1561

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 26 janvier 2008
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-ATF Sinner
(chant+guitare+claviers)

-Destroyer
(guitare)

-Mortifer
(basse)

-Hexen
(batterie)

TRACKLIST

1)Metamorphosis
2)Thredony
3)Immum Coeli (Everlasting World)
4)Catharsis
5)Resurrection Machine
6)The Evangelistic Pain
7)Omega
8)Erased

DISCOGRAPHIE

Morphosis (2008)
Solarflesh (2013)
Crusade:Zero (2015)

Hate - Morphosis
(2008) - death metal - Label : Listenable Records



Une école de metal extrême serait-elle en train de voir le jour en Pologne ? Ce pays qui, malgré une scène underground très active, ne fait pas vraiment parler de lui à l’international sorti des pointures que sont Vader ou Decapitated, nous offre en ce moment des œuvres de qualité et empreintes d’une identité propre. Qui sait si on ne parlera pas un jour de Polish death metal comme on le fait pour certains groupes venant de Scandinavie ou de Floride ?

Car indéniablement, il y a un air de famille entre les différentes formations du pays telles que Vader, Crionics et Hate. Outre les points communs inhérents à tous les groupes officiant dans le domaine du metal extrême, on trouve de troublantes similitudes. La production, tout d’abord. Comme si une vraie signature sonore enveloppait ces groupes, ceci étant dû entre autres à des lieux de productions réputés là-bas comme le Hertz Studio, bien connu de - entre autre - Vader. Ensuite, la façon de chanter. Difficile à définir sur papier, il s'agit d'une voix qui serait un croisement entre l’école Nord Européenne et celle des États-Unis des années 90. Pas un growl très grave et profond, plus médium mais pas hurlé : un style de chant qui tire le meilleur de son environnement pour s’affirmer.

Et puis si on rapproche Crionics et Hate, on constatera une utilisation judicieuse des claviers (même si Hate en fait un usage très léger) qui agissent non pas en tant qu’élément harmonique, mais bien comme générateur d’ambiances glauques et vaguement electro. Et enfin, cette atmosphère qui oscille entre des tempos frénétiques et des passages plus heavy, mais qui ont en commun la lourdeur qui s’en dégage. Même les passages les plus rapides à coup de blast-beats gardent une réelle puissance pachydermique. Voila donc ce qui caractérise un nouveau mouvement (même s'il n'a rien de révolutionnaire), venu de ce froid pays qu’est la Pologne et dont on ne peut espérer qu’une chose, c’est que ça continue comme ça.

Attardons-nous maintenant sur ce Morphosis de Hate, qui regroupe bien sûr les caractéristiques évoquées plus haut. Pas la peine de donc de vous en refaire le menu, il reste donc à insister sur la qualité de la galette. Les guitares sont puissantes et racées, la voix intelligemment posée et la batterie, même si la grosse caisse semble triggée comme une cochonne, donne une puissance impressionnante à l’ensemble. C’est que mine de rien, Hate à de la bouteille. Créé en 92, le groupe a déjà pas mal de productions à son actif, et avec deux albums chez Listenable dont le mythique (le mot est un peu fort, soit) Anaclasis qui avait enthousiasmé la critique. Il n’est en tous cas pas trop tard pour découvrir le groupe avec ce Morphosis de très bonne facture.

Entre "Immun Coeli" et son rythme hypnotique, "Catharsis" et son riff headbanguant à mort, "Resurection Machine" et "Angelistic Pain" avec leur petit air à la Fear Factory en passant par "Omega", qui alterne blast furieux et passages plus lents, Morphosis ne ménage pas son auditeur durant les respectables trente-huit minutes que dure l’album. Un voire deux titres en plus n’auraient pas été malvenus, mais la taille ne fait pas la qualité – n’en déplaise à ces dames – et il y a largement de quoi faire avec cet opus pour être comblé. On regrettera le dernier titre "Erased" qui peine à convaincre (c’est dommage pour un dernier titre) avec son tempo ralenti et sa rythmique plus heavy metal que death metal, mais on sait bien qu’en ce bas monde rien n’est parfait.


Les Polonais de Hate méritent donc qu’on leur accorde un peu d’attention, même si l’auditeur noyé sous le flot des productions actuelles ne verra peut être pas de raison de choisir cet album plutôt qu’un autre. De raison il n’y en a en effet pas des milliers, mais une seule : Morphosis est un album de death racé, bien joué, efficace et entraînant : ça ne vous suffit pas ?


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4