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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Bob "El Butcho"
(chant)

-Manu
(guitare)

-Fred
(guitare)

-Pendule
(basse)

-Keuj
(batterie)

TRACKLIST

1)Sam 2
2)Cupide
3)Of Radio Basket
4)Clash
5)Www.a/grave/pas/mon/k@
6)Hardcore 100 % Fluor
7)Veliki Cirkus
8)Egalamonego
9)Sofa Masta
10)Tambata
11)Dead Man (is A Good Man)
12)New Brutal Fonk
13)New Brutal End

DISCOGRAPHIE

Watcha (1998)
Veliki Circus (2000)
Mutant (2003)
Phénix (2005)
Falling By The Wayside (2007)

Watcha - Veliki Circus
(2000) - néo metal - Label : Sony BMG



Les tournées et le premier album avaient commencé à faire apparaître le groupe dans la presse et alimenté le bouche à oreille. Watcha avait indéniablement un son, et il était temps de savoir si les espoirs allaient être confirmés ou pas. Veliki Circus arriva donc et emporta le morceau pour une grande majorité de fans, plaçant Watcha dans le cercle fermé des "grands" du néo français. Veliki Circus, dernier album clairement néo avant le virage mélodique de Mutant et Phénix, doit-il être pour autant considéré comme le meilleur album de la bande? Pas sûr…

Ca commence en tout cas fort bien : le label "Sam" reste un label de qualité et l'enchaînement des riffs néo et des ambiances éthérées du deuxième volume de la saga fait mouche. Le titre est un poil trop long, mais on y découvre un Butcho dont les hurlements sont encore plus violents qu'auparavant et au flow toujours aussi technique, et il confirme son statut de beugleur plus qu'honorable dans "Cupide" sur lequel il se lâche totalement. La compo est taillée pour lui : le fond dissonant et Kornien des couplets, renforcés par de judicieuses arabesques de guitare, lui permet de libérer cette folie vocale qui est son trademark. Diction impressionante, modulation constante, c'est du très sérieux que le chanteur nous balance ici. Et il n'est pas le seul : il suffit d'un break de fou pour que la section rythmique Pendule/Keuj se pose une fois pour toutes comme l'équipe hors-normes qu'elle ne cessera jamais d'être. Et de plus le son est parfait de lourdeur et de puissance…

Ce n'est au bout de quelques titres que cette mécanique bien huilée commence à se gripper : on avait trippé sur le catchy "Of Radio Basket" et le délire "Www_a_grave_pas_mon_k@" (parodie de Pleymo?), mais on avait noté au passage que le riff de "Clash" commençait à sentir le réchauffé malgré quelques surprises en milieu de titre… Car le problème de Veliki Circus apparaît rapidement, et il s'agit des riffs de guitare. Ceux-ci deviennent rapidement redondants, et un titre comme "Hardcore 100% Fluor" n'est pas sauvé par le flow de Butcho tant les riffs sont plats. Ce défaut n'est évidemment pas omniprésent, et le titre précédemment cité propose d'ailleurs en son milieu un passage electro-technoïde très réussi. Mais Manu et Fred semblent régulièrement à court d'inspiration quand il s'agit de balancer du riff néo jumpy, peut-être justement à force vouloir se cantonner dans ce registre.

Veliki Circus est un album inégal selon les directions privilégiées : quand le groupe part dans des délires rythmiques et vocaux il est particulièrement balaise. Le morceau-titre sur lequel Butcho chante en yougoslave est une enfilade d'idées dont les trois-quarts sont géniales (ces interventions orientales!) et le dernier quart convenu, ce qui est dommage. Attention, que ce soit bien clair : Veliki Circus ne contient aucun mauvais morceau, et reste un album de néo bien au-dessus de la mêlée grâce à pas mal de compos clairement mortelles. C'est juste qu'une certaine lassitude finit par s'installer quand on entend encore un riff de néo sans originalité coincé entre deux passages super réussis.


Le groupe conserve un certain nombre de ponts forts : les passages ambiancés et calmes comme ceux délirants et expérimentaux sont systématiquement bons, et le groupe cartonne carrément quand il se la joue catchy et entraînant à outrance comme sur "Sofa Masta". Mais il reste trop commun dans d'autres exercices, comme sur l'insipide "Tambata" dont les riffs pourraient sortir de n'importe où. Veliki Circus souffle donc le chaud et le froid, et reste pour moi l'album le plus déstabilisant de Watcha par sa propension à m'enthousiasmer à un moment pour m'ennuyer celui d'après. La transition abordée vers Mutant apparaît donc salvatrice a posteriori, car Veliki Circus prouve deux choses : Watcha était déjà un bon groupe, mais en ce qui concerne le néo direct ils avaient fait le tour de la question.


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