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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Bob "El Butcho"
(chant)

-Manu
(guitare)

-Fred
(guitare)

-Pendule
(basse)

-Keuj
(batterie)

TRACKLIST

1)Sam III
2)Clean
3)Cool
4)Dunk Barrow Le Baron
5)Doc'
6)Borné
7)I.A.
8)And The Beat Goes On
9)Vibe
10)Narrow Minded
11)La Rumeur
12)King Anymore
13)Mutant

DISCOGRAPHIE

Watcha (1998)
Veliki Circus (2000)
Mutant (2003)
Phénix (2005)
Falling By The Wayside (2007)

Watcha - Mutant
(2003) - mélodique néo metal - Label : Sony BMG



Le succès d'estime de Watcha avait fait un énorme bond en avant avec Veliki Circus, considéré encore aujourd'hui par beaucoup comme l'album incontournable du groupe. Le troisième album des neo-métalleux était donc attendu au tournant, et en toute logique Watcha profita de cet état de fait pour balancer son premier gros changement d'orientation. Annonciateur du virage mélodique entériné ensuite par Phénix, Mutant est un album au titre très descriptif: un mutant est hybride par définition, et le groupe tente effectivement une synthèse entre ses nouvelles intentions et son énergie légendaire.

Le son est en tout cas fort bon, même si la rythmique n'est pas aussi massive qu'elle sera sur Phénix. Le chant de Bob ressort très bien, et ce type restera sans aucun doute dans l'histoire tant son style est inimitable. Le début de "Sam 3" le voit jouer d'un registre totalement chelou, mi ragga-mi nasal, et sur ce titre comme les autres il alterne entre son chant clair haut-perché et groovy (presque funk) et des hurlements violents tout à fait honorables. Il joue sans cesse avec les possibilités de son organe, et lie cette versatilité avec un flow assassin qui l'avait déjà fait remarquer sur les deux albums précédents. Il s'est fait plaisir en multipliant les prises de chant pour un résultat qui confine parfois à l'époustouflant: sa performance sur l'excellente compo "Dunk Barrow Le Baron" impose le respect tant l'homme enchaîne comme une brute, chantant, hurlant, rappant, minaudant, se donnant la réplique à lui-même... Il est partout à la fois. C'est cette folie vocale qui fera défaut sur Phénix, ou plutôt la folie en général car Watcha a su conserver sur Mutant le côté déjanté des deux premiers albums, et pas seulement dans le chant.

Mutant est très varié musicalement: les riffs néo jumpy sont toujours de la partie mais la volonté de multiplier les ambiances est permanente. "Sam 3" comme "Borné" sont fondés sur une opposition entre couplets groovy et chauds et refrains violents, en bonnes compos de néo moderne… Mais certains titres vont franchement défricher de nouveaux terrains, avec un succès variable. "Clean" aligne les bruitages bizarres et les riffs rythmiquement bien balèzes, le feeling funk du très très catchy "Doc'" sur lequel Bob fait encore une fois des merveilles est jouissif. J'ai cité la complexité rythmique, et c'est d'ailleurs là le domaine dans lequel Watcha assure le plus. Les riffs de "I.A", "Narrow Minded" ou "Mutant" font preuve d'un degré de maîtrise de classe internationale (au moins), et la section Pendule / Keuj est franchement une des meilleures du monde. Le niveau de slap du premier combiné à la maîtrise et la finesse de l'autre en font une dream team que n'importe quel groupe envierait et les bougres s'en donnent à cœur joie, accumulant sans cesse breaks et contre-breaks, cassant le temps, tronquant ou rallongeant les mesures. Impressionnant.

Par contre, il faut tout de même admettre que cet album est assez inégal. Les bombes laissent la place à d'autres titres beaucoup plus anecdotiques : "Vibe" est aventureux mais cette tentative de funk pur est bien moins accrocheuse que le registre déployé sur le reste de l'album. "King Anymore" est d'ailleurs une exploration électro carrément ennuyeuse, et si le titre final "Mutant" renferme de bons riffs (et une partie de batterie énorme), il souffle le chaud et le froid sa dynamique ne permet pas de réellement rentrer dans la compo. Il reste une reprise d'"And The Beat Goes On" qui tabasse sérieusement, un art consommé de la compo à tiroirs à des années-lumières des structures prévisibles de Phénix, et un sens de la mélodie appréciable même si'l ne fait pas toujours mouche. Mutant est donc un bon album au final, qui tape bien sûr moins fort que les deux premiers mais qui reste une belle tentative de néo mélodique, travaillé et débridé. A écouter.




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