Watcha n'a jamais fait dans le littéraire, mais là c'est vraiment pauvre de chez pauvre dans la série "le sens de la vie profond et complexe des choix de l'histoire des sentiments des émotions du retour sur soi de la pensée intérieure". Pourtant l'intro de "Lâche" avait donné de l'espoir: le riff et surtout le son totalement éléphantesque annonçaient de bien belles choses. Le chant clair d'El Butcho nous ramène instantanément sur les terres mélodiques de Mutant, mais la formule de Phénix est un peu différente: Watcha joue désormais la carte de l'alternance des genres et de la simplicité des formes. Finis les délires vocaux au placement virtuose, finis (ou presque) les rythmes alambiqués et déstructurés, bonjour les structures couplet /pont /refrain bien pop.

Exemple de réussite: "Y'a Plus De Messages", compo groovy en diable qui nous rappelle que Watcha n'a de leçon à recevoir de personne en matière de groove et qu'El Butcho peut carrément envoyer le bois quand il veut: son chant agressif aigu sur le refrain confine à la haute technique. Les couplets de "Planète" sont incroyablement catchy et les riffs d'intro sont parmi les plus efficaces jamais pondus par le groupe, alors que les ponts mélodiques qui parsèment ces deux compos sont digestes car totalement assumés. Dans la série bourrin qui fait mal on citera "Dimebag", compo évidemment dédiée au regretté guitariste qui voit Bob comme le groupe en général faire preuve d'une agressivité qu'on croyait perdue à jamais, et ça fait du bien. Pour finir, les aventures de Sam continuent: après être mort dans "Sam 3", l'anti-héros est ressuscité pour une compo au riff dévastateur et finalement assez métal dans l'esprit.

Il y a donc de bons points sur ce Phénix, mais par contre l'album est plombé par d'innommables fautes de goût qui le rendent extrêmement inégal. En gros le groupe se plante dès qu'il part dans le mélodique pur, et parfois assez douloureusement. Les ambiances de "Sauve Moi" auraient pu faire mouche, mais le tout sombre rapidement dans la guimauve puis dans un refrain puissant mais pas inspiré. La ballade "L'Amour N'Evite Pas La Mort" souffre du même défaut qu'"Un Jour" : dès qu'on sort de la musique rythmique on se met à écouter les paroles, et là ça passe beaucoup moins. Idem pour "Dans Tous Mes Etats" : quand on décrit le mal-être, il faut absolument réussir à faire passer le désarroi dans son texte sinon c'est l'échec assuré! Ajoutez des riffs néo-core déjà entendus et un refrain nu-metal pas franchement top, et vous avez une compo fade de plus au compteur.


Vouloir se renouveler est une intention louable, mais ce n'est pas avec cet album que Watcha arrivera à trouver le dosage idéal fureur / mélodie. Le groupe dispose pourtant d'atouts considérables, en particulier dans le niveau de ses membres -section rythmique de classe mondiale, chant unique en son genre- mais semble peiner à trouver la formule miracle. La folie des débuts n'est plus là ou si peu, et la mélodie n'est pas encore suffisamment maîtrisée pour que la sauce prenne. Ajoutez une crédibilité mise à mal presque volontairement: le rappeur invité sur "Plus Fort" fait rire avec son discours hardcore anti-critiques et anti-guimauve alors qu'on trouve sur l'album des singles formatés évidents. Trop inégal, tiraillé entre chansons mortelles et compos ratées ("Je T'Emmène", aïe!), Phénix n'est malheureusement pas encore l'album de la renaissance.


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