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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été mise en ligne le 26 décembre 2007
Sa note : 10/20

LINE UP

-André Linman
(chant+guitare)

-Alexander Ivars
(guitare)

-Jesper Velroos
(claviers)

-Henrik Kurkiala
(basse)

-Calle Fahllund
(batterie)

TRACKLIST

1)Broken
2)Talking To Silence
3)Forever
4)Rising Son
5)The Raven
6)Indian
7)Learning To Rock
8)Fly Away
9)Mortals
10)Miseria

DISCOGRAPHIE


Sturm Und Drang - Learning To Rock



L’inspiration, il me faut l’avouer, n’est pas à son paroxysme à l’heure où cet article doit s'extirper de sa page blanche. M’est avis que vous allez avoir droit, en guise d’introduction, à une petite explication sur les origines du nom du groupe. Sachez donc que « Sturm Und Drang » est, originellement, le nom donné à un mouvement politico-littéraire allemand de la fin du XVIIIème siècle, préfigurant l’avènement du Romantisme. Voilà.

« Ainsi se profile, vous dites-vous peut-être, un groupe d’intellectuels torturés vivant le mythe schopenhauerien du philosophe-artiste dans toute sa démesure.» Perdu, la moyenne d’âge de Sturm Und Drang est de 15 ans – Tokio Hotel, tu es has-been -, et loin de chercher à établir un lien entre l’activité théorique de la pensée et l’expérience de l’être, ces jeunes finnois nous proposent un heavy-metal mélodique très largement inspiré des premiers Sonata Arctica, autrement dit de Stratovarius, autrement dit de Malmsteen et Helloween, autrement dit de [continuer la liste]. Un titre d’album judicieusement choisi, comme pour solliciter votre indulgence, car si l’interprétation est correcte, l’inspiration, elle, fait défaut. Un peu comme dans l’introduction ci-dessus.

"Broken", "The Raven", ou "Talking To Silence" font revivre le power mélodique finnois des années 1990, avec ses leads simplexes, ses duels claviers-guitare, ce clavecin, ces refrains catchy. N’étaient la voix et l’accent peu maîtrisés d’André Linman, il serait bien difficile de juger de l’âge des musiciens ; les chansons sont certes plutôt plates, textuellement au ras des pâquerettes, mais nos enfants sont facilement dans la moyenne de ce qui se fait dans le style. "Forever", au lieu de mettre les pieds dans le plat, tente littéralement le fosbury dans la soupière : un véritable condensé de clichés auditifs. Mais si le public de Sturm Und Drang se situe dans la même tranche d’âge, et c’est le cas, nous pouvons deviner quel est le prochain groupe de jeunots qui fera sensation. Vous pouvez prendre les paris (l’album est déjà #3 dans les charts en Finlande).

C’est parfois indécent. L’industrie musicale repousse les limites inférieures de l’âge des combos qu’elle expédie sur la scène, on frise l’obscénité. Mais qui, dans la cible visée, saura reconnaître Stratovarius dans "Broken", les tout premiers Edguy dans "Learning To Rock", AC/DC (et donc The Darkness, oh là là) dans "Mortals" ? Qui, parmi les jeunes filles en fleur constituant les premiers rangs des futurs concerts du groupe, osera détourner son regard embué et adorateur du jeune Dédé (« il é tro bô, koi… ») pour se poser la question de l’originalité et de la réelle valeur du groupe ? Qui s’apercevra que "Indian" et "Miseria" sont des ballades ridicules ?


Un point positif tout de même : Tokio Hotel pour le glam-rock, Sturm Und Drang pour le power-metal… Normalement le grind devrait faire son entrée dans le Top 50 en 2008.


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