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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Fredrik Johansson
(basse)

-Mats Johansson
(claviers)

-Klas Assarsson
(percussions)

-Kjell Severinsson
(batterie)

-Jonas Christophs
(guitare)

+ guests

TRACKLIST

1)HERE_Halo
2)HERE_Heal
3)HERE_Fury
4)HERE_Cage
5)HOPE_Arch
6)HOPE_Good
7)HOPE_Open
8)HOPE_Eyes
9)FEAR_Self
10)FEAR_Idea
11)FEAR_Talk
12)FEAR_Rage
13)PASS_Part
14)PASS_Dark
15)PASS_Loss
16)PASS_Ends

DISCOGRAPHIE


Isildur's Bane - Mind Vol. 4 : Pass
(2003) - pop prog - Label : Ataraxia



Nos amis suédois sont de vils coquins. Car qui aurait pu prévoir un disque comme celui-ci? Surtout après un Mind Vol. 3 particulièrement difficile d’accès pour les non-initiés (il s’agit d’un album d’impro jazzy… plus ou moins soporifique selon l’humeur). Car voyez-vous, ce Vol. 4 est l’exact opposé du 3. Un disque très accessible et carrément pop. En fait, on se rend compte avec le recul qu’Isildurs Bane continue le plus simplement du monde son ambitieux projet MIND (Music Investigating New Dimensions) et c’est finalement avec une logique implacable que ses volumes se succèdent!

Néanmoins, le puriste sautera au plafond lorsqu’il mettra le dernier disque du groupe dans son lecteur. Pourquoi? Hé bien parce que pour la première fois depuis bien longtemps (depuis 1987 en fait), le groupe réintroduit le chant. Autre changement, la durée des titres est moindre. Pas de longues pièces épiques avoisinant les dix ou quinze minutes ici. Et surtout, la première écoute donne l’impression d’être tombé sur le dernier disque de Peter Gabriel!! Et pour cause, le chanteur est son clone! D’ailleurs, plusieurs chanteuses sont aussi de la partie, dont une qui possède le même timbre que celui de... Kate Bush. Etonnant non? Pour bien résumer la situation, Isildurs Bane a voulu réaliser avec ce Pass un très grand album de pop progressive intelligente. On peut dire sans trop s’avancer que le pari a été relevé haut la main.

Première chose, les mélodies. Elles sont absolument magnifiques et accrochent l’auditeur dès les premières notes de "Halo" pour ne plus le lâcher avant les dernières de "Ends". Ensuite, malgré l’approche pop easy listening pour le chant (fabuleux donc), le disque reste très largement expérimental avec des arrangements qui sortent tout droit de Mind Vol. 1. C’est dire si le spectre instrumental est incroyablement varié et contribue largement au succès du disque. De plus, l’album est parsemé de petits intermèdes instrumentaux superbes et très variés. Il n’est d’ailleurs pas rare de tomber sur le violon de Joachim Gustafsson (vi, celui du Zorn Trio) accompagné par les délicates notes de Johansson aux claviers. L’album est dans sa majeure partie assez calme, mélancolique (souvent) voir intimiste (parfois). Il suffit d’écouter les très aérien "Halo", "Loss" ou "Eyes" pour tomber irrémédiablement amoureux de ce disque. Et comme si cela ne suffisait pas, Jonas Christophs n’oublie pas de brancher sa guitare sur les très crimsonien "Cage", "Idea" ou bien encore "Rage". Des morceaux absolument déments qui mélangent parfaitement pop et rock prog expérimental. Que du bonheur les amis!!

Il n’y a pas à tergiverser longtemps, musicalement le disque est vraiment fantastique. Et si les premières écoutent sont décevantes du fait de la nouvelle orientation, on reprend très vite ses repères. De plus, le disque est finalement si riche que l’on trouve toujours des éléments nouveaux à chaque écoute. La marque des grands! Si musicalement l’album est splendide, il l’est tout autant thématiquement. Les textes sont tout simplement…beaux et surtout, ils proposent de multiples interprétations. Un petit coup de gueule au passage, pourquoi donc le groupe n’a-t-il pas jugé bon de mettre le texte avec le CD mais sur son site? Notons que le calepin est très conceptualisé et qu’il fourmille de citations philosophiques. En fait, c’est à chacun de s’imaginer son propre univers par l’intermédiaire de ce PASSeport. De plus, le disque est décomposé en quatre parties Here, Hope, Fear et Pass. Chacune avec des sonorités, des ambiances et des paroles différentes.


Le disque mériterait que l’on s’y attarde avec plus de rigueur mais bon, il faut savoir se modérer parfois! Alors concluons! Au final, ce disque est un petit bijou. Un de plus dans la discographie du groupe diront les blasés. Et c’est vrai qu’Isildurs Bane est diablement talentueux, réalisant avec classe des albums totalement opposés. Bien malin celui qui pourra dire quel aspect aura le prochain disque du groupe!


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