1352

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 25 novembre 2007
Sa note : 13/20

LINE UP

-Sean "Bloodbath" McGrath
(guitare+chant)

-Dr. Jason Kocol
(guitare+chant)

-Ross Sewage
(basse+chant)

-Raul Varela
(batterie)

TRACKLIST

1)G.O.R.E.
2)Sickness Is Health
3)The Visible Man
4)You Are The Dead
5)All Gut, No Glory
6)Up The Dose
7)Torture Of Duty
8)Masters OF Ordure
9)Right To Die
10)Dawn Of The Dread
11)The Last Gasp

DISCOGRAPHIE


Impaled - The Last Gasp
(2007) - death metal - Label : Candlelight



Le gore et le death-metal, c’est une histoire d’amour qui dure. Nombreux sont les groupes qui y font appel, que ça soit dans le visuel et/ou dans les paroles. Et parmi les groupes qui s’y adonnent, on en trouve un certain nombre qui se focalisent sur une facette bien particulière du gore : la médecine. Enfin, comprenons-nous, il n’est pas question ici de plagier Urgences mais plutôt de faire mumuse avec des scalpels et autres instruments pour voir comment faire le plus de dégâts, avec si possible beaucoup de sang, de douleur et de bidoche pas bien fraîche.

Plus ou moins créé par Carcass, le style a été repris par un certain nombre de formations (comme par exemple Aborted) et brasse allègrement termes médicaux, tortures physiques et psychologiques, le tout avec souvent un sadisme consommé. Impaled ajoute ici une composante qui aère le genre : l’humour. Il n’y a qu’à aller faire un tour sur leur site Internet ou simplement feuilleter le livret de leur quatrième album, The Last Gasp. Entre autres bouffonneries bon enfant, le groupe s’amuse à donner un petit nom à ses soli de guitares comme « Eat Fast, Die Young and Leave a Bloated Corpse » ou encore « Operation : Life…Sucks » et au niveau de l’imagerie, outre la pochette gore tout à fait banale, les membres du groupe s’affublent de surnoms tels que « Minister Of Medicine » ou « Minister Of Filth ». Un humour que tout le monde ne partage certes pas mais qui permet à Impaled de ne pas tomber dans le ridicule.

Venons-en à la musique. Sans surprise, c’est un death-metal qui tire parfois un peu vers le thrash et le black, brassant de nombreuses influences comme Carcass (surtout au niveau de certaines parties vocales doublées qui rappellent immanquablement le growl de Walker) mais, de façon un peu plus surprenante, on pense parfois à Children Of Bodom sans le côté symphonique ou encore At The Gates et Sins Of Omission dans certains riffs. The Last Gasp est assez difficile à réduire à un style unique – et c’est tant mieux – tant il est varié et sort par moments des sentiers battus du genre. Il en découle du coup une certaine disparité qualitative – et c’est tant pis – des différents titres, oscillant entre l’excellent et le plus médicore. C’est bien simple : dès que le groupe fait ressortir ses influences plus mélodiques (comme Carcass a su extrêmement bien le faire sur Necroticism - Descanting The Insalubrious), Impaled devient intéressant. Mais quand ce sont les influences plus thrash (limite punk par endroits) qui prennent le pas, l’intérêt décroît soudainement.

Du coup, l’auditeur se retrouve le cul entre deux chaises, sans trop savoir ce qu’il doit penser de The Last Gasp. L’album s’ouvre sur "G.O.R.E" et "Sickness Is Health", titres très basiques qui ne laissaient rien présager de bon pour la suite. Heureusement, "The Visible Man" prend la relève et – bien que les influences de Carcass se font plus que jamais sentir sur ce titre – éveille l’attention de l’auditeur. Et globalement, par la suite, le niveau ne fera que s’améliorer avec le très bon "All Guts, No Glory", et la fin de l’album est carrément excellente avec "Master Of Ordure" et "Right To Die" mais surtout "Dawn Of The Dread" et "The Last Gasp". C’est dans ces derniers titres que Impaled nous surprend avec une approche intéressante de la mélodie et fait preuve d’audace dans les parties de guitare que ne renierait pas le Dark Tranquility de la fin des années 90.


La performance du quatuor est donc inégale et joue le grand écart entre ses bons titres et ses autres moins percutants, voire franchement mauvais par endroits. Dommage que l’ensemble de ce The Last Gasp ne soit pas à l’image de la fin de l’album, nous aurions eu alors droit à un futur classique du genre, ou à tout le moins un album redoutable.


Allez, finissons avec un petit extrait des dix commandements du groupe pour fêter la sortie ce cet album :
« -Buy a second copy to keep sealed like a Star Wars figure
-If your local store doesn't have the record, ask 'em why then spit on the manager
-When someone scores in soccer, scream "GORE!!!"
-Bake a cake and mail it to Impaled
»


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2