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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Dani Filth
(chant)

-Stuart
(guitare)

-Gian
(guitare)

-Lecter
(claviers)

-Robin Graves
(basse)

-Nicholas Barker
(batterie)

TRACKLIST

1)Once Upon Atrocity
2)Thirteen Autumns And A Widow
3)Cruelty Brought Thee Orchids
4)Beneath The Howling Stars
5)Venus In Fear
6)Desire In Violent Overture
7)The Twisted Nails Of Faith
8)Bathory Aria
9)Portrait Of The Dead Countess
10)Lustmord And Wargasm (The Lick Of Carnivorous Winds)

DISCOGRAPHIE


Cradle Of Filth - Cruelty And The Beast (2)



Cette chronique symbolique est issue de mon côté paladin loyal-bon redresseur de torts. Car même si je sais que l'individu se délecte de recevoir des mails d'insultes de fans outrés, sa chronique de Cruelty And The Beast ne saurait rester la seule présente sur ce site. Je veux bien sûr parler de Bigtonio, l'homme qui a prétendu que Cradle Of Filth avait plusieurs chanteurs, cette boulette ayant provoqué un enchaînement d'évènements funestes résultant en mon arrivée dans l'équipe du site et donc l'écriture de cette chronique. La boucle est bouclée, let's go.

Commençons par le plus gros défaut de ce CD: le son de batterie confine à la grosse blague de collégien. On a peine à y croire tellement c'est raté, la caisse claire sonne presque comme une cymbale! La grosse caisse est audible mais sonne comme un doigt qu'on tambourine sur une table, et les cymbales font prout. Oui, prout. Il fallait le dire. C'est d'autant plus remarquable que les autres instruments bénéficient d'une prod tout à fait potable: guitares efficaces et heavy, basse en retrait mais audible, claviers soignés et prise de chant nickel. Nicholas Barker piquera d'ailleurs une crise justifiée à ce sujet et quittera Cradle peu après pour Dimmu Borgir... Et le son d'Adrian Erlandsson sur Midian sera beaucoup plus proche de ce qu'on peut attendre d'un groupe de ce calibre. Coïncidences...

J'ai dit ce qu'il y avait de décevant sur cet album, je vais donc pouvoir m'atteler à l'avalanche de compliments qu'il mérite. Je ne l'ai pas sur-noté: en fait il n'y a que le son de batterie qui l'empêche d'avoir une meilleure note. Car musicalement on est face à un truc énormissime, une redéfinition du black-metal via un croisement réussi avec le heavy et une subtile touche de goth. Cruelty And The Beast est un album culte, un pilier de l'histoire du black ainsi qu'un tournant significatif dans la carrière de Cradle. Déjà, le line-up de cet album est le plus puissant de l'histoire du groupe à mon sens, en particulier du fait de la présence de Lecter aux claviers. L'intro de l'album et le thème du premier titre en « voix » posent l'Anglais comme un maître es-mélodies et ambiances, bien plus inspiré que son successeur Martin Powell à mon humble avis.

Pour Dani, c'est vite vu: la plupart des gens adorent ou détestent, et j'adore. Les différents registres du hurleur (du death grave au suraigu) sont impressionnants techniquement et en totale adéquation avec sa musique. Concept-album basé sur la comtesse Bathory - qui croyait que se baigner dans le sang de jeunes vierges lui assurerait la jeunesse éternelle - Cruelty And The Beast donne l'occasion au chanteur d'écrire des tartines de textes d'un niveau littéraire très élevé, hurlés/récités avec une diction parfaite. Quand on entend Dani on sent très fortement qu'il raconte une histoire. Pour les compos proprement dites c'est un sans-faute ou peu s'en faut. Le black-metal symphonique de Cradle se voit sur cet album enrichi d'une bonne dose de heavy mélodique d'influence NWOBHM, ce qui a permis aux Anglais de se poser comme maîtres du style « black pompant Maiden » que tant d'autres ont depuis tenté de s'approprier sans succès. Mais à l'époque de cet album c'était totalement nouveau, et ça le reste encore aujourd'hui quand on le réécoute.

Le black est historiquement issu du heavy donc c'est un retour aux sources... Et une réussite ébouriffante. Les transitions entre gros blast-beats et riffs typiquement maideniens se font sans le moindre heurt, la voix de Dani comme les parties orchestrales de Lecter restant miraculeusement pertinentes quelles que soient les variations de la musique, qui garde toujours cet aspect profondément malsain propre à l'univers du groupe. Le titre "Desire In Violent Overture" est une compo monstrueuse: black haineux dans les couplets pour arriver à une partie twin lead de toute beauté, reprise plus tard, réarrangée à l'orgue... Wow. Et toutes les compos sont ainsi, naviguant entre black-metal violent et envolées lyriques et mélodiques, entre agression pure et théâtralité symphonique. C'est un régal à chaque fois, la bande à Dani ayant toujours eu ce don pour enchaîner riffs et ambiances comme autant de perles. "Bathory Aria" est un morceau de bravoure: partie de l'album dédiée au concept porteur, cet ensemble de compos est à la fois épique, construit et incroyablement efficace.


Conclusion: cet album est un accomplissement artistique dont on ne savait pas les Anglais capables. Cradle Of Filth atteindra le statut que l'on connaît grâce à lui et au soutien inconditionnel de la presse spécialisée, bluffée dans son ensemble par la qualité de l'oeuvre. Cradle avait enfin trouvé sa formule miracle et continuera dans Midian, Damnation And A Day puis Nymphetamine cette avancée vers le heavy-metal orchestral à chant black. Mais si ces albums bénéficieront d'un bien meilleur son que Cruelty And The Beast, ils ne retrouveront jamais le génie créateur et la fraîcheur qui caractérise cet album d'anthologie. Indubitablement une référence du genre.


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