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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

Steve Walsh
(chant+piano)

-Kerry Livgren
(guitare+claviers)

-Robbie Steinhardt
(chant+violon)

-Phil Ehart
(batterie)

-Dave Hope
(basse)

-Rich Williams
(guitare)

TRACKLIST

1)Can I Tell You
2)Bringing It Back
3)Lonely Wind
4)Belexes
5)Journey From Mariabronn
6)The Pilgrimage
7)Apercu
8)Death Of Mother Nature Suite

DISCOGRAPHIE


Kansas - Kansas
(1974) - rock prog hard rock - Label : Sony BMG



Etre musicien de prog dans l’Angleterre du début des 70’s n’avait rien d’un exploit. Le contexte de l’époque s’y prêtait fort bien avec une effervescence prog qu’on ne retrouvera pas de sitôt. Mais être musicien de prog dans le middle-ouest des Etats-Unis à la même époque, voila qui était déjà plus original… ou suicidaire. C’est le cas de Kansas qui commença sa carrière dans les bars rednecks, lieux alors propices au rock sudiste, à la country ou au blues mais pas trop au « rock symphonique anglais ». Bref, l’audience de Kansas était plutôt formée de fans de Freebird que de Gates Of Delirium. C’est dans ce cadre qu’un certain Don Kirshner repéra le groupe lors d’un concert gratuit. Il ne lui fallu pas longtemps pour signer le groupe sur son label et sortir ce premier disque. La belle histoire de Kansas pouvait commencer.

On retrouve pour ce premier album la formation du Kansas mark III (la vraie). Ce n’est pas la peine de revenir sur l’histoire des différentes formations du groupe parce que ce serait laborieux. Rappelons néanmoins que la mark II est revenue sur le devant de la scène avec Proto-Kaw ces dernières années. Alors, que nous proposent les Américains sur cette première galette ? Des morceaux plutôt bons mais embryonnaires de ce que sera Kansas par la suite, ce qui semble assez logique pour un premier album (à méditer).

L’album est tiraillé entre les versants prog et hard/classic rock de Kansas, on trouvera ainsi trois morceaux faisant partie de la première catégorie et quatre de la seconde. Le morceau "Bringing It Back" ne compte pas car il s’agit d’une reprise musclée d’un classique de JJ Cale (qui n’est pas sans trahir une partie de l’origine du groupe). L’amateur du Kansas prog ne trouvera sans doute qu’un intérêt poli aux morceaux "Can I Tell You", "Lonely Wind", "Belexes" et "The Pilgrimage". Pourtant, on note quelques points intéressants. Commençons par "Lonely Wind" qui est une sorte de "Dust In The Wind" avant l’heure. Bien que moins efficace que ce tube planétaire, on y retrouve avec plaisir le coté mélancolique de Walsh. "Belexes" est quant à lui proche d’un "Lightning Hands" avec son hard légèrement prog qui n’est pas sans rappeler Uriah Heep. Très agréables, ces morceaux passent mieux que l’anecdotique "The Pilgrimage".

Mais la partie la plus convaincante de cet opus concerne les morceaux épiques. Ici, Walsh et Livgren mettent leur talent en commun pour accoucher de très bons titres : "Death Of Mother Nature Suite" et "Aperçu". Que ce soit avec les accès de fureur du premier ou la complexité jouissive du second, le fan est à la fête. Aperçu est d’ailleurs resté un classique du groupe repris régulièrement dans les prestations live. Il faut dire qu’il comporte tout ce qu’il faut de virtuosité et d’émotion pour plaire.

Finissons avec le gros morceau du disque : "Journey From Mariobronn". Pièce angulaire du répertoire du groupe, Kansas signe ici une preuve éclatante de son talent. Une pièce magistralement composée, changeante tout en restant incroyablement prenante, bourrée de passages de bravoure où les claviers de Walsh et Livgren s’emmêlent à merveille pour laisser parler le violon virevoltant de Steinhard… Bref, il s’agit bien ici du Kansas qui écrira un jour "Magnum Opus".


Evidemment indispensable aux fans pour son caractère fondateur et ses pièces ambitieuses, il ne faut néanmoins pas leurrer le badaud. Tout comme Song For America, Kansas reste un album bancal qui ne bénéficie pas de la forte cohérence de sa descendance ni du difficile équilibre entre pop et prog. Mais ça on pouvait s’en douter. Un bon début pour ce groupe injustement laissé sur le banc de touche de l’histoire progressive, du moins en Europe.


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