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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Nils K. Rue
(chant)

-Jorn Viggo Lofstad
(guitare)

-Ronny Tegner
(claviers)

-Steinar Krokmo
(basse)

-Stian L. Kristoffersen
(batterie)

TRACKLIST

1)The Celestine Prophecy
2)Enigmatic Mission
3)Supremacy, Our Kind
4)Entrance to Infinity
5)Coming Home
6)Celestial Calling
7)Taken
8)Resurrection (Back in Time)
9)Appearance
10)Search for Life
11)New World Order
12)Enigmatic Mission

DISCOGRAPHIE


Pagan's Mind - Enigmatic: Calling



Pour ce troisième brûlot, Pagan's Mind n'a pas révolutionné son style. C'est toujours un metal progressif énergique que nous servent les Norvégiens, au sein duquel on retrouve tous les éléments déjà apprécis sur Infinity Divine et Celestial Entrance, éléments qui deviennent de plus en plus caractéristiques et qui permettent au groupe de largement sortir de la masse. Le départ du guitariste rythmique Thorstein Aaby ne semble pas avoir perturbé les musiciens, qui mettent toujours en avant un songwriting original et une qualité d'interprétation assez impressionnante. Déçus par le dernier Dream Theater? Lisez donc ce qui suit...

Pagan's Mind, pour Enigmatic: Calling, est parvenu à rendre sa musique plus directe, plus catchy et plus accessible, sans pour autant la simplifier à outrance. Joli tour de force. Cela est peut-être imputable au gratteux Jörn Viggo Lofstad, qui suite au départ de son collègue Aaby a choisi de réorienter son jeu vers un metal plus épuré. Mais ses riffs galopants ("Enigmatic Mission", "Resurrection") ou épileptiques ("Celestial Calling") et ses soli rappellent que l'on a bien affaire à un fin technicien. Tout comme ses camarades. Autre changement notable: Pagan's Mind, d'une façon générale, a ralenti le tempo, et les passages speed - parfois à la limite de l'extrême - sont ainsi d'autant mis en valeur. Toutefois Stian Kristoffersen, derrière ses fûts, fait toujours des merveilles avec ses baguettes, même si sa double grosse caisse est moins mise à l'épreuve! Les changements de rythmes sont toujours légion, et la section rythmique qu'il compose avec le bassiste Steinar Krokmo s'avère fichtrement solide et concise. Cela est particulièrement audible sur "Resurrection", "Entrance To Infinity" ou l'instrumental "Coming Home", aux coups de caisse claire si percutants.

Les claviers, eux, expérimentent un peu moins qu'auparavant, et font ressortir en ce sens l'une des influences majeures du groupe, à savoir Dream Theater. Loin du plagiat cependant, les interventions de Ronny Tegner contribuent pour beaucoup à l'agencement du son de Pagan's Mind, qui peut désormais se targuer d'avoir un style propre, unique, immédiatement identifiable. Les improbables couplets piano / voix en suite de l'introduction très heavy de "Supremacy, Our Kind", l'interlude plein de mélancolie "Appearance", ou encore les multiples breaks ambiants jouissent ainsi du doigté très précis et très juste de Tegner. Seuls ses soli, fort maîtrisés au demeurant, n'appellent pas à une créativité débordante; sans doute les conséquences de cet attachement plus direct aux influences du groupe. Nils K. Rue, de son côté, a rendu son chant plus dramatique, hystérique parfois (les lignes vocales de "Taken" ne vous font-elles pas penser à Mercyful Fate?), mais toujours très mélodique et admirablement original, lui aussi. On sent que les harmonies ont été particulièrement travaillées. Tant mieux car le chant est réellement un point fort du groupe.


Il est difficile en vérité d'objecter quoique ce soit au combo, qui confirme avec cet album tous les espoirs placés en lui. Naturellement, dans la continuité des deux premiers albums, il faut un certain temps d'adaptation et quelques écoutes attentives pour bien démêler les idées - nombreuses - des musiciens et s'apercevoir de leur talent. La production signée Jörn Viggo Lofstad est irréprochable elle aussi, et on n'en attendait pas moins d'un groupe de cette qualité. On attend désormais l'album fédérateur, celui qui imposera Pagan's Mind en chef de file du metal progressif moderne. Nul doute qu'il arrivera bientôt. En attendant, délectez-vous de ce petit bijou de technicité et de mélodie qui ne vous lassera pas de sitôt, j'en gagerais.


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