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CHRONIQUE PAR ...

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Dr Gonzo
Cette chronique a été mise en ligne le 14 décembre 2007
Sa note : 17/20

LINE UP

-Phil Anselmo
(chant)

-Pepper Keenan
(guitare)

-Kirk Windstein
(guitare)

-Rex Brown
(basse)

-Jimmy Bower
(batterie)

TRACKLIST

1)Three Suns And One Star
2)The Path
3)N.O.D.
4)I Scream
5)On March The Saints
6)Never Try
7)Mourn
8)Beneath The Tides
9)His Majesty The Desert
10)Pillamyd
11)In The Thrall Of It All
12)Nothing In Return (Walk Away)

DISCOGRAPHIE


Down - III - Over the Under
(2007) - hard rock stoner boueux et sudiste - Label : Roadrunner Records




Après plusieurs années de silence, Down sort finalement son troisième album, subtilement intitulé Down III, et l’on pourra dire sans exagérations qu’il était attendu comme le messie, ou presque. Sombre et massif, cet opus ne fait pas dans le détail, ravira les fans, et rassemblera les amateurs de rock sableux et de metal lourd grâce à une production qui a su trouver l'équilibre entre roots et rentre-dedans, léché, et couillu.


Phil Anselmo et sa bande ne sont pas très contents. Dimebag Darrell est mort sans prévenir personne, et l’ouragan Katrina a fait un peu de dégâts dans le sud des Etats-Unis. Over The Under est donc là pour nous dire qu’ils sont revenus pour botter des culs parce qu’ils sont très fâchés. Ainsi, l’album s’ouvre sur "Three Suns And One Star" et un riff bien pataud pourvu d’un break qui swingue. Le chant annonce la couleur : des cris rauques, des couplets scandés façon Ozzy Osbourne passé à la moulinette thrash, avec quelques pointes grungy. Il restera assez typique, soumis à quelques effets bien choisis, mais ne prendra pas de risques faramineux. Au programme, efficacité et brutalité. C’est à se demander ce que foutent dans l’artwork les références alchimiques –peut-être se sont-elles perdues en route.

Bon, commençons par le plus évident histoire d’être débarrassé ensuite. L’influence certaine de Black Sabbath (le vrai hein, celui d’avant le gnome dégarni). Musique lourde, thèmatique pas super folichonne, rythmique chargée et break groovy, instruments sous-accordés, pas la peine de faire un dessin. Et tant qu’on y est abordons dans la foulée le morceau qui fâche: "His Majesty The Desert", qui ressemble à une mauvaise parodie de "Planet Caravan" (sur Paranoid, pour les deux du fond qui ne suivent pas) avec guitare en son clair piquée a Santana en bonus. Laisser ses couilles encore fumantes au placard pour montrer qu’on sait aussi apprécier les couchés de soleil les soirs d’été, pourquoi pas. Encore faut-il être inspiré pour ça, et savoir vraiment apprécier les couchés de soleil les soirs d’été.

Oublions donc cette vilaine chanson qui aura cependant le mérite d’enchaîner avec "Pyllamid", piste quelque peu rentre dedans, distillant un parfum seventies des plus agréables (il y a aussi, la très réussie "In The Thrall Of It All"), car ne sentant pas trop le grenier mal aéré pour une fois. Comme sur le reste de l’album, ce parfum sait se faire discret, apportant une touche nostalgique subtile (oui, j’ai casé « subtil » dans une chro de Down) qui ne sonne pas faux. Et c’est heureux, car la production boueuse, pesante à souhait n’est pas seventies une seule seconde ; le contraste n’en aurait été que plus déplaisant. Non, ici Down assume sa parenté tant avec le stoner qu’avec le thrash et pose ses testicules gonflés sur les oreilles de l’auditeur. On est dans le lourd, on frôle le pachydermique parfois, on est un peu tristounet aussi, il faut bien le dire, et pourtant, on n’est pas dans le doom non plus ; quelques casse-couilles aimeraient parler ici ou là de Sludge Metal, mais au diable ces sous-genres à la noix.

Parce que Down, c’est de la musique de mecs, de vrais, de tatoués. Comme dit plus haut, elle est là pour botter des culs, parce qu’elle est pas de très bonne humeur ce matin. Cette roublardise (pour ne pas dire beauferie assumée) nous rappelle que l’influence du rock sudiste n’est pas là par hasard et s’assume. Prenons-en pour preuve "Beneath The Tide", joli morceau stoner dégoulinant d’une wah épaisse et d’un phaser obscène qui ose un solo en slide évoquant immanquablement Lynyrd Skynyrd et autres Allman Brothers Band (en un peu plus méchant tout de même) Ainsi, cette filiation dans la testostérone et la southern attitude rapprochera cet album des productions récentes de Zakk Wylde, mais aussi de groupes plus poussiéreux tels que Goatsnake.


Down troisième du nom ne décevra en somme que peu de monde – l’amateur de disco risquera peut-être de ne pas y trouver son compte. Efficace, et inspiré (enfin, on se comprend), le groupe a réellement quelque chose à dire et sait y mettre la forme. La production très « in your face » et un poil monolithique peut lasser sur la longueur d’un album, mais c’est très à la mode en ce moment. Gageons que dans quelques années, avec un peu de recul, la production globale respirera un peu plus.


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