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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 7/20

LINE UP

-Dennis Ward
(chant)

-Daniele Liverani
(claviers+basse)

-Tommy Ermolli
(guitare)

-Dario Ciccioni
(batterie)

TRACKLIST

1)New Promise
2)Alone
3)Let It Burn
4)Looking for You
5)All That I Have
6)Damage Is Done
7)After the Way
8)You Can't Take Me (Away from You)
9)Tomorrow Never Comes
10)Fields of Fire
11)If You Dare to Dream
12)Give in the the World
13)All Is Gone

DISCOGRAPHIE


Khymera - A New Promise
(2005) - hard FM - Label : Locomotive Records



La notion d'AOR ("Album Oriented Rock") est toujours restée quelque chose dépassant les capacités de compréhension de votre fidèle serviteur, en particulier la signification que ce terme semble avoir pris de nos jours. Il s'agirait, en gros, de faire du rock mélodique, tout en se concentrant sur la qualité de l'album dans son ensemble plutôt que de quelques singles. Intention certes louable, mais un peu paradoxale, sachant que le but de tout artiste devrait être de sortir des albums homogènes et sans véritables failles. Intention qui peut aussi se révéler désastreuse si, comme dans le cas de Khymera, on a l'intention d'assurer la cohérence d'un album en nivelant l'ensemble par le bas…

Par où commencer la description de ce «méfait» (terme pour une fois absolument approprié)? Penchons-nous sur la biographie: Khymera est un projet ayant à l'origine pour but de réunir dans un même super-groupe Daniele Liverani, compositeur du rock-opéra Genius, et Steve Walsh, chanteur renommé du groupe Kansas. Ce dernier n'est plus de la partie sur A New Promise, étant suppléé par Dennis Ward, plus connu pour son rôle de bassiste au sein de Pink Cream 69. Ce qu'on constate déjà, c'est que Dennis assure plutôt pas mal un poste totalement nouveau pour lui, et d'un point de vue purement technique, on pourrait difficilement trouver quelque chose à reprocher à sa prestation.

Il en est de même pour tous les autres musiciens: c'est carré, parfaitement en place, fluide et sans fausses notes. Du point de vue de l'émotion et de l'intérêt des compositions, c'est une toute autre histoire. La composition des morceaux est l'œuvre d'une ribambelle de mercenaires – Robin et Judithe Randall, Don Barnes, Jeff Scott Soto – qui semblent tous s'être donnés le mot: sortir les plans les plus mièvres et les plus clichés, probablement récupérés dans leurs chutes de studio jugées irrécupérables, si ce n'est dans des endroits encore moins ragoûtants. Le court morceau instrumental éponyme qui sert d'introduction ne laisse pourtant pas présager une tournure aussi dramatique des évènements, avec son ambiance assez sombre et presque épique. Mais à partir du morceau suivant, "Alone", tout se gâte et le sourire qui se dessinera sur vos lèvres sera celui augurant d'un rire hystérique, unique mécanisme de défense psychologique devant la nullité incarnée se déversant dans vos pauvres oreilles.

Un seul et unique morceau, "You Can't Take Me", mérite vraiment le détour pour son refrain aisément mémorisable et détonant, et fait figure de chef-d'œuvre par rapport au reste. Le(s) reste(s), c'est des mélodies de clavier à base de trois notes se battant en duel avec des riffs d'une platitude rarement égalée, des ballades bourrées jusqu'à la gueule de clichés fadasses. On se dit qu'on a dû manquer quelque chose, et on essaye de trouver quelque chose qui pourrait sauver l'ensemble, en essayant de se plonger dans les arrangements à la recherche de quelque subtilité (inexistante), et enfin en dernier recours dans les paroles qui sont malheureusement à l'avenant. Donc à moins d'avoir depuis longtemps rêvé d'un disque qui réunirait le pire de Bon Jovi avec un Modern Talking ayant définitivement perdu le sens de la mélodie, ce disque est à éviter.




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