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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Kelly Keagy
(chant+batterie+guitare)

-Jim Peterik
(guitare+basse+claviers)

-Reb Beach
(guitare)

+guests

TRACKLIST

1)I'm Alive
2)Stolen
3)Blink of an Eye
4)When Nobody's Looking
5)Back of Your Mind
6)Life Worth Remembering
7)Re-Imagine
8)World Before and After
9)Where Are We Now
10)Where the Road Ends
11)Everything I Need in a Woman
12)Call in Another Day
13)Half a World Away
14)When Nobody's Lookin'

DISCOGRAPHIE

I'm Alive (2006)

Keagy, Kelly - I'm Alive
(2006) - hard FM - Label : Oarfin



Il paraît que le groupe Night Ranger a connu son heure de gloire aux États-Unis et Wikipedia m'apprend au moment où je tape ces mots qu'il est toujours en activité, mais ce nom ainsi que celui de son batteur Kelly Keagy m'étaient inconnus. Toujours est-il que l 'homme sort son deuxième album solo et que la présence à la guitare de Reb Beach (Whitesnake) fait lever le sourcil... Et ô surprise, l'inconnu Kelly Keagy se révèle un compositeur et un interprète plus que convaincant, et son album une réalisation fort bien sentie de hard-rock mélodique US! Cet opus réussi dans un genre qui tourne en rond depuis des années est d'autant plus sympathique qu'il est inattendu. Parfois, c'est bien de ne pas savoir...

Produit par le maître à bord et son fidèle second Jim Peterik, le son de cet album est très réussi. On déplorera à peine des basses qui auraient pu être un peu plus chaudes et on s'extasiera sur la clarté du tout et la pertinence d'une prod qui respecte totalement le genre abordé (pas d'énorme prod sur du hard à tendance FM comme chez Nickelback) sans être datée ni obsolète. Les compos s'axent autour d'un hard rock très mélodique, qui évolue dans les différentes sphères de ce que les USA ont proposé dans le genre depuis plus de deux décennies maintenant. Pas vraiment de hair-metal ou de glam au sens outrageux du terme, mais une petite collection de titres qui vont de l'AOR à la ballade en passant par pas mal de titres de hard plus pêchus et énergiques. L'importance des refrains est bien évidemment prépondérante car on est dans un sous-genre de métal proche de la pop, mais l'esprit des riffs et les nombreuses (et talentueuses) leads de Reb Beach nous rappellent très vite où on est.

Il faut insister sur ce point car il est important : la voix de Kelly Keagy n'a strictement rien d'exceptionnel. Cet aspect l'isole définitivement de la scène glam de L.A car il n'est nullement question de vocalises de canard aigües dans ce hard US-là : Keagy est un songwriter (et un batteur doué) avant d'être un chanteur et si le chant sur cet album est bon c'est grâce à un art consommé de la ligne vocale. La voix de Kelly est pop avec juste ce qu'il faut de technique pour pouvoir placer un soupçon d'agressivité ou une touche plus émouvante çà et là comme dans "Back Of Your Mind"... et pour décrire l'album dans son ensemble on pourrait parler d'un recueil de singles bien foutus. Ca apporte forcément son lot de guimauve et de formatage, mais le fait est que Keagy maîtrise tellement bien son sujet qu'il nous chope sournoisement par surprise : composer du bon demande du talent dans tous les domaines, et la facilité avec laquelle il transcende le style single pour écrire de vraies chansons est frappante.

Le meilleur exemple de cet « art » est la love-song Life "Worth Remembering". Ce titre est un concentré de pop US puissance 3000, c'est un peu toutes les chansons qu'on a pu entendre dans les scènes mélancoliques de Friends ou Sex And The City... et aussi clichesque qu'elle soit, elle tue. C'est presque immonde : c'est cousu de fil blanc et prévisible à l'extrême depuis le son jusqu'aux mélodies, et pourtant non seulement ça marche mais c'est clairement supérieur au reste de la production évoquée plus haut. Keagy est juste incroyablement fort en mélodies accrocheuses et en dynamique de morceau, et chaque compo d'I'm Alive vient renforcer cette écrasante constatation. C'est entraînant, frais, varié dans le fond comme dans la forme (les morceaux vont de moins de trois à plus de six minutes) et malgré la faiblesse de certains titres popisants comme "Re-Imagine" le tout se tient, d'autant plus que sans être vraiment méchants les moments rocks sont solides.


Sans rien renouveler Kelly Keagy a donc signé avec I'm Alive un opus très équilibré et dénotant d'un réel talent. Les limites posées par le genre choisi (qui permet difficilement une réelle recherche artistique) l'empêchent de jouer dans la cour des grands mais il séduira très certainement les gens qui désespèrent de voir le label Frontiers sortir le même album dix fois par mois. Un bon cru!


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