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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Brandon Boyd
(chant+percussions)

-Mike Einziger
(guitare)

-Ben Kenney
(basse)

-José Pasillas
(batterie)

-DJ Kilmore
(DJ)

TRACKLIST

1)Megalomaniac
2)A Crow Left Of The Mruder
3)Agoraphobia
4)Talk Shows On Mute
5)Beware! Criminal
6)Sick Sad Little World
7)Pistola
8)Southern Girl
9)Priceless
10)Zee Deveel
11)Made For Tv Movie
12)Smile Lines
13)Here In My Room
14)Leech

DISCOGRAPHIE


Incubus - A Crow left Of The Murder
(2004) - fusion pop rock - Label : Epic Records



Le nouvel Incubus est arrivé... Pour ceux qui ont raté le train en marche, Incubus est un groupe de metal alternatif, proche de ce que font les groupes post-grunge à la Nirvana, ou encore proche des Deftones et des suiveurs de Korn. Mais cette analogie s'estompe peu à peu et encore un peu plus avec ce nouvel opus fraîchement sorti. La cuvée 2004 se fait plus soft et claire qu'auparavant, et souvent au cours du disque, la frontière entre metal et rock moderne disparaît. Musicalement, que donne donc ce A Crow Left Of The Murder? Du bon et du moins bon...

Bon dans le sens où les compositions sont toutes plus ou moins enlevées, rafraîchissantes (l'atmosphère est assez positive et surtout généralement entraînante) et réellement bien écrites, à l'image de "Sick Sad Little World", son refrain sautillant et sa rythmique frénétique entrecoupé d'un intermède guitaristique excellent. Certainement la meilleure chanson de cet album, d'ailleurs. Le chant de Brandon Boyd a subi une petite mutation au fil des albums, passant d'un chant rappé/hurlé à un chant totalement clair exploitant enfin toutes ses qualités d'expression: varié, polytonique, sans jamais en faire trop. Peut-être parfois trop limpide, parfois téléphoné (touchant légèrement -très peu- du doigt l'extravagance du chanteur de The Darkness, dans ses envolées haut perchées, qui restent cependant rares) mais dans l'ensemble bon.

Les rythmiques sont souvent élevées ("Beware! Crminal", "Priceless"), la batterie de José Pasillas usant de lignes très vivantes et la partition générale donnant facilement dans un rock épuré, proche de ce que faisait The Offspring à ses débuts, sans les grosses guitares, mais pour la tonalité de l'ensemble. Une tonalité de guitare très claire, omniprésente, beaucoup moins metal (parfois très typée rock des 70's) renforcée par une basse trop souvent... discrète. Mais ce qui n'empêche pas les partitions d'être assez originales, allant puiser dans les possibilités musicales des divers instruments et recherchant une réelle inventivité dans l'écriture ("Zee Deveel", "Leech"). Un autre bon point: la discrétion toute bienvenue des samples et autres artifices, qui étaient jusqu'ici trop usités, laissant cette fois (et tant mieux) sur A Crow Left Of The Murder une part non négligeable du gâteau aux instruments traditionnels, dont la technique est irréprochable.

Mais voilà: Incubus s'est légèrement assagi, voire assoupi. Pas dans la textuelle, dénonçant assez sagement, de manière posée et non menaçante les travers socio-culturels de notre époque. Mais dans l'expression musicale. Même si celle-ci est relativement variée pour ne jamais vraiment lasser, la force n'est jamais plus là où on est en droit de l'attendre; et puis l'arrivée de ballades rock plus qu'oubliables ("Here In My Room", "Southern Girl") renforce cette sale impression. L'énergie déployée sur cet album décrit une sinusoïdale, tout simplement. L'excitation monte puis redescend.


Bref, une semi-réussite que ce A Crow Left Of The Murder. Une rentrée artistique en demi-teinte, même si certains morceaux cités plus haut méritent l'attention, l'ensemble fait trop «soufflé qui retombe» et laisse souvent un peu indifférent. Il manque à l' album cette petite flamme qui vacille...


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