1391

CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Jonas Renkse
(chant)

-Anders Nyström
(guitare)

-Fred Norrman
(guitare)

-Mattias Norrman
(basse)

-Daniel Liljekvist
(batterie)

TRACKLIST

1) Leaders
2) Deliberation
3) Soil's Song
4) My Twin
5) Consternation
6) Follower
7) Rusted
8) Increase
9) July
10) In The White
11) The Itch
12) Journey Through Pressure

DISCOGRAPHIE


Katatonia - The Great Cold Distance



Trois ans après le très contrasté Viva Emptiness, qui transformait un peu plus encore le style déjà très personnel de Katatonia, voici que débarque le septième album des Suédois, The Great Cold Distance. Toujours empreint de ces sonorités uniques, cet album enfonce le clou plus droitement que son prédécesseur: il s'agit ici du meilleur disque du groupe avec un certain Last Fair Deal Gone Down, fantastique album s'il en est.

The Great Cold Distance porte magnifiquement l'étendard d'un metal atmosphérique racé, sublimé par des rythmiques qui sont devenues au fil des albums la marque de fabrique d'un groupe, certes toujours en marge du mouvement global du metal suédois - il ne s'agit nullement ici de death mélodique, encore moins de death old-school - mais muni d'une estime et d'une intégrité artistique sans faille. Ce qui est bien avec Katatonia, c'est que l'on est sûr de retrouver ces signatures de guitares à la fois si typiques, uniques en leur genre et pourtant si antinomiques (rythmiques lourdes et leads cristallins) donnant leur consistance à des morceaux au format court (quatre minutes en moyenne), mais à l'atmosphère glacée et plutôt dépressive.
"Soil's Song" et ses accords magiques, "My Twin" et son refrain transcendant tout ce qui avait été fait jusque là d'un point de vue mélodique (le premier véritable hymne du groupe nouvelle ère?), les rugueux "Leaders" (on y retrouve l'espace d'un instant le chant death aujourd'hui délaissé), "Consternation" et "Rusted" (superbes accords en introduction et un break saisissant de fulgurance), qui marquent ici un clin d'oeil amusé vers les racines, n'évoluent pas vraiment, mais renouvellent parfaitement le style Katatonia. Il faut dire que l'inspiration est de nouveau de mise, bien plus que sur Viva Emptiness, qui laissait parfois présager d'un flottement général au travers d'un tracklisting en dents de scie, alors qu'ici, l'ambiance, très homogène, et les compositions, réfléchies et consistantes, cherchent à envahir l'esprit ("Follower" et son assise basse/batterie de toute beauté qui tranche de nouveau avec un break dantesque) plutôt qu'à le détourner.
D'où des morceaux plus épiques, plus racés (le caviar qu'est la basse de Norrman sur ce disque, enfin mixée à sa juste valeur!), mais aussi et surtout en apparence plus accessibles et plus harmonieux. Le travail de Jonas Renkse au chant n'a d'ailleurs jamais été aussi empreint de délicatesse et de feeling: très bon point. Sublimé par la production très limpide et tout en nuances de Jens Bogren (qui a officié sur le dernier Opeth), ce disque ravira tout amateur d'ambiances froides, classieuses, parsemées d'envolées de guitares fugaces mais sur-le-culfiantes. Cet opus en contient un sacré paquet, entre des mélodies mémorables et des rythmiques acérées, rattrapant la relative maladroitesse et la légère redondance avérée de Viva Emptiness.


Je n'aurai vraiment aucun regret à formuler à propos de ce nouvel album, qui risque fort d'être une brique élémentaire dans la discographie de Katatonia, où, mine de rien, figurent désormais quelques chefs d'oeuvre (Brave Murder Day, Last Fair Deal Gone Down, Tonight's Decision); cependant les non-connaisseurs ne risquent pas forcément d'accrocher à l'univers et au son toujours très particuliers de ce groupe. Pas de réelle évolution stylistique, plutôt une réaffirmation de soi tout en gommant les précédentes erreurs de trajectoire, mais ce n'est pas si grave: le groupe est enfin en osmose totale avec ses valeurs (son, univers très personnel, visuel en adéquation parfaite). On peut désormais l'affirmer: Katatonia s'est enfin trouvé. La voie est toute tracée, maintenant.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3