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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9/20

LINE UP

-Karl Willetts
(chant)

-Barry Thomson
(guitare)

-Gavin Ward
(guitare)

-Jo Bench
(basse)

-Andrew Whale
(batterie)

TRACKLIST

1)In Battle There Is No Law
2)Challenge For Power
3)Forgotten Existence
4)Denial Of Destiny
5)Blind To Defeat
6)Concession Of Pain
7)Attack In The Aftermath
8)Psychological Warfare
9)Nuclear Annihilation

DISCOGRAPHIE


Bolt Thrower - In Battle There Is No Law
(1988) - death metal grindcore - Label : Cacophonous



Si on simplifie, on peut diviser la discographie de tout mélomane en trois parties : les disques adorés, ceux qu'on réécoute de temps en temps, et ceux qui sont là uniquement pour pouvoir «dire ouais, t'as vu, j'ai l'intégrale d'Alice Cooper... même Dada et Special Forces, j'suis un vrai fan». Et rajouter : «mais bon, pas au point de les écouter quand même, hein». Alors que certains préfèrent se débarasser de ce genre d'album sur PriceMinister histoire de rationnaliser leurs dépenses, d'autres les gardent par conscience (semi-)professionnelle : on peut parfois avoir besoin d'une bouse sous la main pour rafraîchir un peu la mémoire et se demander si on est pas en train d'écrire une ânerie en comparant Lordi à GWAR (libre à vous d'imaginer qui est la bouse dans l'histoire).

On peut, si l'on suit cette logique, supposer que les gens qui conservent In Battle There Is No Law le font par dépit ou par fanatisme. C'est un album qui laisse un souvenir très vague, très brumeux, comme si on avait été dans les vaps à chaque fois qu'on l'a écouté... D'ailleurs, c'est peut-être la raison pour laquelle un journaliste l'a décrit comme étant «une sorte de Slayer qui joue bourré». Bon, le monsieur a un peu abusé : on ressent bien dans les solos anarchiques une certaine parenté avec le mythique quatuor, mais la comparaison s'arrête là. Ponctué de riffs thrash/death old-school, In Battle There Is No Law reste quand même un disque de grind. Du grind qu'on aurait déjà qualifié de passable à l'époque, et que les années de vieillissement n'ont pas arrangé.

Issu de la scène punk hardcore, Bolt Thrower en a hérité un minimalisme certain dans la mise en forme de ses idées musicales : trois-quatre riffs pour des titres qui tournent généralement autour de deux-trois minutes. Dans ce genre de format où il faudrait miser sur l'efficacité, Bolt Thrower préfère jouer la carte du «faisons le plus de bruit possible». Donc, beaucoup de blast, de riffs inaudibles accompagnés du growl très sec de Karl Willets, et un rendu assez pénible à écouter pour cause de production et d'execution plutôt approximatives. Les passages thrash mentionnés plus haut font figure d'accalmie pas vraiment salvatrice, car rarement entraînants ou suffisamment percutants (à l'exception des deux «chansons qui tuent»).

En additionnant les deux facettes grind et thrash, on obtient trente minutes de compositions qui se suivent, se ressemblent et ne peuvent probablement charmer que les plus férus de musique extrême à l'ancienne. Ceux qui aiment le Bolt Thrower nouveau - comprendre post-Warmaster - et son thrash/death à la fois lugubre et puissant ne trouveront pas grand-chose à se mettre sous la dent. Tout au plus, quelques riffs ("Challenge for Power", "Psychological Warfare") et l'imagerie guerrière rappellent très vaguement ce qu'est devenu le combo britannique aujourd'hui. Et si vous tenez vraiment à accomplir votre «devoir de mémoire», essayez plutôt Realm of Chaos : presque aussi vieux, pas exempt de défauts, mais déjà un peu plus abouti...




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