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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2008
Sa note : 10/20

LINE UP

-Joel
(chant)

-Kile
(guitare)

-Jeff
(guitare)

-Bob
(basse)

-Brian
(batterie)

TRACKLIST

1)In The First Degree
2)Break The Silence
3)Mirrored Human
4)Truth Within
5)A Moment Of Clarity
6)This Machine Runs On Empty
7)The Unloved
8)Maker
9)Inhale Exhale
10)See Through

DISCOGRAPHIE


Bloodjinn - This Machine Runs On Empty



Bloodjinn, tonique ? (Ce jeu de mot honteux vous est présenté par Lucificum, ne pas reproduire sous peine d’un gros tas d’ennui dont le moindre sera l’humiliation qui s’ensuivra inévitablement). Une fois que vous aurez fini de rire à gorge déployée, je pourrais vous présenter ce groupe fraîchement débarqué sur nos platines et dont l’ambition affichée est de faire se rappeler au monde que les Américains ne font pas que manger des BigMac et lancer des bombes un peu partout : ils font aussi du gros metal qui tache.

Bloodjinn va à coup sûr être une découverte pour la majorité d’entre vous, et ce même si le groupe a déjà trois albums au compteur qui n’ont jamais été distribués en France (ou alors en import US/Canada). En un sens, on aurait préféré que ça soit là leur première galette, ainsi la marge de progression aurait sans doute pu être plus grande. Parce que si This Machine Runs On Empty n’est pas un mauvais album, ça n’en est pas non plus un bon. La faute, disons le tout de go, vient en grande partie de ce dénommé Joël, chanteur/hurleur de son état, qui nous gratifie d’une performance tout à fait pénible durant les quarante-six minutes que dure l’album. En fait, c’est un peu plus pervers que ça : et c’est là que je vous présente le concept de « l’album à consommer avec modération ».

Parce que l’écoute répétée de This Machine Runs On Empty a mis en lumière un phénomène propre à ce genre de chanteur qui tire son inspiration de la frange extrême de la sphère neo-metal, à savoir une voix écorchée et à bloc constamment. Et c’est bien là le problème. Prenez un titre sur les dix que compte cet album et écoutez-le : il y a des chances que vous headbanguiez et que vous vous sentiez obligé de pondre un commentaire abscons du genre de « ah ouais, eh, ça tabasse, ton truc là ». Et vous aurez raison. Par contre, laissez la platine tourner et au bout d’un moment, vous vous plaindrez d’écouter la même chanson depuis un quart d’heure. Et vous aurez presque raison aussi.

Voilà, la substance de l’album est résumée. Évoquer la forme (les guitares incisives, les changements de rythme constants, le niveau technique élevé, la volonté de privilégier ce côté sautillant et énergique plutôt que la violence brute) serait presque superflu tant l’horripilante prestation de Joël ne donne pas envie de réécouter cet album. Il n’aurait pas fallu grand-chose pour briser cette monotonie : un peu de growl, de chant clair (on en trouve un tout petit peu, sur "See Through", par exemple), voire un peu de doublage par moment, mais non – rien n’y fait. En plus d’être monocorde, le chant est par endroit sous-mixé, et paradoxalement, le fait de moins l’entendre le rend d’autant plus énervant.

Bref, fort dommage de ne pas faire preuve d’un poil d’originalité, quand les exemples de groupes de la même catégorie que Bloodjinn n’hésitant pas à varier le chant abondent et rencontrent un certain succès (Despised Icon, entre autre). D’autant plus dommage que le groupe sait nous réserver de très bons moments comme sur "A Moment Of Clarity" ou "This Machine Runs On Empty", deux titres très efficaces, ou encore "Break The Silence" et son influence mélodique – influence qu’on retrouvera ici et là sur l’album. Et ce n’est pas l’apport d’une guitare acoustique – bêtement placée uniquement en fin de chanson (sur "Truth Within" ou "See Through") – ni les solos de bonne facture (sur "Inhale Exhale" par exemple) qui vont radicalement améliorer les choses.


Non, vraiment, on aurait aimé que le chant fasse preuve de bien plus d’ambition. Joël sait hurler, il hurle, hurle et hurle encore, et quels que soient les efforts déployés par le reste du groupe, l’écoute de l’intégralité de This Machine Runs On Empty reste laborieuse. Si l’album avait été complètement mauvais, son titre (Cette Machine Tourne à Vide) aurait été une invitation à démolir l’album, mais la section instrumentale sauve largement les meubles. Et donc, comme un bluejean (aha) trop grand, on l’essaie, on se regarde dans la glace avec et puis on décrète que ça ne nous va pas et on ne l’achète pas.


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