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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Mike Tarantino
(chant)

-Domenico Mele
(guitare)

-Michael Maggi
(basse)

-Max Marzocca
(batterie)

TRACKLIST

1)House of Festering
2)Livid
3)Red Creeps
4)One Step in Murder
5)Hatemonger
6)Flatline
7)White Worms
8)Nyctophobic
9)The Dead Rise Above

DISCOGRAPHIE


Natron - Livid Corruption
(2004) - brutal death - Label : Holy records



Loin des frontières de l’expérimental, Natron s’enfonce album après album dans l’idée que le brutal death gore doit être sale, sans concession et brutalissime tel un tank dans une pouponnerie. Productif depuis 1997, le combo italien arrive en 2004 avec Livid Corruption, toujours plus violent, technique et alambiqué que jamais.

Cet album reste exactement dans ce que Natron proposait jusqu’alors à savoir un concentré de brutal death ultra rapide aux riffs presque indiscernables dans l’ensemble tellement tout se chevauche et est noyé dans une agressivité linéaire. A la fois très classique à la Dying Fetus et barjot à la Natron, Livid Corruption se déroule en neuf titres avec un intermède acoustique agréable ("White Worms") proposant enfin au septième titre une once de respiration. Pas forcément très flippant mais cette seule récréation tend à faire apprécier à sa juste valeur ce qui suit sans cela fondu avec le reste. A remarquer que cet album se comporte comme une production de gore, à savoir des compositions assez courtes (deux à trois minutes) et intenses, histoire de donner l’impression d’avoir tout dit en un laps de temps le plus court possible.

Niveau technique, Natron assure toujours en proposant ici et là un death teinté de thrash (Flatline, Nyctophobic), quelques soli, certes pas des plus fins ni des plus originaux mais quoi, c’est du brutal! Comme à son habitude aussi, Natron ne joue pas la carte des compositions aériennes, découpées ou encore progressives, mais plutôt celle d’un ensemble sonore compact où le chant vient écraser ce qu’il reste. A ce propos, le mixage des vocaux s’est montré par le passé mieux dosé. Il est ici en retrait d’où une impression globale de puissance atténuée. De manière générale aussi, la batterie s’en tire sans laurier dans un brouhaha sonore où la double grosse caisse ne s’entend plus et les cymbales se laissent percevoir dans un filet ambiant indiscernable. Seule la caisse claire sort du chaos et donne de l’âme à l’ensemble.

Etrangement, la qualité des titres progresse au fur et à mesure que l’on s’aventure dans « Livid Corruption ». Alors que les trois premiers House Of Festering, Livid et Red Creeps n’ont rien de plus à proposer qu’une violence exacerbée dans uns style déjà connu, on aborde avec One Step In Murder quelque chose de plus rapide et inquiétant et avec Hatemonger une composition plus structurée avec breaks bien étudiés et passages plus lourds. C’est vraiment avec Flatline que j’ai pris mon pied, dès l’introduction thrash jusque dans sa progression construite où revient un refrain entraînant, et enfin dans cette deuxième partie grasse et lente, amenant à l’intermède.


Si "Nyctophobic" se veut assez banal, le dernier "Dead Rise Above" et son intro de B.O. se veulent accrocheur et plus personnel avec ses arpèges saturés et son enchaînement de passages rythmique et plus violents. Bref, dès que l’on perçoit un peu mieux la structure du morceau, tout se passe bien. Et bref encore, on finira par dire qu’il n’y a pas avec Livid Corruption de grande nouveauté pour Natron, juste un album rentre-dedans et totalement intègre qui plaira aux plus brutaux d’entre nous. D’ailleurs, je ne pense pas qu’avec ce groupe il faille s’attendre à d’autres ambitions que celle de nourrir les oreilles les plus extrêmes sans réellement leur faire connaître le grand plongeon de l’originalité.


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