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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 27 octobre 2007
Sa note : 12/20

LINE UP

-Silje
(chant)

-Tone
(claviers)

-Gyri
(guitare)

-Bodil
(guitare)

-Trine
(basse)

-Ivar
(batterie)

TRACKLIST

1)Guilty I Am
2)Moonlit
3)Going North
4)Don't Believe A Word
5)...And Then The World Froze
6)The Final Rest
7)Deprivation
8)Provenance Of Hate
9)Dead End Poem
10)Submerged

DISCOGRAPHIE


Octavia Sperati - Grace Submerged
(2007) - doom metal ambient - Label : Candlelight



Le public avait découvert Octavia Sperati avec le très classique (pour ne pas dire raté) Winter Enclosure - et par là, la capacité du label Candlelight à signer un groupe à chanteuse pourtant en marge du lot. L’immense majorité de la presse musicale spécialisée avait catalogué ce groupe norvégien - à la particularité d’être presque entièrement féminin - comme « clone venu du froid » de ce que proposait The Gathering à ses débuts. Futile, voire simpliste sur son premier album, on ne pourra que se féliciter de la prise de risque partielle mais majeure qu’a opéré Octavia Sperati sur son second effort.

Prise de risque, parce que la musique apparaît comme enfin délivrée de ses influences premières – Cathedral, Candlemass et The Gathering pour ne plus les citer. Finie la parodie indélicate, les Norvégiens ouvrent désormais le champ de leurs possibles. Le son, craquelé et grésillant, est étonnamment plus lourd et gras que sur Winter Enclosure. Moins atmosphérique (le splendide "Moonlit" ou le doom for beginners – une basse omniprésente, des lignes de chant emphatiques et guitares enfin rentre-dedans), Grace Submerged joue aussi moins sur les contrastes et propose une musique plus homogène.

L’appel de l’extrême n’est jamais très loin mais montré de manière subtile (le pont central de "Going North", monstrueux appel aux profondeurs). On se dit, vers la moitié du disque, qu’Octavia Sperati a habilement négocié son second album. Malheureusement, le groupe n’en a apparemment pas encore fini avec ses démons originels. Les riffs demeurent épais et noirs comme le charbon ("The Final Rest", "Deprivation") mais ce qui faisait le sel des premières compositions de ce nouvel effort – à savoir l’équilibre entre la légèreté presque pop de la voix de Silje et la lourdeur du propos musical – tombe de nouveau à plat. Les Norvégiens mélangent de nouveau l’eau et l’huile sans trouver d’attache mélodique. La dernière moitié du disque s’égrène et "Dead End Poem", en mauvais final, fait retomber toute la pression amenée lors de la première partie inutilement. Le temps passe de nouveau trop lentement.

Si Octavia Sperati avait signé dix compositions dans la veine de "Moonlit" et de "Going North" (les deux joyaux de ce disque), il aurait pu figurer parmi les meilleures sorties de cette année. Glacé, heavy mais manquant encore cruellement de personnalité, le groupe norvégien devra confirmer ses bonnes intentions lors d’un prochain album. A surveiller, car quatre filles qui jouent du doom-pop gras, ça n’est pas si courant que ça, après tout.


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