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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nils K. Rue
(chant)

-Jorn Viggo Lofstad
(guitare)

-Thorstein Aaby
(guitare)

-Ronny Tegner
(claviers)

-Steinar Krokmo
(basse)

-Stian L. Kristoffersen
(batterie)

TRACKLIST

1)Prelude to Paganism
2)Caught in a Dream
3)Infinity Divine
4)Embracing Fear
5)Astral Projection
6)Angels' Serenity
7)Dawning of the Nemesis
8)King's Quest
9)Twilight Arise
10)Moonlight Pact
11)A New Beginning

DISCOGRAPHIE


Pagan's Mind - Infinity Divine



Dans les années 1980, des groupes comme TNT ou Conception étaient là pour représenter dignement la Norvège dans le créneau du heavy traditionnel. Puis, l’explosion de la scène extrême aidant, les formations black-metal se mirent à pulluler au pays des mille lacs et des caribous, à tel point que celui-ci est aujourd’hui considéré comme un bastion pour nos amis habillés en veste noire à franges et maquillés au rimmel. Il était grand temps que la relève pointe le bout de son nez. C’est chose faite en 2000, avec l’arrivée de Pagan’s Mind et de son metal progressif de haut vol, apte à pallier toute carence mélodique.

C’est une bonne surprise que cet Infinity Divine. Sa première écoute évoque un croisement réussi entre les maîtres du power-speed metal et le prog’ pur et dur. "Caught In A Dream" et "Infinity Divine" montrent l’étendue des capacités vocales de Nils K. Rue, qui empruntent tant à Michael Kiske (Helloween) qu’à Midnight (Crimson Glory), voire à Ian Gillan (Deep Purple), tout en conservant une identité marquée et un timbre original, définitivement metal. Les deux guitaristes ne font pas de la figuration; ils nous délivrent des riffs puissants et des soli de fort bon aloi, dans la pure tradition du speed mélodique «à l’Allemande». Le côté progressif, lui, est à aller chercher du côté de la structure des morceaux: impossible de taper du pied plus de quinze secondes, Pagan’s Mind parvient toujours à nous prendre à contre-pied, et rend ainsi sa musique exceptionnellement riche ; mais le plaisir qu’elle occasionne requiert par conséquent de nombreuses écoutes attentives. A l’instar d’un Pain Of Salvation ou d’un Opeth, c’est dans la durée que la profondeur de la musique des norvégiens prend toute sa dimension.

Le jeu du batteur Stian L. Kristoffersen est à ce titre phénoménal. Les rythmes que le bougre enchaîne sans bavure témoignent d’une graaaande maîtrise des toms et des cymbales. Sûr qu’une séance de répétition n’est pas qu’une partie de plaisir pour lui ! Cet esprit «baroque», qui cherche toujours à surprendre l’auditeur, instaure une certaine tension au sein des morceaux, imputable au fait qu’on se demande souvent, après avoir assimilé tel ou tel refrain ou solo, ce qui nous attend par la suite… Quand on en arrive là, assurément, le pari est gagné. Simplement, il s’agit de ne pas se laisser submerger aux premières écoutes par le fourmillement d’idées qui inonde chaque composition, et qui parfois, il est vrai, rend certains passages assez imbuvables ("Twilight Arise", "Dawning Of The Nemesis"). D’autant que le groupe a largement les moyens de nous pondre des hits qui vous accrocheront les oreilles dès la première écoute – ou plutôt dès la deuxième, voire la troisième, soyons plus lucides… – comme "Angel’s Serenity" ou bien "Infinity Divine".

Un large spectre musical est exploré dans ce disque, étonnant de maturité et de technicité pour un premier essai. La ballade "Dawning Of The Nemesis" arrive au bon moment pour calmer les ardeurs, puis le groupe repart de plus belle jusqu’au très heavy et très prog "A New Beginning", qui clôt la première version de ce Infinity Divine. Car le groupe a en effet choisi de rééditer leur premier opus en 2004, après le succès de son successeur Celestial Entrance, et qui se voit pour le coup agrémenté d’une version alternative du méchant "Embracing Fear", et d’une cover de King Diamond "At The Graves". Deux bons moments de plus.


Pour conclure, et afin de dégoûter encore plus les amateurs de grind ou de punk direct «in your face», sachez que Nils K. Rue prend un malin plaisir à traiter dans ses textes de sujets métaphysiques et philosophiques, dont l’analyse ne manquera pas de parachever en beauté la migraine que vous aurez choppée en essayant de comprendre à la première écoute la logique strictement musicale qui régit ce premier album de Pagan’s Mind. Pour ma part, j’ai découvert un groupe que je vais dorénavant surveiller de très, très près.


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