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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 30 novembre 2007
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Roy Khan
(chant)

-Thomas Youngblood
(guitare)

-Glenn Barry
(basse)

-Casey Grillo
(batterie)

TRACKLIST

1)Prologue
2)Center Of The Universe
3)Farewell
4)Interlude I - Opiate Soul
5)The Edge of Paradise
6)Wander
7)Interlude II - Omen
8)Descent Of The Archangel
9)Interlude III - At The Banquet
10)A Feast For The Vain
11)On The Coldest Winter Night
12)Lost & Damned
13)Helena's Theme
14)Interlude IV - Dawn
15)The Mourning After (Carry On)
16)III Ways to Epica

DISCOGRAPHIE


Kamelot - Epica
(2003) - metal symphonique - Label : Noise Records



Donnant suite à un Karma porteur d'espoir mais pour autant pas complètement convaincant, voilà que débarque en 2003 ce Epica, marche suivante de l'ascension vers les sommets du metal symphonique. Car mine de rien, c'est à un bon rythme de sortie que nous a habitués Kamelot. À raison d'un album tous les un ou deux ans depuis Eternity et d'une qualité croissante, le groupe américano-norvegien s'est taillé une bonne réputation dans le milieu. Mais cela ne leur a visiblement pas suffi.

C'est donc avec une ambition nourrie à la littérature que nous revient le combo. Car c'est à l'exercice périlleux mais ô combien passionnant du concept album qu'il se livre ici. Pour le décor, il faudra planter les atours du Faust de Goethe, célèbre tragédie philosophique. Choix qui peut paraître étrange dans un monde où règne en maître l'heroic fantasy où une énième adaptation du Seigneur Des Anneaux serait sans doute moins risquée, mais qui se révèle après tout bien caractéristique d'une formation qui aime à ne pas faire comme les autres. Mais ce choix est à double tranchant, puisqu'il faudra évidemment faire honneur à une des oeuvres majeures d'un génie, rien de moins. Et c'est avec violence et furie que débute cet essai, avec un "Center Of The Universe" et son riff bien accrocheur, doté d'un break aussi magnifique qu'inattendu, symbole de cette lutte entre le bien et le mal, thême qui pourrait paraître bien cliché ailleurs, mais sûrement pas ici. Après une telle déferlante, point d'accalmie, puisque c'est un "Farewell" à la rythmique appuyée et aux arrangements toujours aussi pointus et efficaces qui suivra. On reconnaitra d'emblée un art du refrain indiscutable et un sens de la mélodie imparable, le tout appuyé de touches symphoniques de grande inspiration.

Et on serait bien en peine de s'en étonner, puisque c'est encore une fois l'incontournable Miro qui s'en charge, épaulé par Sascha Paeth aux manettes, pour donner une fois de plus un son irréprochable à cette galette. On retrouvera également quelques invités, notamment Luca Turilli qui vient poser ses sweeps sur un "Descent Of The Archangel" plus traditionnel que ce qu'avait pu proposer Kamelot jusqu'ici. Mais c'est en deuxième moitié d'album que la musique prendra son envol. Passé le troisième interlude, c'est un "A Feast For The Vain", emmené par un Roy Khan possédé, qui viendra élever le niveau d'un cran grâce à une variété dans le propos qui ne laissera pas un temps mort, pas une seconde d'ennui, à l'image de ce break hispanisant suivi d'une rythmique bien grasse et sombre. Peu de groupes réussissent de tels enchainements sans faire dans le décousu. La suite, ce n'est que du bonheur. Saluons à nouveau le travail du vocaliste, qui fait plus que jamais des merveilles. Au sommet de son art, il livre ici une prestation qui frôle la perfection sur tous les tableaux tout en s'affranchissant des influences qu'on pouvait entendre chez lui jusqu'ici.

Kamelot nous emmène avec lui dans un voyage qui ne laisse très certainement pas indifférent. On a presque l'impression que jusqu'ici, le groupe n'avait fait que travailler divers aspects de ses talents pour nous en sortir ici la quintessence. Faire une liste des passages magnifiques de ce Epica serait bien vain. Chaque morceau ou presque est gorgé de pépites qui font que l'ensemble se tire de lui-même vers le haut. En un morceau, on passera par un passage symphonique d'exception, des mélodies de guitares accrocheuses, un couplet accompagné à l'accordéon et au piano, un refrain efficace, un break d'une douceur à filer des frissons... Comment cela s'appelle-t'il? "Lost & Damned", Epica, Kamelot. Alors forcément, la fin de l'album ne pourra pas être décevante. Avec un dyptique final des plus enlevés, où l'apport des arrangements symphoniques prend toute sa dimension et un "III Ways to Epica" final qui semble nous faire sombrer dans la folie, on ne ressort pas indemne de ce voyage, mais inévitablement conquis.


Quel chemin parcouru après toutes ces années! Kamelot confirme ici tout le bien que l'on pensait de cette formation, et beaucoup plus encore. En proposant une oeuvre à part, un joyaux qui serait en tous points parfait s'il ne possédait pas encore quelques menues faiblesses passé le début d'album. Tous les amateurs de metal symphonique, et les autres, devraient jeter une oreille sur cet effort qui fait la nique à bien des clichés. Mais pour autant le groupe ne s'arrêtera pas là!


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