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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Chris Bailey
(chant)

-Kenny Hallman
(guitare)

-Steve Teror
(guitare)

-Eric Dubreuil
(basse)

-Kris Deboer
(batterie)


TRACKLIST

1)Death of Heaven
2)Pestilential Eternity
3)One Who Points To Death
4)Honey Tongue Of Satan
5)Virgin Blood Taste Purest At Night
6)Cathedral of Hate
7)Angels & Acid
8)Hysterion Proterion

DISCOGRAPHIE


Infernäl Mäjesty - One Who Points To Death



Un groupe d’une grande originalité, voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit. Pourquoi? Tout simplement pour sa remise en cause autarcique de l’orthographe. Et ouais, Infernäl Mäjesty ne s’écrit pas bêtement Infernal Majesty. Non, il y a le tréma sur les « a » qui fait la différence. Bon ok, ça reste ridiculement ridicule comme remarque, mais il fallait que ça sorte. A part ça, on peut dire de ce groupe qu’il est propulsé à la face du monde comme un groupe de thrash légendaire venu de notre cousin issu de germain, le Canada. Et en fait de thrash, il s’agit de thrash carrément violent même! Je n’ai jamais entendu du thrash aller aussi vite en première impression. Comme quoi, la classification dans le metal est un métier bien difficile, il aurait été taxé de death cet album que je n’aurai guère trouvé à redire.

Mais point de death, il s’agit de thrash bien véhément. Mugissant comme peu de groupes de thrash il sait aller droit au but avec des blast beats loin d’être rares et une production qui colle parfaitement à l’ambiance que veut installer le groupe, le pilonnage. Oh et puis finalement, ça sonne bien thrash tout ça. S’il n’en étaient ces blast furieux, il n’y aurait pas de question à se poser sur la provenance de la musique. Passé cet inutile débat on peut se concentrer sur les compositions du groupe. Des riffs bien tranchants comme le veut la tradition qui dégoulinent l’huile de vidange et la transpiration. On ne pourra porter aux nues le nuage rafraîchissant d’originalité débordante dont ils font preuve puisque c’est faux mais le côté efficace, bourre lard et suant des riffs est tout ce qu’il y a de plus appréciable. Quand j’écoute du thrash j’attends du bon riff et là, c’est le cas.

Par contre rien à tirer d’un chant hurlé raclé qui se veut agressif mais qui n’arrive à rien d’autre que d’horripiler l’auditeur. Oui, le chant tue un poil la musique du groupe. Fort heureusement, comme s’il savait que c’était son point faible, Infernäl Mäjesty se réserve de longues plages instrumentales. Pas un mal. De toute façon pour entendre le groupe déverser son fiel raffiné ("Pestilential Eternity" ou "Angels And Acid") on ne perd rien au change. Cela coule un peu le groupe et c’est bien dommage car les compositions dans leur classicisme ambiant savent aller là où ça fait mal et donc là où ça fait du bien. J’ai déjà dit que les riffs étaient un point de réjouissance mais il y a aussi les soli qui s’insèrent pas mal dans les chansons. Bon, ils sont éculés et largement entendus et réentendus, mais ils apportent leur touche de raffinement au milieu de l’animalité constante qui baigne l’album.

De toute façon, je ne demande pas à un groupe de thrash de planter des soli magiques à chaque détour de riff. Je lui demande plutôt de me planter des clous dans le cerveau à force de riffs qui écorchent vifs et bien c’est à ça que Infernäl Mäjesty est le plus fort. Tant mieux. Pour revenir à la brutalité et à la rapidité dont fait preuve le disque de prime abord, il faut avouer qu’en le domestiquant cet effet s’estompe fortement puisqu’en fait les blast ne sont pas si courants et qu’on navigue dans les eaux thrash très souvent. En plus les parties rapides ne sont pas le fort du groupe. Il est bien meilleur lorsqu’il s’en tient au thrash pur et dur. Il a même bien du mal à sortir de son thrash tant et si bien que l’album peut sembler un peu linéaire. Néanmoins les nombreux riffs devraient permettre à l’amateur de trouver son compte. Un petit mot sur la basse qui offre quelques claquements qui font toujours plaisir, cool. Et le batteur abat un bon boulot derrière ses fûts en restant précis et relativement varié dans son jeu.


Un album nullement rafraîchissant donc mais un bon brûlot de thrash puissant et décapant. Des riffs de camionneurs qui font plaisir à écouter et une victoire de la tradition un peu plombée par le chant. Gniark!


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