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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 30 janvier 2008
Sa note : 7.5/20

LINE UP

-Michelle Darkness
(tout)

TRACKLIST

1)My Sweet
2)Brand New Drug
3)Raging Fire
4)Love Will Tear Us Apart
5)Darklandcity
6)Dopecrawler
7)Pet Semetary
8)Shine On
9)The Dawn
10)The Sound Of Silence
11)Angelsong
12)Forgotten Sun

DISCOGRAPHIE


Michelle Darkness - Brand New Drug
(2007) - gothique - Label : AFM Records




Michelle Darkness, mais bien sûr. Et pourquoi pas Julie Gloom ou Betty Despair tant qu'on y est ? Surtout que sous un patronyme anglophone féminin se cache un mâle allemand, ce qui n'est pas forcément inédit mais qu'il faut mieux mentionner au cas où. Connaissant un succès débordant avec son groupe de subcore (sic) End Of Green , Michelle a néanmoins décidé de s'isoler dans sa crypte pour pondre son projet solo. Amateurs de rock/métal gothique générique et plagiarisant, soyez les bienvenus.


Les choses ne commençaient pourtant pas si mal... pas super bien non plus okay, mais rien de catastrophique. On s'était rendu compte dès "My Sweet" que Brand New Drug n'allait rien révolutionner dans la galaxie goth mais tout ça était loin d'être déplaisant. Le chant gothique traditionnel (ultragrave et maniéré) ne cassait rien mais collait forcément bien avec la musique, et la bonne tenue du résultat forçait le respect quand on se disait qu'une seule personne avait enregistré tous les instruments. Bon, les paroles étaient vraiment neuneus, ça on ne pouvait pas le nier. Mais si le gothique ne parlait plus d'amours contrariées, qu'allait devenir le monde ? Non, tout ça ne changeait strictement rien au schmilblik mais se laissait écouter. On se disait bien que les références à Paradise Lost étaient un peu grosses, mais on faisait avec. On ne savait pas. On n'avait même aucune idée en fait.

Car voilà, pomper outrageusement un autre groupe sur un titre passe encore... mais à l'échelle d'un album ça allume les signaux d'alarme dans l'esprit du chroniqueur. L'intro de "Raging Fire" avait été un électrochoc : mais... mais ces accords, cette mélodie de guitare simple et entêtante, n'aurais-je déja pas entendu ça quelque part ? Ah non, le refrain s'en éloigne, ouf, j'avais cru un instant être revenu à une époque hybride entre One Second et Believe In Nothing. Le rassurant "Love Will Tear Us Apart" - à qui les éléments acoustiques et le chant féminin permettent de dépasser les clichés - ayant écarté cette pensée, quand l'intro de "Darklandcity" débarqua ce fut d'autant plus douloureux. Mais enfin ! Non, ce n'est pas possible de plagier à ce point le tandem Mackintosh / Holmes... et ben si. Cette compo annonçait une deuxième moitié d'album cauchemardesque, véritable copie carbone.

Car à partir de là Michelle a décidé de tomber le masque et de ne plus laisser un quelconque sens de l'intégrité entraver sa volonté de pondre la copie la plus gonflée de Paradise Lost jamais commercialisée. Et comme ils ont traversé plusieurs périodes on peut mettre plus ou moins de guitare saturée sans souci. C'est hallucinant de mimétisme, et le seul élément qui pouvait distinguer Michelle de ses maîtres (le chant) devient rapidement gonflant. Un : il ne change quasiment jamais de registre. Deux : comme Nick Holmes se prête parfois aussi au jeu des vocaux graves (pensez "Beneath Black Skies") même l'organe de Michelle ne suffit pas à créer la différence. Trois : quand il se décide pour une fois à monter un peu voire growler ("Shine On"), il rappelle... Nick Holmes ! Honte suprême : la reprise doom de "Sound Of Silence" est un massacre, ce qui justifie en soi le classement de cette chro en coup de gueule.


La seule manière de s'en tirer quand on pompe à ce point un autre groupe, c'est de faire mieux que l'original. Et Michelle est très, très loin du compte. Avec un peu d'indulgence on aurait pu passer sur les ressemblances entre les compos, la facilité des mélodies ou la construction archi-prévisible des morceaux... mais là c'est de l'abus caractérisé. Toi aussi, dis non à Michelle Darkness.


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