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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 08 octobre 2007
Sa note : 17/20

LINE UP

-Angela Gossow
(chant)

-Christopher Amott
(guitare)

-Michael Amott
(guitare)

-Sharlee D'Angelo
(basse)

-Daniel Erlandsson
(batterie)

TRACKLIST

1)Blood On Your Hands
2)The Last Enemy
3)I Will Live Again
4)In This Shallow Grave
5)Revolution Begins
6)Rise Of The Tyrant
7)The Day You Died
8)Intermezzo Liberté
9)Night Falls Fast
10)The Great Darkness
11)Vultures

DISCOGRAPHIE


Arch Enemy - Rise of the Tyrant
(2007) - mélodique death metal - Label : Century Media



L’actualité avait fait planer le doute : un dernier album, Doomsday Machine, montrant un Arch Enemy en perte de vitesse, puis l’annonce du départ de Christopher Amott après la sortie de celui-ci : l’avenir s’annonçait sombre pour les fans du combo. Puis finalement non : un excellent DVD, en souvenir de la bonne vieille époque, puis le retour de Christopher. Finalement, pas grand-chose n’a changé, si ce n’est qu’il faut effacer le semi échec suscité.

Tous les reproches qui ont pu être fait concernant ce fameux Doomsday Machine ont été digérés, macérés, ruminés, puis transformés en une sorte de haine revancharde, ou c’est tout du moins l’impression que laisse une première écoute. Car, mes aïeux, quelle claque! La couleur est de suite annoncée, avec un "Blood on your Hands" ravageur, commençant assez logiquement par une explosion lorsqu’on sait ce qui suit. Les suédois ont décidé de nous offrir une galette brute de décoffrage, et c’est tant mieux! Et pour servir cette puissance, il faut une équipe de choc, à commencer par Angela Gossow. Finis les arrangements chiadés et les voix trafiquées dans tous les sens : on se l’imagine ici très bien, derrière le micro, à vociférer les paroles tellement cela sonne naturel et sans artifices. A tel point qu’on se demande parfois comment un tel timbre peut sortir d’un « petit bout de femme », même si l’expression de semble pas vraiment de mise.
On se félicite également de n’avoir pas perdu le duo de frangins nommés Amott tellement ceux-ci sont complémentaires. Les riffs sont acérés, les mélodies accrocheuses, les soli ravageurs, les rythmiques lourdes… Pourtant, on savait de longue date de quoi ils étaient capable, mais c’est toujours un plaisir d’entendre deux guitaristes se tirer la bourre comme ça. La section rythmique n’est pas en reste non plus, mention spéciale attribuée au batteur qui tabasse comme un forcené tout en ayant pas laissé la variété au placard, même si la double pédale est parfois un peu trop présente, mais c’est sans doute le style qui veut ça. Le style d’ailleurs, parlons-en. A l’écoute d’un titre tel que "Revolution Begins", on a parfois l’impression d’être de retour à l’âge d’or de la NWOBHM. Un riff qui fait mouche, de la twin-lead cheveux au vent, de la mélodie là où il faut. Et tout ceci appuyé par les vocaux death de miss Angela et un tempo qui a pris le TGV, qui nous font revenir aux fondements même du death mélodique, sans détours ni fioritures. Est-il vraiment nécessaire d’en demander plus?
Viens maintenant le moment des reproches, qui sera bien heureusement vite expédié. On notera tout d’abord un relatif manque de variété dans les tempi et les types de mélodies abordées qui font que l’écoute d’une traite de l’album peut s’avérer un peu difficile, mais l’effort en vaut bien la peine. Second défaut : le manque d’innovation. Le fait d’avoir réussi à refaire un album de la qualité d’Anthems of Rebellion est déjà un exploit en soit, mais si on fait abstraction de l’album sorti entre les deux, l’évolution n’est pas vraiment flagrante. Et même au sein de la galette, cela dessert les titres situés vers la fin, car même s’ils ne sont pas de qualité moindre, un léger sentiment d’essoufflement s’installe. Léger. Parce que, histoire de mettre les choses au clair, tous ces défauts sont formulés uniquement dans l’espoir qu’il soit encore possible de faire mieux, car il s’agit bel et bien ici d’une tuerie.

Deux interrogations subsistent tout de même : l’album tiendra-t’il l’épreuve du temps? On peut se poser la question, puisqu’on a à faire à une sorte d’Anthems of Rebellion bis (ou part II puisque c’est à la mode), sans réelles nouveautés. Et ce qui nous intéresse sans doute le plus : que pourra proposer le combo par la suite, après cette remise au point musclée? Mais pour l’heure, savourons cette nouvelle offrande des suédois et son lot de hits dévastateurs et attendons-les de pied ferme à l’occasion du Black Crusade Tour à venir.


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