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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Ian Fike
(chant)

-Brian Blade
(guitare)

-Danny Harbold
(guitare)

-Cam Bledsoe
(basse)

-Aaron Marsh
(batterie)

TRACKLIST

1)Explanation: Content
2)Distance
3)Change Today
4)Thirst for a Better End
5)My Life Back
6)To Fail...
7)Anomaly
8)Man. Moment. Machine.
9)At Least Understand
10)Inspiration

DISCOGRAPHIE


It Prevails - The Inspiration
(2007) - metalcore - Label : Golf



Certaines expressions anglaises sont assez chaudes à traduire. Par exemple il y a « wishful thinking » : « wish » signifiant souhaiter, il s'agit de baser ses décisions et ses actes sur ce qu'on veut très fort qu'il arrive (et qui soit vrai) au lieu de se baser sur le réel. En français on parlerait de « pensée magique », comme quand on déclare « le barbecue devrait super bien se passer » alors que le ciel vire à l'orage par exemple. Ou qu'on sort un album de metalcore tendance screamo en 2007 et qu'on l'intitule The Inspiration.

It Prevails est un groupe californien à la moyenne d'âge très basse dont les membres jouent tous très bien, ce qui semble être devenu un archétype. Le metalcore tel qu'ils le pratiquent est assez ambiancé, très loin d'une déferlante de violence à la Chimaira (l'album) mais bien plus proche d'un Shai Hulud. L'élément le plus agressif du tout est évidemment le chant hardcore écorché et syncopé d'Ian Fike, dont le grain peut rappeller Linus Jägerstog de Burst dans l'impression de souffrance qu'il dégage. Les guitares sont pour leur part plus souvent mélodiques que rythmiques : on trouve bien évidemment les sempiternels riffs en salves auréolés de double-pédale, mais It Prevails aime beaucoup les arpèges et un certain aspect emo (voire pop parfois) se dégage donc leurs mélodies entrecroisées.

Une fois ces bases posées, il ne reste malheureusement qu'à constater l'extrême linéarité d'un album où les plans semblent interchangeables d'un titre à l'autre. Les tempos varient peu, une gratte assure un rôle plus rythmique, une autre se complaît dans des mélodies contemplatives et peu saturées qu'on trouve sympathiques une fois mais pas trente, et Fike hurle sur tout ça d'une manière toujours identique. De temps en temps on trouve une partie plutôt rythmique, de temps en temps c'est un peu plus mélodique, mais au final c'est quand même toujours pareil, sans être pour autant repoussant. La seule surprise de l'album vient de l'instrumental "Man.Moment.Machine", soit une minute vingt sur une demi-heure de musique. Car cet album est à la fois court et répétitif malgré dix titres au compteur, ce qui est quand même gênant.


Les aspects positifs de The Inspiration sont donc étouffés par une tendance pénible à s'enfermer dans des schémas limités pour ne jamais en sortir. Une fois les deux premiers titres passés on comprend vite qu'il n'y a plus rien à attendre du groupe, et on s'ennuie. Un petit passage de chant clair ("At Least Understand") laisse espérer que le groupe pourra un jour évoluer, mais en attendant ce moment on admettra que cet album est quand même bien plat. Boâpf.


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