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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-James A. Rota
(chant+guitare)

-Emily J. Burton
(guitare)

-Johnny Chow
(basse)

-John Oreshnick
(batterie)

TRACKLIST

1)It Flies Again
2)Sundown
3)The Broken
4)In The End
5)Hellspeak
6)Two Tears
7)Under The Thunder
8)Spill The Demons
9)Rising From The Deep
10)Save The Saved

DISCOGRAPHIE


Fireball Ministry - Their Rock Is Not Our Rock
(2005) - rock stoner - Label : Liquor & Poker



Les groupes de rock 'n' roll, aujourd'hui, on dit qu'ils font du stoner. C'est quoi au juste, le «stoner» ? Aucune foutue idée. Sans doute est-ce has-been de dire «rock n' roll», ça doit être ça... Certains en font bien peu de cas, et ils ont bien raison. Parmi eux, Fireball Ministry, fidèle à la musique du diable depuis une bonne demi-douzaine d'années déjà, et revendiquant avec un titre d'album éminemment équivoque une appartenance, une intégrité, une fidélité. Enfin je dis ça, j'en sais pas plus que vous finalement. Ca n'est qu'une interprétation. Mais elle a au moins le mérite de faire une bonne entrée en matière. Sautez la ligne qui suit, et vous allez voir, j'attaque le développement.

Bienvenue. Je vais vous parler du dernier Fireball Ministry, Their Rock Is Not Our Rock. Première chose: vous avez plus de chances que quiconque d'être sensible à cette musique si vous êtes grand, baraqué, barbu et tatoué. Ne voyez point ici je ne sais quelle sorte de discrimination; ce sont des statistiques, c'est scientifique. Le groupe évoque un croisement entre les infatigables beugleurs de Motörhead, les éternels représentants du rock sudiste que sont Molly Hatchet, et le rock énergique moderne des ineffables The Quill. Trois gaillards, une nana. Celle-ci, à la deuxième guitare, a au sein du combo un rôle somme toute limité: les soli ne sont pas ce qu'il y a de plus technique, et le frontman James A. Rota pourrait cumuler riffs, leads et chant sans trop de difficultés. Mais bon, Emily Burton est mimi.

C'est la voix graisseuse de James qui fait très «sudiste». Le reste est pensé pour être catchy, instantanément «headbangable», et pour accompagner la descente de quelques bonnes binouzes, nom d'un pot d'échappement. Des riffs simples et accrocheurs, des refrains mémorisables: on joue les durs mais on n'est pas bien méchant, au fond. Les titres particulièrement mélodiques que sont "Sundown" et "Rising From The Deep" doivent beaucoup de leur agressivité à la production. C'est fou ce qu'une guitare saturée et une voix écorchée peuvent faire sens, parfois. Aspect important, et c'est une bonne chose, Fireball Ministry n'hésite pas à varier les rythmes, évitant de ce fait que la lassitude s'installe trop rapidement. Ne soyez donc pas surpris d'entendre un très lourd et pataud "Hellspeak" côtoyer un fougueux "Save The Saved". C'est roots et c'est rock.

Ciblons notre public: c'est dos à terre, les narines inhalant les vapeurs de carburant s'échappant du pot de votre Harley, les mains pleines de camboui, que s'écoute Fireball Ministry. Bon, que cela ne vous empêche pas d'expérimenter. Mais voilà, c'est de la zique de biker, ça fout la banane et ça s'oublie vite. Pas le genre musical le plus intéressant qui soit, mais quand c'est bien joué, bien chanté, bien craché, ça devrait suffire pour convaincre les personnes concernées de se ruer dessus sans plus attendre. Pour elles, Fireball Ministry est une valeur sûre. Pour les autres, un petit trip de temps en temps, au son de "The Broken" et de "Spill The Demons", ça peut être marrant aussi. Le disque se tient du début à la fin, il a pour lui une grande cohérence et aucune erreur majeure. Le stoner n'est pas mort, vive le rock n'roll quand même!





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