109

CHRONIQUE PAR ...

24
Crafty
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 5/20

LINE UP

-Jean-Michel Jarre
(claviers+synthés+...)

-Claude Samard
(guitare+programmation)

-Francis Rimbert
(claviers)

-Tim Hüfken
(groove box)

-Bertrand Lajaudie
(programmation)

TRACKLIST

1)Fresh News
2)TéO & TéA
3)Beautiful Agony
4)Touch To Remember
5)Ok, Do It Fast
6)Partners In Crime 1
7)Partners In Crime 2
8)Chatterbox
9)In The Mood For You
10)Gossip

DISCOGRAPHIE

Téo & Téa (2007)

Jean-Michel Jarre - Téo & Téa
(2007) - pop electro - Label : Atlantic Records



La première chose qui m'est venu à l'esprit une fois le disque fini ce sont de terribles et douloureuses questions : est-ce que Jean-Michel Jarre a autant besoin d'argent ? Est-ce que l'huissier s'est présenté à sa porte ? Est-ce que Daniel Malmedahl (alias Crazy Frog) et Sean Paul ont pris possession du corps d'un des rares artistes français reconnus à l'étranger ? Dissertons un brin sur ces sujets voulez-vous.

C'est vrai que JMJ n'est pas très prolifique en albums ces temps-ci, Aero n'était qu'une compile dont l'intérêt principal résidait dans le mix 5.1 sur le DVD Audio, étant donné que les inédits n'étaient que très moyens. C'est donc à 2003 et Geometry of Love, l'album dédié à son épouse : la discrète Isabelle Adjani, qu'il nous faut remonter pour observer le dernier album. Celui-ci étant déjà dans un registre aussi original que le dernier groupe signé chez Universal, on passera rapidement sur ce triste épisode (en s'interrogeant toutefois sur l'impact qu'a eu ce dernier sur le mariage). Mais alors, est-ce que les ventes des albums ne parviennent plus à payer le coûteux matériel utilisé lors des gigantesques concerts ? A première vue, Téo & Téa a tout d'un produit marketing qui cible un public aussi vaste que le vide intersidéral qui compose l'album. Mais au moins, il ne s'en cache pas, dès le premier morceau, on peut « apprécier » une sorte de mélange d'Ilona Mitrecey et de Pingu, avec des paroles moins niaises je vous rassure. Des paroles qui sont très présentes dans cet album, et aussi recherchées qu'elles le sont avec Ilona d'une certaine façon, mais ça n'est pas l'intérêt du disque, vous le comprenez bien. En tout cas, si l'huissier est passé, il n'a pas emporté ce qu'il fallait...

Allez, pour la deuxième interrogation, n'allons pas trop loin. Les bruitages de "Chatterbox" ont tout d'une grenouille folle, et les jouissances de la nouvelle conquête de JMJ sur "Beautiful Agony" pourraient très bien être un sample tiré du dernier disque du maître du ragga (non, Anne Parillaud n'est jamais sortie avec Sean Paul, vous avez eu peur). Mais à part ça, tout n'est pas emprunté à ces deux « icônes » de la scène musicale actuelle. Néanmoins, il faut reconnaître que quelque chose cloche. Les amateurs d'Oxygène, d'Équinoxe, voire même du très sous-estimé Chronologie seront très probablement déçus, voire pire. D'accord, les synthés ne devraient pas trop les décevoir, ils restent dans le classique de ce que nous propose JMJ depuis déjà 15 ans, mais l'apparition de scratch, de rythmes modernes, très pop, techno voire dancefloor, en mettra plus d'un à genoux... de douleur. Côté concept, l'album représente 24 heures de la vie de Téo & Téa... Les mauvaises langues diront qu'ils ont une vie diablement inintéressante ces deux-là. Ils n'auront pas tout à fait tort. Ils pourront même se demander ce que signifie cette audace, qu'on décrit comme le « Jean-Michel Jarre contemporain », qui se permet même de se répéter de façon exaspérante dans le même disque ou de reprendre certains thèmes à demi-mot comme sur "Vintage". Difficile d'en supporter d'avantage...

Pourtant ne fuyez pas de suite, l'album possède de bons moments : les petits violons de "Touch To Remember", mais c'est bien le seul élément à signaler sur cette piste, qui ferait honte à Kraftwerk, sans doute à cause des voix assistées par ordinateur, pénibles comme rarement. On va bien finir par dénicher quelque chose de bon... Ah oui, sur "Melancholic Rodeo", la guitare fait une apparition qui, à défaut de remettre d'aplomb le dernier hardos chevelu, ravive un peu l'espoir d'un album meilleur. Pas de chance, ou plutôt si : il ne reste plus qu'un titre après ça, le single, qui reprend monstrueusement mal le thème d'intro qui lui-même était déjà avarié. Heureusement, ça en finit là.


Passez votre tour sur cette galette, et le DVD qui l'accompagne (qui ne sert à rien de toute façon), on a droit à du très mauvais, comme on en fait malheureusement trop en ce moment, même Tiësto paraît plus indiqué dans le genre. En attendant des jours meilleurs, et que ce cher Téo et cette chère Téa ne vivent pas trop heureux, il ne faudrait pas qu'ils aient des enfants non plus.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6