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CHRONIQUE PAR ...

24
Crafty
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tomas Hallbom
(chant)

-Nicklas Quintana
(guitare)

-Anders Ekström
(guitare)

-Kalle
(basse)

-Jajo
(batterie)

TRACKLIST

1)Big Strong Boss
2)Old Ass Player
3)Sphincter Ani
4)Alarma
5)Lost Crew
6)Teeth Out
7)Breathing Dust
8)Mr. Marshall
9)Seven
10)Murder Kings and Killer Queens
11)Kollapse

DISCOGRAPHIE

Kollapse (2001)

Breach - Kollapse
(2001) - hardcore post rock - Label : Burning Heart



Ah la Suède… Pays très prolifique en musique burnée. Par burnée, j’entends hard rock, metal, hardcore, voire punk. Opeth, Meshuggah, Refused, The Hives, Hammerfall… (cherchez l’intrus). Du bon, du moins bon, de l’excellent et du franchement pas terrible en somme, comme partout ailleurs. Cependant, Breach est certainement un nom qui ne vous dit rien. Si ? Et bien non, c’est bien ce que je pensais. En effet, ces Suédois là sont restés plutôt underground, mais maîtres de leur genre sur la scène underground. Maîtres oui, avec une discographie peu étoffée, mais un dernier album qui encore aujourd’hui est pour beaucoup synonyme de perfection.

Ce dernier album répond au doux nom de Kollapse. Un titre qui en dit long sur le groupe a ce moment là. La tension est une des caractéristiques essentielles de ces gaillards. Les fondations de la formation étaient clairement hardcore, et même punk. Pourtant, le navire change de cap, comme Neurosis en son temps avec Souls At Zero, ils viennent pratiquer un hardcore soigné, avec des touches post-rock. Album de la maturité ? On ne saurait pas bien dire, car Venom avant lui était déjà un disque mature, plus classique mais possédant des qualités mélodiques indéniables, un vrai recueil de tubes hardcore finalement. Dernier coup d’éclat ? Rien n’est moins sûr, car la cinquantaine de minutes composant l’album scintille comme un bijou.

Le travail d’orfèvre est évident, rien que l’ouverture nous colle des larsens à n’en plus pouvoir, tranchant déjà avec le reste de la discographie du groupe. Un deuxième titre marqué par les cris oppressants de Tomas Hallbom, qui insuffle au disque un côté inquiétant, glauque… Il n’y a qu’à écouter la puissance dévastatrice de "Lost Crew" pour se convaincre, Breach nous laisse peut-être souffler, mais ne nous laisse pas nous relever pour autant. Tout ce que l’atmosphérique "Teeth Out" nous cède, il nous le reprend et pire, il nous condamne un peu plus, une véritable tourmente par l’intermédiaire d’une musique limpide et hypnotique.

Plus qu’à écouter, Kollapse se vit, par l’intermédiaire des changements de rythmes incessants, entre les titres qui composent l’album mais aussi à l’intérieur de ces titres. Passer d’un "Seven" à un "Murder Kings And Killer Queens" à de quoi en secouer plus d’un, surtout quand la suite, qui est aussi le final de l’œuvre, se poursuit avec un morceau à la fois atmosphérique et intense. Plus de huit minutes où s’entremêlent clavecin, glockenspiel et guitares acoustiques, une note d’espoir alors qu’il n’y en a plus, le titre "Kollapse" ou le « chaos organisé ».


L’expérience est intense, la voie est ouverte. Nombreux seront les groupes à venir qui citeront Breach dans leurs influences, mais ce qu’ils ne disent pas tous, c’est qu’il s’agit de Kollapse plus que tout le reste de la discographie de ces bonhommes qui les a marqué. À l’inverse de la plupart des groupes, Breach nous a gardé le meilleur pour la fin, plus qu’un dessert, un délice. L’éclair de génie des Suédois a été prolifique, mais il a aussi électrocuté une formation toute nouvellement constituée, pour notre plus grand plaisir et notre plus grande déception. Oui, décidément, il ne fait pas bon être fan de groupes qui ont splitté…


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