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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 22 décembre 2007
Sa note : 9.5/20

LINE UP

-Nathan
(chant+guitare)

-Daniel
(basse)

-Brad
(batterie)

TRACKLIST

1)The Difference Engine
2)Eyeballing
3)Outside
4)Mirror-Image Ritual
5)Made Of Beasts
6)Gangrene. Purulence. Impact.
7)A Wound That Never Heals
8)New Quest
9)This Has Nothing To Do With Apathy

DISCOGRAPHIE


Dam - The Difference Engine
(2007) - death metal black metal - Label : Candlelight



Hum. Dam (le mot hébreu pour «sang») semblait jusqu’alors être un de ces groupes dont franchement, on n’a rien à taper. Après trois démos qui sont passées aussi inaperçues que l’homme invisible une nuit de brouillard et un premier album dont on se demande s’il a franchi les frontières de l’hexagone, voici nos anglais de retour, toujours chez Candlelight, pour leur second album. Qui, parti comme il est, ne va sans doute pas provoquer de révolution, ni même un petit remous dans le milieu du métal extrême.

Pas vraiment que Dam soit un mauvais groupe : The Difference Engine s’écoute sans déplaisir mais sans passion non plus. L’impression d’avoir déjà trop entendu ce mélange de death-metal tirant sur ses influences nordiques et de black/thrash un peu cradingue et barré rôde à proximité des oreilles de l’auditeur. La production de l’opus est délibérément baveuse, perdant en dynamique ce qu’elle gagne en primitivité, pour le meilleur ou pour le pire : c’est selon. On notera assez vite l’influence de leurs ex-confrères de Carcass, tant au niveau de la voix death/black que de certains riffs (surtout celui de "Mirror – Image Ritual", à la limite de la repompe).

Le reste, on le devine, est à l’avenant : entre des passages un peu plus furieux ("Made Of Beast") et d’autres plus lourds ("Outside"), la variété dont tente de faire preuve Dam se perd dans le manque de diversité des compositions, se mélangeant à l’écoute dans une espèce de flou pas très artistique où l’on perd vite tout repère. Le manque de branches auxquelles se raccrocher aura tendance à décourager l’auditeur de passage qui s’attendait à une bonne baffe ou à une révélation. Pourtant, Dam sait se montrer accrocheur comme sur "Outside", qui une fois n’est pas coutume, développe une réelle atmosphère avec des passages lourds et enivrants, assortis de riffs mélodiques tout à fait savoureux.

Ce bref répit dans la mélasse difficilement digeste de The Difference Engine ne sera pas suffisant et l’instrumental "New Quest" ne vient pas en renfort, déballant ses mélodies peu inspirées durant plus de quatre minutes. "A Wound That Never Heals" alterne enfin avec intelligence passages brutaux et moments plus heavy – qui une fois de plus font penser à du Carcass – et on retiendra aussi "This Has Nothing To Do With Apathy" qui, malgré son nom, se veut lourde et pesante, pas très loin d’un Cathedral ou d’un Bethlehem, bien mis en valeur pour une fois par les cris de dément de Nathan Underwood. Le reste peinera à convaincre totalement et on restera sur une impression étrange à la fin de l’écoute, comme après avoir fait un rêve vaguement désagréable dont on ne se souvient plus bien mais dont on aimerait avoir la suite.


C’est ainsi que The Difference Engine rejoint la horde grouillante des albums dispensables qui, du tréfonds de leurs abysses surpeuplées, hurlent pour qu’on pose une oreille sur eux et supplient qu’un auditeur daigne se pencher sur leur ronde galette. Le plus probable étant pour cet album, après une courte lutte pour surnager, un oubli irrémédiable et une noyade dans l’immense Légion des Albums Moyens.


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