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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Mike Muir
(chant)

-Robert Trujillo
(basse)

-Adam Siegel
(guitare)

-Dean Pleasants
(guitare)

-Stephen Perkins
(batterie)

TRACKLIST

1)Punk It Up
2)Therapy
3)I Look Funny?
4)Stop Funk'n With My Head
5)I'm Gonna Be My King
6)Closed Session
7)Infectious Grooves
8)Infectious Blues
9)Monster Skank
10)Back To The People
11)Turn Your Head
12)You Lie...And Yo Breath Stank
13)Do The Sinister
14)Mandatory Love Song
15)Infecto Groovalistic
16)Thanx But No Thanx

DISCOGRAPHIE


Infectious Groove - The Plague That Makes Your Booty Move
(1991) - fusion - Label : Epic Records



Infectious Grooves est, comme chacun le sait, le side complètement barré des compères de Suicidal Tendencies, Mike Muir et Robert Trujillo, side qui a vu le jour en 1991. Le Trujillo des grandes années hein, pas le mercenaire qui vient plaquer de la corde de mi pour le compte de Metallica et de MTV, non non, celui qui enflammait nos esprits de ses coups de pouce ravageurs il y a une dizaine d’années... Ha c’était quand même quelque chose en ce temps là, on n’avait pas peur d’envoyer chier la promo et les maisons de disques pour aller péter gentiment un plomb en studio ! Et surtout, surtout, laisser dubitatifs les métalleux qui commençaient à classer, trier, diviser le métal en autant de strates qu’il y a de connes dans la Starac’ ! Infectious Grooves, ou comment un gros délire est devenu, au fil des années, un concept unique et culte chez les bergers de l’Oural…

Fin mélange de métal, de funk voire de punk, Infectious Grooves ne peut laisser personne indifférent, ce qui était précisément le but de ses géniteurs en basant leur musique sur les délires vocaux de Mike Muir et l’énorme jeu de basse du père Rob’. Les gaillards feront appel aux services d’Adam Siegel et Dean Pleasants pour assurer des parties de grattes complément débiles mais toujours jouissives, alternant allègrement entre wha-wha incendiaire et gros riffs heavy. Notons enfin la présence du batteur de Jane’s Addiction derrière le kit, Stephen Perkins.

Décrire le style du groupe à un métalleux de base, mettons un fan de power métal allemand par exemple, c’est un peu comme essayer de vider la mer, le truc que tu fais toujours quand t’es p’tit. C’est pas possible. A la limite, certains tenteront le track by track et y passeront la nuit. Bah disons en fait qu’il y a plusieurs éléments qui constituent la marque de fabrique du projet des gars de Venice. Commençons par la reine du bal, la basse. Omniprésente, hallucinante, elle vous hantera d’un bout à l’autre de la galette. Trujillo est un slappeur fou, et il nous le fait savoir. Comprenez le aussi, c’est frustrant de bosser son jeu pendant des années et de ne jamais pouvoir en faire usage, parce que le métal ne s’y prête pas. Et à l’écoute de lignes aussi dingues que celles de "Punk It Up", "Stop Funk’n With My Head" ou "Monster Skank", on se demande bien pourquoi. C’est absolument énorme ! Certainement parce que le slap c’est trop happy et dansant pour les métalleux, qui préfèrent vénérer Satan et composer des gueules dignes derrière leurs cheveux longs (soupir). Mais passons !

Deuxième élément et pas des moindres, le gars Muir. Lui c’est bien simple, Infectious, c’est sa cour de récré. Il chante comme un ado attardé la plupart du temps, se lâche complètement, claque des vieux rires de psycho, des gloussements, c’est n’importe quoi ! Pas question ici de se prendre au sérieux et d’évoquer la géopolitique du Moyen Orient, il s’agit avant surtout de s’éclater. On obtient au final, entre deux plages, des séances de « dialogue » où Mike met en scène le prochain titre. Sur "I Look Funny", on le retrouve aux prises avec un gamin qui se fout de sa gueule. Sur "Closed Session", il tente d’expliquer à un gars ce qu’est son groupe. Sa façon de parler est telle que c’est difficilement traduisible, mais çà doit être un peu près çà ! Un autre exemple parmi d’autres : "Infectious Blues" et sa parodie vicieuse du blues de la Nouvelle-Orléans. Rien à voir, mais trop marrant.


J'vous parlerais bien des grattes aussi, des « cocottes » dans tous les sens (enfin la wha-wha quoi), de l’énorme riff d’introduction de "Monster Skank" qui m’a obnubilé pas mal de temps, ou de la batterie. Ouais mais non, Infectious c’est une expérience auditive trop rare à vivre absolument. Rendez vous service, choppez cet album, ou un des trois qui lui ont succédé (avec une petite préférence tout de même pour Groove Family Cyco), tous sont géniaux de toute façon, et faites vous plaisir. In groove we trust !


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