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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Abbath
(basse+chant)

-Demonaz
(guitare)

-Horgh
(batterie)

TRACKLIST

1)Blizzard Beasts
2)Nebular Ravens Winter
3)Suns That Sank Below
4)Battlefields
5)Mountains of Might
6)Noctambulant
7)Winter of the Ages
8)Frostdemonstorm

DISCOGRAPHIE


Immortal - Blizzard Beasts
(1996) - black metal - Label : Osmose



Par beaucoup considéré comme le maillon faible de l’épopée Immortal. C’est vrai. Mais être le maillon faible de la discographie de Immortal ne signifie pas être une daube infâme, loin de là. Car Immortal n’a pas appris à l’école à faire de la mauvaise musique, et a beaucoup de mal à en faire du coup. Néanmoins cet album marque un tournant dans la carrière du groupe. En effet il s’agit du dernier sur lequel on retrouve notre ami Demonaz puisque celui-ci devra cesser toute activité guitaristique suite à des problèmes au bras. Et puis rien que la pochette, le livret de l’album montrent un certain malaise. Tout y est plus sombre, triste qu’à l’accoutumée. Enfin, pas mal de péripéties qui furent mises en travers de la route du groupe.

Et au niveau musical me direz-vous. Et bien c’est… du Immortal. Ok, c’est un peu nul comme description, mais c’est ça. En gros cela signifie guitares frigorifiques, batterie épileptique (bien que moins que sur leur deux précédentes cuvées, les terrifiants Pure Holocaust et Battles in the North) et last but not least la traditionnelle voix de crapaud de notre gusse Abbath. Et bien sûr, comment oublier les fameux arpèges, véritable marque de fabrique du groupe tant ils sont importants dans ses compositions depuis les débuts. Ils apportent cette touche atmosphérique qui permet d’alléger, d’aérer les compos et qui crée les repos salvateurs. Mais le plus important dans Immortal ont toujours été les riffs, et autant l’avouer tout de suite, ils n’atteignent ni les sommets de brutalité, de compacité, de destruction des deux albums antérieurs, ni les sommets d’atmosphères pesantes, lourdes et froides des albums à venir. En fait on se retrouve même avec un mix entre les deux, et un mix plutôt bancal, même si le tableau n’est pas aussi noir que cette sentence ne le laisse suggérer. En fait le problème, c’est qu’on sent que le groupe vit une passe difficile et cela se ressent dans la musique, qui est dans une mauvaise passe (sic, quel jeu de mots minable). Un côté le cul entre deux chaises assez désagréable et qui empêche cet album d’atteindre l’excellence de ses camarades.

Mais ne faire que dénigrer cette galette serait lui manquer de respect puisque finalement on passe un pas si mauvais moment que ça en sa compagnie. Juste qu’on ne ferait pas durer le moment éternellement. On retrouve ces explosions dévastatrices si caractéristiques du groupe, on savoure les quelques arpèges disséminés de-ci de-là, même s’ils sont clairement moins inspirés qu’à l’habitude. Et puis les riffs arrivent toujours à nous accrocher un tant soit peu.


Au final cela nous donne un album torturé d’un groupe, sinon désespéré, plutôt mal en point. Et comme souvent dans ces cas là, ce n’est pas le meilleur moyen pour pondre un chef-d’œuvre. Mais la capacité de réaction du groupe est alors le plus important, et ce que celui-ci nous démontrera 2 ans plus tard avec At the Heart of Winter, certainement le meilleur mariage de tous les temps réussi entre black metal et une lenteur relative de la musique, est digne des plus grands et de les faire figurer au Panthéon de notre cher black metal. Un faux-pas pour mieux repartir.


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