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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 19 janvier 2008
Sa note : 16/20

LINE UP

-Robert Stjänström
(chant+guitare)

-Jonas Rörling
(guitare+chœurs)

- Andreas Gerdin
(claviers+chœurs)

-Kahl Helmmer
(basse)

-Tomas Nilsén
(batterie)

TRACKLIST

1)Elite
2)Through The Looking Glass
3)Rogue World Asylum
4)Rise
5)I Know The Reaper
6)Hate
7)Ghost (Beneath The Surface)
8)Seventeen
9)Ronin
10)Oki Kumas Adventure
11)Reanimator (March Of The Undead III)

DISCOGRAPHIE

Deus Ex Machinae (2004)
Redeemer (2006)
Overworld (2008)

Machinae Supremacy - Redeemer
(2006) - inclassable SID métal - Label : Spinefarm




Les Suédois de Machinae Supremacy avaient prouvé avec leur premier album Deus Ex Machinae qu'ils étaient plus que des amateurs. Au départ autoproduit par le groupe et sorti sur leur propre boite de diffusion Hubnester, Redeemer se voit remixé et remasterisé au Studio Fredman et sort dans les bacs un peu partout en Europe. Qu'en est-il de l'évolution des geeks amateurs de metal et de sons oldschool ?


Première constatation globale : une utilisation globalement moins importante du SID (Sound Interface Device) générant ces fameuses sonorités vintage, pourtant chères au groupe et à leur fans (le single "Through The Looking Glass" en est totalement dépourvu). Le groupe garde néanmoins son identité musicale mêlant heavy, rock, pop et fait même une incursion du côté du néo metal, ponctuée par les interventions du fameux chipset de C64. La recette reste donc identique de ce côté. De leur côté, les parties orchestrales ont quasiment disparu. Le résultat se traduit par des titres plus rentre-dedans mais globalement moins épiques. Autre évolution non négligeable: le son. Si la méthode Do It Yourself utilisée jusque là par le groupe était de qualité, le travail de Fredrik Nordström apporte un grossissement bénéfique au niveau des guitares, parfois au détriment d'autres éléments sonores plus en avant sur la version originale, notamment du SID. La batterie est quant à elle généralement plus en retrait.

Si ce remaster réhausse certains titres ("Hate", "I Know The Reaper", "Through The Looking Glass"), il en dessert d'autres ("Oki Kumas Adventure"). On notera aussi le fait que la tracklist a été modifiée : l'ordre des titres change et quatre morceaux présents sur l'édition originale ("The Cavern of Lost Time" "Fury", disponible sur le site du groupe, "Prelude To Empire" et le pourtant superbe "Empire") ont été supprimés et remplacés par un titre inédit ("Ghost"). Dernier aspect du groupe ayant évolué : le chant. Non, la voix de Robert Stjänstrom n'a pas changé : elle garde toujours ce timbre nasillard, mais le chanteur a fait de nets progrès vocaux depuis DXM; en résulte un chant plus maîtrisé et moins rebutant qu'il pouvait l'être sur le premier album.

Le groupe évolue aussi sur le plan musical. Les titres sont globalement plus directs et plus pop dans leurs approches et leurs structures que sur le premier album. Ainsi, le titre d'introduction "Elite" ne fait pas de fioritures et plonge directement l'auditeur dans le disque à grands coups de blast-beats. À contrario, le single "Through The Looking Glass" amène les choses avec douceur, par le biais d'une mélodie simple au piano. Ce titre renoue quelque peu avec le passé du groupe, notamment de son goût pour les soli de guitares. "Rogue World Asylum" montre des réminiscences du titre "Deus Ex Machinae" sur l'album éponyme avec un break au riff jumpy à souhait. "I Know The Reaper" rappelle quant à lui le côté positif et optimiste de la musique de Machinae, tandis que "Ronin" semble de par son titre et ses sonorités asiatiques, être la suite de "Ninja", sur le précédent opus. Quid des évolutions, donc ?

Dans la même optique que le morceau "Elite", "Seventeen" est rentre-dedans. Le SID est de la partie et soutient l'agressivité du titre de la plus belle manière. "Hate" et "Ghost (Beneath The Surface)" montrent un virement du groupe vers un néo metal réussi, de par les sonorités ("Hate") ou les riffs ("Ghost"), auxquels viennent s'ajouter des synthés du plus bel effet. Deux derniers titres de l'album, "Oki Kumas Adventure" et "Reanimator" montrent une prise de direction bien différente des autres morceaux. Du SID à foison pour le premier, un retour vers des paroles fantaisistes (les aventures d'un ours en peluche qui sauve le monde) et la présence d'Erika Öberg, chanteuse du groupe Inja. "Reanimator" est quant à lui l'opposé du titre précédent. Lent, glacial et mélancolique. Mélancolique est peut-être la plus grosse nouveauté chez Machinae Supremacy. Une nouveauté que le groupe maîtrise parfaitement et qui s'annonce très prometteuse.


Redeemer est une évolution intéressante venant des Suédois, autant au niveau musical qu'au niveau du son. Résultat de cette volonté d'évolution, l'ensemble manque au final d'homogénéité et certains titres ("Rise", "Ghost") sont plus faibles que la moyenne. Il est aussi à regretter l'absence des titres de l'édition originale (disponible via le site de merchandising du groupe), faute que l'on doit plus incomber à Spinefarm qu'au groupe. Reste à voir quelle direction le groupe aura choisi pour son troisième album, Overworld, prévu pour le 13 février 2008.


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