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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Michael Sadler
(chant+claviers)

-Jim Crichton
(basse)

-Peter Rochon
(claviers+chant)

-Ian Crichton
(guitare)

-Steve Negus
(batterie)

TRACKLIST

1)How Long ?
2)Humble Stance
3)Climbing The Ladder
4)Will It Be You ? (chapter Four)
5)The Perfectionist
6)Give 'em The Money
7)Ice Nice
8)Tired World (chapter Six)

DISCOGRAPHIE


Saga - Saga
(1978) - pop prog - Label : Polydor



Dès son premier album, Saga pose les bases de son style, mélangeant pop, rock, progressif, disco, new-wave. Sans le savoir, le groupe contribuera largement à l'émergence des formations de néo progressif au début des années 80, surtout au niveau des claviers. Saga n'a jamais été prise de tête comme du progressif dans le sens où les structures des chansons restent normales (couplet-refrain) et ne s'éparpillent pas dans tous les sens. C'est d'ailleurs pour ça que Saga a rarement été reconnu à sa juste valeur par la communauté progressive, pas assez complexe sûrement.

Au niveau des influences du groupe, on retrouve Supertramp en ce qui concerne les parties de claviers dynamiques et rythmées, ainsi que la production nickel chrome, au quart de poil, et Tangerine Dream pour ce qui est de la recherche de nouvelles sonorités et de l'utilisation de nouvelles technologies dans les claviers. La guitare sonne un peu de la même façon que sur les premiers albums de Toto, c'est-à-dire qu'elle sert avant tout d'accompagnement aux claviers et elle n'est pas orientée "riffs" à proprement parler. D'où un lien évident entre Toto et Saga les deux groupes ont commencé à sortir des albums en même temps, même si Toto adopte une démarche résolument plus rock.

Pour un premier album, Saga frappe très fort puisqu'il s'agit d'un des meilleurs. Mais il n'est pas des plus agréables à écouter pour autant. Les claviers ont vraiment mal vieilli (cf les solos de claviers et l'intro de "How Long ?" dans le style «BO de Space Invaders», le refrain de "Climbing The Ladder" ou la partie instrumentale de "Give 'Em The Money"). Jim Gilmour n'était pas encore aux claviers, c'était Peter Rochon qui occupait ce rôle. Il a été particulièrement actif dans l'élaboration du son de Saga, en co-signant pas moins de cinq chansons. Les refrains sont souvent magnifiques, mais un peu gâchés par ses claviers. Mais c'est Jim Gilmour qui contribuera à moderniser le son du groupe dès son arrivée.
Le guitariste était encore en retrait, il y a seulement un solo de guitare sur "Tired World", c'est tout, et le chant est sous-mixé, il ne dégage pas autant de caractère que sur les albums suivants. Ce n'est qu'à partir de Silent Knight que la voix de Michael Sadler prendra de l'ampleur.

Les nombreux classiques présents sonnent bien mieux dans leurs versions live (sur les deux live In Transit et Detours). Pour les fans ayant découvert ce premier album à sa sortie, j'imagine sans problème la claque qu'ils ont du prendre. Mais avec le temps, et quand on a découvert Saga avec les autres albums, il est assez difficile d'apprécier celui-ci avec autant d'enthousiasme. Pourtant, "How Long ?", "Ice Nice" et "The Perfectionist" font partis des meilleurs titres du groupe. "Ice Nice" aurait pu être la plus belle ballade de Saga. Quel dommage que les solos de synthés viennent gâcher la beauté de ce titre ! C'est un peu le problème de ce disque, les parties instrumentales sont, réussies certes, mais souvent pénibles à l'écoute. Alors que les parties chantées passent bien mieux du fait du retrait des claviers au second plan.


"How Long ?" et "The Perfectionist" assurent toujours la fiesta en live, grâce au chant impeccable renforcé par les guitares un brin heavy (elles le seront davantage après). Idem pour les rythmes reggaïsants de "Humble Stance". Les influences disco se perçoivent surtout sur "Give 'Em The Money". Les arpèges de l'intro de "Climbing The Ladder" sont très proches de ceux qu'utilisera Marillion sur "The Web". Quant aux deux morceaux les plus longs ("Will It Be You ?" et "Tired World"), on peut aisément les rapprocher du progressif ce qui fait que ce premier album est assez complet finalement, plus varié que les deux albums qui lui succéderont.


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