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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Ron Royce
(basse+chant)

-Tommy T. Baron
(guitare)

-Marquis Marky
(batterie)

TRACKLIST

1)Die By My Hand
2)No Need To Be Human
3)Read My Scars
4)D.O.A.
5)Mistress Of Deception
6)Tunnel Of Pain
7)Why It Hurts
8)Last Entertainment

DISCOGRAPHIE

R.I.P (1987)
Punishment for Decadence (1988)
No More Color (1989)
Mental Vortex (1991)
Grin (1993)
Coroner (1995)

Coroner - No More Color
(1989) - thrash metal - Label : Noise Records




Coroner fait parti avec Voivod des groupes qui ont contribué à rendre le thrash metal expérimental et davantage musical, moins bas de front que d’habitude. Pratiquant un style hors-norme et unique, ces groupes ont toujours été en avance sur leur temps et incompris du public.


Il faut dire qu'en 1989, le thrash metal était censé être brutal et sans concessions, et seuls des groupes déjà établis comme Metallica et Megadeth pouvaient se permettre de le faire évoluer sans perdre leurs fans. D'autres s'étaient quand même essayés à le rendre plus consensuel, quitte à freiner complètement leur ascension : exemple pris d'Exodus, Testament, Exciter... Alors évidemment, Coroner occupera le statut classique du groupe culte qui vend très peu de disques.

No More Color est une petite merveille de thrash mélodique (si on fait abstraction du « chant » bien entendu !) et inventif, débordant de changements de rythme. Le style de Coroner n'a pas forcément très bien vieilli et la technique des musiciens n'évoquera peut-être pas grand chose à ceux et celles qui se nourrissent exclusivement de productions actuelles. Il faut dire que la qualité du son n'aide pas, on reste dans la moyenne basse du thrash à ce niveau. Honnêtement, quel groupe de thrash, à part Slayer, pouvait se vanter d'avoir un Rick Rubin pour booster sa production ? Pas grand monde, les standards de l'époque étaient médiocres et Coroner n'échappe pas à la règle.

Compte tenu de la réputation du combo suisse, on pouvait s'attendre à une technicité hors-pair. Hormis le talentueux guitariste Tommy T. Baron et ses influences jazz perceptibles, il faut bien avouer que les autres musiciens paraissent bien limités par rapport à ce qui se fait maintenant dans le genre. Mais Coroner se pose en précurseur de ce style ; le « techno-thrash » n'en était qu'à ses premiers balbutiements et ne demandait qu'à s'étoffer.

No More Color repose principalement sur les guitares qui balancent des riffs teintés d'ambiance sombre et malsaine, combinés avec un « chant » pour le moins repoussant, faisant sonner Coroner comme un groupe de metal extrême à l'époque. Et pourtant, si les grognements de Ron Royce excluent toute ouverture mélodique à ce niveau, cette agressivité s'avère on ne peut plus adaptée à l'esprit Coroner... paradoxal, n'est-il pas ? On parle bien de thrash avant toute chose, le chant était obligatoirement atroce dans ce style, il fallait que ça bastonne et que les tempos soient rapides, un point c'est tout !


En cela, No More Color remplit son contrat, tout en s'imposant avec l'originalité en plus, les ambiances qui se suffisent à elles-mêmes et l'absence des traditionnels solos, qui n'apportent de toute façon rien d'autre que du bruit.


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