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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Ancient Might
(chant)

-Adrian
(guitare)

-Clément
(guitare)

-Elenya
(claviers)

-Borg
(basse)

-Greg
(batterie)

TRACKLIST

1)At Dawn Of The Battle
2)Kalt
3)Blazon Of The Rage
4)Lost Warriors
5)I Can Live In You
6)Fiery Cross
7)In The Night Of The Last Palace
8)Interlude
9)Pour Conquerir Le Temps
10)The Dawn Of The Reign
11)Tower Of The Lords

DISCOGRAPHIE


Iraven - At Dawn Of The Battle



Du heavy-black metal, voilà ce que joue désormais après moult perturbations de line-up ce groupe tarnais fondé en 1996, qui officiait à l’origine dans un thrash brutal. Au vu des différentes et riches ambiances survolées par le groupe dans ce At Dawn Of The Battle, il est d’usage de comparer le combo au Cradle Of Filth des débuts. Ce n’est pas sans pertinence : l’utilisation légère des claviers et l’héritage heavy-metal dans les soli de guitare, notamment, rappellent nécessairement les Anglais emmenés par Dani. Mais Iraven n’est pas pour autant qu’une pâle copie. Un son bien particulier est revendiqué, même s’il est fâcheusement desservi par une production loin d’être au top.

Après l’introduction "At Dawn Of The Battle", tout en symphonies, la basse ronronnante de Borg vient annoncer l’arrivée de la voix black, accompagnée par un riff un peu cheap. Mais ce qui gêne surtout, c’est le son de cette gratte, vraiment mauvais; on imagine que le groupe n’a pas encore les moyens de s’acheter des instruments décents. Le pire est atteint lors des soli, aux tonalités proches des synthés Midi. Difficile d’être pris au sérieux dans ces conditions. Dans le même registre, le mix ne laisse que peu d’ampleur à la voix de Ancient Might, bien souvent plus death colérique que foncièrement black d’ailleurs, ainsi qu’à la batterie insuffisamment percutante. Les passages blast-beats, qui sont légion dans la seconde moitié du disque, pâtissent considérablement de ces défauts. Mais on reconnaîtra tout de même l’aptitude du groupe à écrire des morceaux aux structures pas forcément évidentes, et aux ambiances joyeusement sombres et glauques, qu’Elenya aux claviers accompagne convenablement. "Kalt", par exemple, donne plus dans le dramatique que dans l’agression gratuite, et les nappes de synthés y sont pour beaucoup. Indéniablement un plus pour le groupe.

Iraven exploite par ailleurs un large spectre musical: du riff New Wave Of British Heavy Metal avec "Lost Warriors", de l’instrumental tout en douceur et en arpèges avec "Interlude", de la voix claire avec "Fiery Cross"… Il est bon de constater que le groupe ne se cantonne pas à un seul type de composition. On appréciera particulièrement par exemple, sur ce titre "Fiery Cross" justement, l’accélération progressive des martèlements de fûts, et l’alternance chant clair / chant criard, même si ce dernier souffre cruellement de manque de place, et partant de puissance et d’expressivité. On dénote un manque d’inspiration vers la fin de l’album, avec des morceaux nettement moins convaincants car plus répétitifs dans leur agencement; même si "Pour Conquérir Le Temps" et son harmonieux épilogue ne sont pas foncièrement déplaisants. Côté textes, le groupe opte pour des messages poétiques, souvent obscurs, voire incompréhensibles (?) mais en tout les cas truffés de fautes dans leur retranscription sur le booklet, tant d’ailleurs en anglais qu’en français... Enfin Iraven a eu le bon goût d’éviter les niaiseries sataniques, c’est déjà pas mal!


En résumé on ressent chez ce groupe un certain talent, dont la plus évidente manifestation réside dans le fait que l’album diffuse une ambiance et un style particulier. L’ambition de tout nouveau venu. Le prix à payer pour cela est une tendance à l’irrégularité sur le plan qualitatif, quand l’inspiration fait parfois défaut, et aussi une difficulté supplémentaire pour l’auditeur à entrer dans cette atmosphère oppressante. Et si les instruments, la production et le mix étaient à la hauteur des ambitions du groupe, nul doute que l’on tiendrait là quelque chose de spécial. Pour l’heure, on ne peut qu’encourager nos gaillards.


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