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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Bob "El Butcho"
(chant)

-Manu
(guitare)

-Fred
(guitare)

-Pendule
(basse)

-Keuj
(batterie)

TRACKLIST

1)X-mass
2)Méchant Flou
3)Concrete Lie
4)A Qui La Faute
5)Sam
6)Kayanamasha
7)Indigestion
8)Masadaboom
9)Machine à Sang
10)H H I I V H I I I V I
11)Tout Pourrit
12)Paranoia
13)Fun At All
14)Elle Dort

DISCOGRAPHIE

Watcha (1998)
Veliki Circus (2000)
Mutant (2003)
Phénix (2005)
Falling By The Wayside (2007)

Watcha - Watcha
(1998) - néo metal - Label : Sony BMG



Alors que le clip d'"Un Jour" passe sur M6 et que Watcha remplit aujourd'hui les salles un peu partout en France, il est bon de revenir sur ce premier album qui a tout lancé. Bien que ce soit Veliki Circus qui ait définitivement assis le groupe parmi les leaders du néo français, c'est en effet ce premier effort qui a commencé à alimenter le buzz. On se rappelle de cette pochette rigolote squattait les pages pub de nos magazines préférés à l'époque de la création du label Wet, créé pour soutenir Watcha et Artsonic. Alors, qu'en était-il, de ce "phénomène" Watcha?

En tout cas, le jeune groupe de l'époque avait réussi à se dégoter un son assez impressionnant pour un premier album. Guitares puissantes, basse qui ronfle déjà pas mal, prise de chant nickel, batterie sans souci… Ca aide toujours pour commencer. Le néo tel que Watcha le pratique sur cet opus est assez complexe et alambiqué, et au final pas si facile d'accès que ça… Prenons "X-Mass" : le flow rappé mélodique d'El Butcho et les premiers riffs groovy sont assez directs, mais au bout d'une minute vingt ça commence déjà à partir en break! Et un break qui met en avant ce qui restera une des caractéristiques fondatrices de Watcha : ce côté rythmiquement cinglé que pas mal de groupes français dans leur ensemble semblent tellement affectionner (pensons Eths). Keuj et Pendule mettent ainsi un point d'honneur à brouiller les pistes, décaler le temps, casser le rythme sans cesse, à l'image de la fin du titre cité qui tourne presque à la démonstration… Et les exemples de ce type pullulent sur l'album.

Quant au chant d'El Butcho, les gens qui ont découvert Watcha avec Phénix ou Mutant auront une grosse surprise : même si l'homme balance déjà du chant clair maîtrisé, notamment dans "Méchant Flou", ce style reste assez exceptionnel. Bob rappe, hurle pas mal (et fort bien), mais chante peu. Il n'a pas encore développé cette folie vocale, ce constant enchaînement de techniques de chant qui deviendra sa marque de fabrique ensuite… Mais il peut déjà se prévaloir d'un flow ravageur, en français comme en anglais vu que Watcha fait encore du 50/50 à cette époque. Les riffs sur lesquels il évolue rappellent parfois Pantera ("A Qui La Faute") ou Lofofora ("Méchant Flou"), mais ces passages bourrins savent être enchaînés à plein de choses différentes : les soudaines ambiances Korniennes de "Sam" sont saisissantes, et "A Qui La Faute" dans des accélérations disco-thrash totalement jouissives.

Premier album de Watcha égale premier épisode de l'aventure Sam. Cette saga est un label de qualité en soi, et il faut dire que cette compo impressionne tant elle concentre tout ce que Watcha sait faire de mieux. Section rythmique en délire (cette basse!), riffs constamment réinventés, chant furieux, passages calmes pétris de groove… Miam! "Kayanamasha" fait aussi bien mal, entre une partie hip-hop ambiancée très réussie et une fin tribale qui arrache. Dommage que ce ne soit qu'un intertitre… On retiendra aussi "Indigestion" et ses brutales cassures entre power-thrash, néo et hip-hop, avec un El Butcho qu'on a rarement entendu aussi violent. La maîtrise affichée par le groupe est presque insolente, et se confirmera dans l'album suivant.


Ce premier album est donc une bonne réussite, révélant un niveau conséquent et un sens du groove et de la syncope qu'on ne retrouve pas si souvent que ça. Le seul reproche qu'on pourra faire à cet opus (à part quelques influences pas assez digérées) est que la recherche rythmique permanente a tendance à parfois casser la dynamique des chansons, voire de l'album. "Machine A Sang" enchaîne des couplets hallucinants de groove et des parties mosh vraiment balèzes mais ne cesse de s'arrêter, puis reprendre, puis changer, puis repartir… On s'y perd un peu et c'est dommage, même si c'est impressionnant. Ce côté décousu nuit parfois au plaisir d'écoute car l'album est moins fluide qu'il pourrait l'être… Pour un premier album tout ça reste particulièrement réussi et envoie le bois une fois l'album apprivoisé (comptez plusieurs écoutes). Chaudement recommandé!


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